Burkina Faso: Danger à l’horizon. La garde présidentielle réclame la démission du Premier ministre Isaac Zida

Burkina Faso: Danger à l’horizon. La garde présidentielle réclame la démission du Premier ministre Isaac Zida

La garde présidentielle, corps d’élite de l’armée du Burkina Faso, réclame la démission du Premier ministre Isaac Zida, son numéro 2, qui dirige le gouvernement depuis deux mois, a-t-on appris mercredi de sources sécuritaires.

Les soldats du RSP (Régiment de sécurité présidentielle) réclament la démission du Premier ministre, a affirmé à l’AFP l’une de ces sources.

Le Conseil des ministres n’avait pu se tenir mercredi matin, le lieutenant-colonel Zida étant pris par une réunion avec des membres de la garde présidentielle, vent debout depuis que le Premier ministre a réclamé fin 2014 sa dissolution pure et simple.

Les principaux chefs militaires étaient reçus à 18H30 (heure locale et GMT) par le président Michel Kafando.

Le président Kafando et son Premier ministre conduisent les institutions intérimaires mises en place après la chute du président Blaise Compaoré fin octobre, chassé par la rue après 27 années de règne.

La garde présidentielle était l’un des piliers du régime Compaoré.

Les soldats du RSP contestent également la nomination du commandant Téophile Nikiéma, un proche du lieutenant-colonel Zida, au poste de chef d’état-major particulier de M. Kafando. Ils veulent le voir remplacé par le colonel-major Boureima Kéré, le numéro 1 du RSP, selon des sources sécuritaires.

L’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo et le Mogho Naba, le chef suprême des Mossi (ethnie majoritaire), jouaient mercredi les médiateurs pour dénouer cette crise.

Depuis le 30 décembre, les soldats du RSP ont saisi le Premier ministre pour qu’il leur dise clairement ce qu’il en est du RSP, dont il a annoncé publiquement la dissolution, a expliqué une source sécuritaire.

Ce régiment d’élite a été pointé du doigt par Amnesty International en décembre pour son usage excessif et létal de la force durant les manifestations qui ont abouti à la chute du président Compaoré, de même que certains gendarmes et militaires.

Des organisations de la société civile ont demandé le démantèlement de la garde présidentielle.

Le 13 décembre, Isaac Zida avait réclamé sa dissolution pure et simple devant une foule réunie pour commémorer la mort du journaliste Nobert Zongo, assassiné en 1998 alors qu’il enquêtait sur le meurtre de David Ouédraogo, un chauffeur de François Compaoré, le frère de l’ex-président.

Trois membres de la garde présidentielle avaient été condamnés à de lourdes peines de prison pour la mort de David Ouédraogo. L’un d’entre eux avait été inculpé pour le meurtre de Norbert Zongo mais il avait bénéficié d’un non-lieu.

Le 30 décembre, des membres du régiment, dont le général Gilbert Diendéré, ex-bras droit de Blaise Compaoré et ancien mentor d’Isaac Zida, avaient pris à part le Premier ministre et l’avaient appelé à renoncer au démantèlement de la garde présidentielle, selon des témoins.

Source: AFP

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