Burkina Faso : Les manifestations de protestation contre la modification de l’article 37 de la constitution continuent. La France critique!
Des manifestants ce matin à Bobo-Dioulasso (© B. Kindo)

Burkina Faso : Les manifestations de protestation contre la modification de l’article 37 de la constitution continuent. La France critique!

Les manifestations sporadiques, entamées au lendemain de l’annonce du gouvernement de procéder à la modification de l’article 37 de la constitution via l’Assemblée nationale, ont continué dans la nuit du jeudi 23 octobre 2014 et ont gagné de l’ampleur dans le matin du vendredi 24 octobre à Ouagadougou.

Plusieurs voies de la ville ont été barrées avec des objets divers, et surtout des pneus auxquels il est mis parfois le feu. Des jeunes parcourent à pied, à moto ou à vélo ces artères en sifflant et en criant « non au référendum » ou encore « Blaise Compaoré, trop c’est trop ».

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Le mouvement de la société civile, « Le Balai Citoyen », a organisé ce vendredi matin, un meeting pacifique pour expliquer son refus de la modification de l’article 37 de la Constitution.

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Des manifestants, parmi lesquels desélèves, sur le Boulevard Charles de Gaulle aux environs de l’Université de Ouagadougou (© Burkina 24)

Des violences ne sont pour le moment pas encore signalées. Les forces de l’ordre procèdent généralement de façon pédagogique pour disperser les manifestants et éteindre les foyers allumés parfois en plein milieu des voies.

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Boulevard Charles de Gaulle, non loin du Domaine fiscal de Bogodogo à Ouagadougou (© Burkina 24)

Ce vendredi matin, de nombreux établissements scolaires sont restés clos à Ouagadougou et à Ouahigouya. Le trafic dans les artères de la ville ne connaît également pas son affluence habituelle. A Bobo-Dioulasso, les commerces et des marchés ont été fermés ce vendredi matin, sous la surveillance des forces de l’ordre.

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Les étals du marché central de Bobo-Dioulasso sont restés clos (© B. Kindo)

Dans la soirée du jeudi et durant toute la nuit, des voies ont été barricadées notamment au niveau du quartier Tanghin et du Boulevard Charles de Gaulle.

Le projet de loi portant modification de la constitution burkinabè sera soumis au vote de l’Assemblée nationale le 30 octobre 2014. S’il n’obtient pas le vote de 96 députés, il sera soumis au référendum. Pour le pouvoir, la question de la limitation des mandats présidentiels doit être soumise au peuple « souverain » qui doit trancher en dernier ressort.

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Une barricade fumante sur le boulevard des Tansoaba à Ouagadougou (© Burkina 24)

L’opposition politique et des organisations de la société civile rejettent ce projet de loi, le qualifiant de « coup d’Etat constitutionnel ». L’opposition a annoncé une manifestation nationale le 28 octobre prochain et appelle, à compter de ce jour, à la désobéissance civile.

Par Abdou ZOURE

Source: Burkina24

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La France critique le changement constitutionnel au Burkina sur la présidentielle 2015

La France a critiqué jeudi la décision du Burkina Faso d’engager un processus de modification constitutionnelle qui pourrait permettre au président Blaise Compaoré de rester au pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle, en 2015.

“La France réitère son attachement au respect des principes définis par l’Union africaine sur les changements constitutionnels visant à permettre aux dirigeants de se maintenir au pouvoir. Le président de la République (français François Hollande) a écrit en ce sens au président Compaoré le 7 octobre”, a déclaré lors d’une conférence de presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

La Charte de l’Union africaine s’oppose aux changements constitutionnels introduits dans le but de prolonger des présidents atteints par une limite de mandats. L’article 23, alinéa 5, interdit ainsi “tout amendement ou toute révision de Constitution ou d’instruments juridiques qui portent atteinte au principe de l’alternance démocratique”.

“Le Burkina Faso est un partenaire important pour la France et joue un rôle essentiel dans la stabilité de la région et la résolution des crises. Il est primordial qu’il envisage son propre avenir de manière consensuelle et apaisée”, a ajouté le porte-parole.

Le gouvernement burkinabè a annoncé mardi la tenue d’un référendum qui doit rendre possible la candidature à l’élection de novembre 2015 de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Dans sa dernière version, la Constitution burkinabée limite à deux le nombre de mandats présidentiels, empêchant M. Comparoé de se représenter.

La décision du gouvernement a provoqué des manifestations à Ouagadougou et de vives critiques de l’opposition.

Ancienne puissance coloniale de plusieurs pays africains, la France appréhende avec inquiétude une demi-douzaine d’élections présidentielles attendues dans les prochaines années en Afrique, notamment dans des pays où les chefs d’Etat sont en place depuis très longtemps.

Les éventuels changements de constitution pour permettre à ces derniers de rester au pouvoir sont en contradiction avec ce que Paris qualifie de “démocratisation” en cours en Afrique.

Outre le Burkina, le Burundi (présidentielle en juin 2015) pourrait se retrouver dans une situation similaire. “Si un le fait, tous les autres vont suivre”, craint sous couvert d’anonymat un responsable français, qui évoque aussi la République démocratique du Congo (présidentielle en 2016) et le Rwanda (scrutin en 2017).

Par KENZO TRIBOUILLARD

Source: AFP

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