Burkina Faso : Des candidats certes, mais des Blaise Compaoré en plus

Burkina Faso : Des candidats certes, mais des Blaise Compaoré en plus

La rupture attendue avec l’époque Blaise Compaoré n’aura probablement plus lieu. Après la découverte des 22 dossiers de candidature déposés auprès du conseil constitutionnel et avant que l’institution se prononce sur les candidats retenus pour l’élection du 11 octobre prochain, le constat du positionnement en tête d’anciens collaborateurs du président de la république reste le plus frappant.

Alors que 22 candidatures ont été déposées jusqu’au vendredi 21 août, date de clôture de cette première étape de la présidentielle du 11 octobre 2015, le constat fort est celui du positionnement en tête d’anciens collaborateurs de Blaise Compaoré, président déchu le 31 octobre dernier. Bien que la liste définitive ne soit pas encore publiée, on note la présence de Zéphirin Diabré, candidat de l’union pour le progrès et le changement, ancien ministre de l’industrie et des mines entre 1992 et 1994, ministre de l’économie, puis ministre des finances entre 1994 et 1996. Il part favori à la présidentielle d’octobre prochain.

Roch Marc Christian Kaboré, ancien premier ministre et plus tard président de l’assemblée nationale, l’homme qui part aussi comme favori à la prochaine élection présidentielle a été très fidèle à Blaise Compaoré pendant longtemps. Coup de théâtre, en janvier 2014 il décide de quitter les rangs lorsque l’ancien chef d’Etat décide de modifier la constitution pour se représenter une énième fois. Suffisant pour qu’on le considère comme opposant au régime Compaoré ?

Eddi Komboïgo, cet homme d’affaires réputé vit à l’ombre du général Gilbert Diendéré, ancien chef d’Etat-major de Blaise Compaoré. Les deux hommes seraient originaires de Yako. Pour rappel, la maison du candidat à la présidence avait été saccagée par le mouvement insurrectionnel qui a renversé Compaoré, certainement que les manifestants voyaient en lui un proche du régime qu’ils ne voulaient plus.

Ram Ouédraogo a certes été candidat à la présidentielle de 1998, où il s’arrache le rang de deuxième derrière Blaise Compaoré avec 6,61% des voix, puis candidat à l’élection de 2005, où il n’obtiendra que 2,04% des voix, mais on note aussi de l’homme qu’il a été ministre d’Etat en 1999 avant d’entrer au parlement en 2002.

Ablassé Ouadraogo, président du parti Le faso autrement, s’est toujours mis dans la posture de l’opposant à l’ancien régime. Mais on retient qu’il a été pendant longtemps membre du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré et qu’il a été ministre des affaires étrangères et conseiller spécial du chef de l’Etat entre 1994 et 1999.

Gilbert Noël Ouédraogo ancien ministre des transports sous Blaise Compaoré, Yacouba Ouédraogo, dernier ministre des sports et des loisirs du régime passé ou Djibril Bassolé, ministre délégué puis ministre de la Sécurité entre 1999 et 2007, ensuite ministre des Affaires étrangères, de 2007 à 2008, puis de 2011 jusqu’en octobre 2014, voici entre autres proches collaborateurs de Compaoré qui pourraient entrer en lice lors de la présidentielle prochaine et que la victoire fera croire qu’il n’y a jamais eu de révolution au Burkina Faso.

Les autres candidats

Adama Kanazoé : administrateur de la Holding Business and Development in Africa (Hbda), un groupe qui développe des activités dans la logistique, la communication et la distribution de produits des télécoms, il est le candidat de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la république (AJIR)

Jean-Baptiste Natama : candidat de la Convergence patriotique pour la renaissance/ Mouvement progressiste (CPR/MP), l’homme est aussi l’ancien directeur de cabinet de la présidente de la commission de l’Union Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Saran Serémé : présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC)

Bénéwendé Sankara : Appuyé dans cette élection par une coalition regroupant neuf partis politiques, il est certainement le candidat favori de l’opposition. Deux fois candidat malheureux à la présidentielle face à Compaoré, il est derrière tous les dossiers, Affaire Norbert Zongo, le journaliste assassiné alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur du frère du président, et sur l’affaire Thomas Sankara, le meurtre jamais élucidé d’un chef d’Etat en exercice.

Françoise Toé : candidate du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS), Françoise Toé est experte comptable de formation, et dirige le cabinet Seccapi.

Tahirou Barry : juriste il est le président du Parti de Renaissance Nationale.

Victorien Tougouma : candidat du Mouvement africain des peuples (MAP).

Issaka Zampaligré : avocat au Barreau des Hauts-de-Seine (région parisienne)

Harouna Dicko : président du Rassemblement politique nouveau (RPN). En 2010 il avait manqué de caution (10 millions de Fcfa) pour se présenter à la présidentielle.

Salvador Maurice Yaméogo : fils du premier président du pays, il préside le rassemblement des démocrates pour le Faso (RDF).

Source: Afriqueprogres

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