Burkina Faso: Sans transition civile, l’UA menace de sanctions. Edem Kodjo nommé comme envoyé spécial de l’UA pour le Burkina Faso

Burkina Faso: Sans transition civile, l’UA menace de sanctions. Edem Kodjo nommé comme envoyé spécial de l’UA pour le Burkina Faso

Le lundi 3 novembre, l’Union africaine (UA) a donné deux semaines à l’armée du Burkina Faso pour rendre le pouvoir aux civils. Dans le cas contraire, l’UA – qui reste prudente face aux déclarations du lieutenant-colonel Isaac Zida – a brandi la menace de sanctions. De son côté, la médiation internationale a fait son retour à Ouagadougou. L’envoyé spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’ouest, le président de la Commission de la Cédéao et le représentant spécial de la Commission de l’UA pour le Burkina Faso rencontrent ce mardi 4 novembre les forces vives et les autorités militaires. Le président en exercice de la Cédéao, le Ghanéen John Dramani Mahama, est, lui, attendu mercredi à Ouagadougou. Un sommet des chefs d’Etat de la Cédéao, consacré en partie à la situation au Burkina Faso, doit se tenir jeudi et vendredi à Accra au Ghana.

Lundi 3 novembre, l’Union africaine a confirmé sa position : elle réclame une transition civile au Burkina Faso. Entre-temps, les militaires ont également conforté leur position. Et même si le lieutenant-colonel Isaac Zida a promis une transition dans un cadre constitutionnel, le président en exercice du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, l’ambassadeur équato-guinéen Simeon Oyono Esono, s’est voulu ferme et a lancé un ultimatum pour que le pouvoir soit rendu aux civils.

« L’Union Africaine est convaincue que le changement au Burkina Faso était anti-démocratique mais nous savons aussi que c’est la pression populaire qui a obligé le président Blaise Compaoré à démissionner », a expliqué Simeon Oyono Esono. « Les militaires ont profité de cette conjoncture pour s’emparer du pouvoir mais à l’origine, il y avait une volonté du peuple. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a donc tenu compte de ce contexte de révolte populaire et a donné aux militaires un délai de deux semaines pour qu’ils rendent le pouvoir aux civils », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Si jamais ce transfert n’a pas lieu, nous prendrons les sanctions conformes au règlement de notre institution. »

L’UA ne veut pas interférer dans le processus de transition

De fait, l’UA estime que la promesse du lieutenant-colonel Isaac Zida de remettre les pouvoirs exécutifs à un organisme de transition dans un cadre constitutionnel « semble être insuffisante ». « Quand nous parlons de la transmission du pouvoir aux autorités civiles, cela s’entend dans sa plénitude », a estimé Smaïl Chergui, commissaire Paix et sécurité de l’Union africaine qui a par ailleurs indiqué que l’UA ne voulait pas interférer dans le processus. « Nous ne voulons pas interférer. Le peuple burkinabè a assez de ressources et d’intelligence pour qu’il puisse lui-même trouver les personnes qui doivent conduire cette transition », a-t-il expliqué.

L’UA a également annoncé avoir nommé comme envoyé spécial au Burkina Faso l’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo. Sa première tâche sera donc de s’assurer que le transfert de pouvoir des militaires vers les civils se déroule sans encombre.

Source: RFI

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L’Union africaine nomme un envoyé spécial pour le Burkina Faso

La présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, a nommé le togolais Edem Kodjo comme envoyé spécial de l’UA pour le Burkina Faso.

La nomination de M. Kodjo s’inscrit dans le cadre des efforts de l’organisation panafricaine visant à faciliter le règlement de la crise que connaît le Burkina Faso, notamment la mise en place rapide d’une transition civile, démocratique et consensuelle devant déboucher sur la tenue, le plus tôt possible, d’élections libres régulières et transparentes, explique un communiqué de l’UA diffusé par le site APO mardi.

Selon ce communiqué, M. Kodjo coordonnera sur le terrain les efforts conjoints de l’UA, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), des Nations Unies et d’autres acteurs internationaux concernés.

M. Edem Kodjo, rappelle-t-on, a occupé de hautes fonctions au Togo, en ayant notamment été ministre des Finances et ministre des Affaires étrangères de 1976 à 1978, ainsi que Premier ministre de 1994 à 1996, mais également il a occupé le poste de secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), de 1978 à 1983.

Lundi, l’Union africaine a donné aux autorités militaires du Burkina Faso qui ont pris le pouvoir, suite à la démission de M. Blaise Compaoré, un ultimatum de 15 jours pour restituer le pouvoir aux civils, faute de quoi elle imposera des sanctions.

Source: AIP

 

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