ça chauffe entre Valls et Hollande

ça chauffe entre Valls et Hollande

Même si officiellement tout va bien, depuis quelques semaines, les sujets de tensions s’accumulent entre les deux têtes de l’exécutif.

Sur le fond, comme sur la forme, les crispations se multiplient ces dernières semaines entre l’Elysée et Matignon. Dernier exemple en date: le projet de loi sur le Travail de Myriam El Khomri. Tour d’horizon.

  • La déchéance de la nationalité

Si les crispations entre le président de la République François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls se sont mutipliées ces dernières semaines, c’est en premier lieu avec la question de la déchéance de la nationalité et de la réforme constitutionnelle.

On s’en souvient, la polémique avait poussé la ministre de la Justice Christiane Taubira, vue comme la dernière caution de gauche du gouvernement, à démissionner pour être finalement remplacée par… Jean-Jacques Urvoas, un proche de Manuel Valls. Et ce en dépit la demande de François Hollande de ménager sa garde des Sceaux:

“François avait reçue Christiane Taubira en début d’année pour lui demander de tenir jusqu’au remaniement où elle devait partir à la Culture. Elle lui avait répondu qu’elle allait essayer mais que c’était l’enfer avec Valls… François a donc dit à Manuel de ménager Taubira, mais il n’a eu cesse de l’humilier et elle a pété les plombs! Depuis, il y a quelque chose de cassé entre Hollande et Valls”, explique un proche du Président cité par Le Parisien.

A ce sujet également, les votes de certains “hollandais” historiques – Kader Arif, Marie-Arlette Carlotti, Carole Delga…- contre l’article 2 du projet de loi de révision constitutionnelle sur la déchéance de la nationalité auraient provoqué la colère de Matignon. “Manuel Valls a donné tout ce qu’il a pu, mais le pire, c’est l’humiliation de certains votes”, commente ce mardi un député proche du Premier ministre auprès de L’Opinion.

  • Le remaniement

L’épisode du remaniement n’a ensuite pas apaisé les choses. Manuel Valls “voulait un remaniement plus large, avec plus de renouvellement et des changements d’affectation”, admet l’un de ses proches. Pire, quelques fidèles du chef de l’Etat avaient laissé entendre que Manuel Valls pourrait éventuellement être remplacé à Matignon.

Au final, c’est un remaniement Hollande pur jus qui a eu lieu. Alors que Valls voulait la “poursuite de la cohérence”, il a vu revenir les écologistes dont il ne voulait pas, ainsi que son prédécesseur Jean-Marc Ayrault. Comme “une petite pichenette sur le mode: “T’as vu, Manuel, j’ai repris Jean-Marc.”, commente un conseiller élyséen cité par Libération.

Il a aussi vu partir une de ses amies personnelles, Fleur Pellerin, remplacée par la conseillère culture du Président au ministère de la Culture.

Un vallsiste, cité par L’Opinion, s’agace de ces choix opérés par l’Elysée:

“Qui a été chercher des écologistes, une kyrielle d’inconnus et, comble du mauvais goût, une députée qui a voté contre la déchéance de la nationalité (Hélène Geoffroy, NDLR)?”

  • Le projet de loi El Khomri

Ces derniers jours, l’avant-projet de loi sur le Travail de Myriam El Khomri a donné lieu à un match à distance entre les deux têtes de l’exécutif, en opposition sur la méthode à adopter pour faire passer le texte.

Dans une interview aux Echos jeudi dernier, la ministre du Travail n’a pas exclu un recours à l’article 49.3, qui aurait les faveurs de Matignon. En juin dernier, lors de la lecture de la loi Macron, Manuel Valls avait ainsi expliqué au sujet du 49.3: “On l’utilise pour aller plus vite. Les Français demandent de la rapidité et de l’efficacité. S’il faut utiliser de nouveau le 49-3 en juillet, nous le ferons tranquillement. C’est un droit que nous donne la constitution”, avait-il dit, comme le rappelle Le Scan du Figaro, souhaitant “éviter une guérilla parlementaire”.

“Après ces petites humiliations, Valls s’est senti précarisé. Donc quand il a laissé fuiter le texte et laissé entrevoir l’utilisation très probable de l’article 49.3, il libère sa parole par petite vengeance”, juge un frondeur socialiste cité par L’Opinion.

Mais François Hollande, souhaitant éviter de cliver une nouvelle fois l’opinion, s’oppose autant que possible à une telle option. Selon Europe 1, avant publication, l’interview de Myriam El Khomri aux Echos a d’abord été relue par l’Elysée, mais c’est au moment de sa relecture par Matignon que serait apparue l’expression “prendre ses responsabilités”, laissant croire à un éventuel recours à cet article.

Finalement, face à la polémique déclenchée par cette annonce, la locataire de la rue de Grenelle s’est vue contrainte de rétropédaler, expliquant que le recours au 49.3 n’était “ni souhaitable, ni nécessaire”.

  • 2017?

Certains proches de Hollande soupçonnent Manuel Valls d’organiser – avec la déchéance de la nationalité notamment – la défaite de Hollande afin de placer ses propres pions.

“La question de la légitimité du Président dans les mois à venir se pose”, affirmait un lieutenant du Premier ministre auprès de L’Opinion début février. “On a un problème d’offre évident. Pour les gens, c’est Valls qui imprime, ça se voit de plus en plus.”

Officiellement en tout cas, Manuel Valls récuse cette hypothèse. Interrogé ce mardi sur RTL sur le fait de savoir s’il préparait en fait “l’échec électoral de François Hollande” en 2017 en le coupant de sa gauche avec des textes comme le projet de loi sur le travail, le Premier ministre a rétorqué:

“Drôle d’analyse! Moi, je ne pense pas à un horizon électoral, je ne pense pas forcément uniquement à la gauche, même si j’en suis, mais je pense d’abord aux Français et à moderniser la France.”

Source: bfmtv.com

 

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*