Burkina Faso: Selon le premier ministre Paul Kaba Thiéba, « L’argent ne circule plus, parce qu’il n’y a plus de corruption généralisée »

Burkina Faso: Selon le premier ministre Paul Kaba Thiéba, « L’argent ne circule plus, parce qu’il n’y a plus de corruption généralisée »

Le chef du gouvernement a fait la radioscopie de la situation nationale ce 14 avril 2017 devant la représentation nationale. Paul Kaba Thiéba s’est également prêté aux questions des députés. On ne pouvait pas trouver mieux que le PNDES pour sortir le Burkina Faso du sous-développement, foi du premier ministre ; et si l’argent ne circule plus (comme avant), c’est parce que l’économie s’est assainie…

Le premier ministre tient au Programme national de développement économique et social (PNDES) comme à la prunelle de ses yeux. Pour lui, aucun patriote véritable ne peut mettre en cause le modèle économique et social du président Roch Kaboré. « Ce n’est pas possible, à moins de ne pas être honnête ».

Il y tient, parce que, à l’en croire, il n’y a pas d’autres voies pour sortir ‘’notre pays’’ de la pauvreté, ce depuis les indépendances. « Depuis 1960 jusqu’à aujourd’hui, tous ceux qui se sont succédé au pouvoir ont eu des tentatives, des politiques ont été mises en place, mais le modèle économique et social du président exprimé à travers le PNDES, c’est la voie la plus réaliste, la plus courageuse, qui nous permettra de sortir le pays de la pauvreté ».

Même les partenaires comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international « ont dit que ce document est inattaquable ».

« L’argent ne circule plus », c’est la phrase que l’on entend de plus en plus en ville comme en campagne, pour traduire la situation difficile que vivent les burkinabè. Pour Paul Kaba Thiéba, ceux qui disent que l’argent ne circule pas, « sont les nostalgiques de l’ancien système ».

A l’époque, a confessé l’orateur, l’argent qui circulait était le fruit de ‘’ tours de passepasse’’ qui comme résultat, après près 60 ans d’indépendance ont maintenu le pays dans le statu quo en termes d’indicateurs de développement humain. Et si l’argent circulait, c’était à cause de la corruption généralisée. « Aujourd’hui, on essaie d’assainir l’économie afin que l’argent circule dans des circuits normaux », a-t-il indiqué.

Aussi, les débats font rage ces derniers temps sur l’avenir du F CFA. Des voix s’élèvent pour demander que les pays africains encore accrochés à cet héritage colonial s’émancipent sur le plan monétaire. Selon les tenants de cette opinion, tant que les anciennes colonies resteront dans le F CFA, le développement sera un mirage. La question a été posée à l’ancien cadre de la BCEAO.

Et pour Paul Kaba Thiéba, c’est une question compliquée qui ne doit pas être discutée en public, parce que cela peut avoir des conséquences sur la stabilité de notre monnaie et l’évolution des aires d’échanges.

Mais sa conviction, « c’est qu’il faut mettre en œuvre des réformes structurelles qui sont de nature à créer une compétitivité hors prix », sans se focaliser sur les questions du régime d’échange et de la monnaie qui ne sont pas ‘’forcément’’ ce qui mènera sur la voie du développement. Il cite des pays comme la Guinée, Ghana ou Gambie qui ont leurs monnaies, mais se battent encore pour aller vers le développement.

« Au Burkina, nous avons déjà beaucoup à faire avant de nous attaquer à la monnaie. Cette question est secondaire ». Il faut d’abord penser à la productivité agricole, à la compétitivité de l’économie, sans tenir compte de régimes d’échanges… ».

Le chef du gouvernement a également répondu à l’épineuse question de la pénurie d’eau. Et il a indiqué qu’à Ouagadougou, la solution est presque trouvée. Avec le projet Ziga, il y aura environ un apport 130 000 m3 par jour, alors qu’actuellement, le déficit quotidien dans la capitale est de 48000 M3 par. « Il y aura donc une situation excédentaire à Ouaga jusqu’en 2030 », a promis le premier ministre.

Pour les zones périphériques à la capitale, « il faut un petit temps pour que l’approvisionnement par Ziga donne tout son potentiel. Les châteaux d’eaux, les structures de pompage ne sont pas encore effectifs ». Mais cela ne saurait tarder.

En tout cas, la fin des corvées d’eau promis par le président Roch Kaboré dans son programme, sera une réalité d’ici la fin de son mandat ; a prévu le chef du gouvernement. « Les corvées d’eau, c’est pour l’ensemble du quinquennat. Ce n’est pas en 2017 qu’on demandera au gouvernement de Paul Thiéba pourquoi il y a encore des corvées. Nous sommes dans le processus, dès 2019 l’objectif sera atteint », a-t-il rassuré.

Sur la question de la réconciliation nationale, l’orateur du jour a réaffirmé le préalable. Il faut d’abord la vérité, la justice, avant de parler de réconciliation. La question des kolg-weogo, du développement de la région du Sahel pour contrer le terrorisme, et bien d’autres sujets ont reçu des réponses de la part du premier ministre Paul Kaba Thiéba qui a terminé en demandant aux députés et aux Burkinabè de « ne pas tomber dans la sinistrose », parce que le Burkina Faso est un pays ‘’merveilleux’’ et a des valeurs qui doivent fonder son développement.

Tiga Cheick Sawadogo

Source: Lefaso.net

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