Burkina Faso: Yacouba Isaac Zida n’exclue pas l’idée d’être président

Burkina Faso: Yacouba Isaac Zida n’exclue pas l’idée d’être président

«Sur quoi se basent ceux qui avancent de tels propos? Je crois n’avoir plus joué à cache-cache depuis la classe de CE1». Ce fut, avec humour, mais sans détour, la réplique de Yacouba Isaac Zida (YIZ), lorsque nous lui avons demandé s’il a un agenda caché durant cette transition qui tire vers sa fin.

Se prépare-t-il pour revenir comme président du Faso en 2020? «Pour être honnête avec vous, si Dieu le décide ainsi, je me soumets humblement à sa volonté», a répondu « YIZ » tout en ajoutant: «Les questions qui méritent que j’y consacre mon énergie actuellement, en tant que premier ministre, c’est d’apporter des solutions aux problèmes des Burkinabè».

Nous n’étions pas au bout des inédits et des confessions du jour. «J’ai toujours été un officier en harmonie avec mes hommes. Souvenez-vous que le 14 avril 2011, lorsqu’il y a eu ce qu’on a appelé à l’époque la mutinerie des soldats du RSP, mais qui en réalité était une forme d’insurrection pour revendiquer des droits confisqués par la boulimie de certains responsables, cette nuit-là Blaise Compaoré avait été chassé et avait trouvé refuge à Ziniaré (ville située à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou où se trouve la résidence de l’ancien chef de l’Etat, NDLR), le Colonel Diendéré avait vu son domicile explosé à la roquette et doit sa vie sauve au fait que j’ai personnellement insisté devant les jeunes soldats afin qu’aucun de ses cheveux ne soit touché. Cette année encore, à la faveur des évènements à répétition, certains soldats me l’on rappelé en ces termes: «Mon colonel, en 2011, nous, on voulait tuer le général et tu as refusé, voilà maintenant ce qu’il fait, c’est bien fait pour toi». Tout en comprenant leur colère, je leur expliqué que je ne regrettais pas d’avoir défendu le Général Diendéré à l’époque et que si c’était à refaire, je referai exactement la même chose.»

Ce sont autant de révélations que nous a faites Yacouba Isaac Zida dans ce grand entretien à lire dans le magazine Fasozine, le numéro 60, et le mensuel Notre Afrik, N° 61, bientôt en vente. Ses rapports avec l’ancien président Blaise Compaoré, les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, le président de la transition Michel Kafando, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, etc. Aucun sujet n’a été éludé par le Premier ministre qui demeure bien mystérieux pour certains.

Cette autorité de la transition dont un récent sondage révèle la hausse de la cote de popularité, nous a offert de voir une autre de ses facettes, le 17 novembre 2015 à Dori, dans la région du Sahel. Avant de nous accorder cette interview, celui que certains de ses proches appellent affectueusement «Poutine» a tenu à s’enquérir des nouvelles de ses collaborateurs qui ont passé la nuit avec lui dans la capitale du Sahel, où se tenait l’un de ces hebdomadaires conseils des ministres délocalisés: «Ça va? Bien dormi? Mon vieux, vous avez déjà bu le café?».

Ce sont autant d’expressions familières distillées par le lieutenant-colonel qui a troqué le treillis contre les sobres mais tout autant chatoyantes tenues en faso dan fani. Mais c’est aussitôt avec son légendaire sérieux que Jacob (Yacouba), le fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, selon la Bible- il porte donc le nom du père et du fils- est entré dans le vif du sujet avec nous, tout en se rassurant qu’il avait à portée de main son calepin et ses dossiers importants.

Source: fasozine

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One comment

  1. Le Général Zida mérite d’être Président du Faso au momentopportun.
    Il a du mérite et nous lui devons ça..

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