Cameroun: Le silence du dictateur Biya

Cameroun: Le silence du dictateur Biya

L’échiquier politique Camerounais est devenu depuis quelques mois le théâtre de discours malsains. Cette scène est animée par la divagation médiatique des acteurs de la plume, du micro, et des images. Tous ou presque, pour un radis, claironnent pour les chapelles politiques. Au cœur de ce micmac, le silence de Paul Biya, leur Chef d’Etat. Un homme qui ne crée pas le silence. Mais qui est le silence. Samuel Eboua l’a expliqué dans son livre intitulé ‘Ahidjo et la logique du pouvoir,’ publié en 1995. Un livre qui ‘”revisite” l’Histoire du Cameroun “sous le règne d’Ahidjo,” avec son expérience propre d’homme de confiance du Président(1969-1982) et, auparavant, durant la phase préparatoire à l’accès au cabinet du chef de l’Etat(1969-1974).’

Le silence du Président Camerounais, Jacques Chirac l’a aussi expérimenté. Il a avoué qu’il est le seul Chef d’Etat Africain qui ne lui a jamais retourné son appel en absence, durant ses mandats à la tête de l’Etat Français. Comme Chirac, beaucoup sont allergiques à cette attitude du dirigeant Camerounais. Pourtant, le silence est un ‘mode de communication.’ Marcelle de Jouvenel, le dit dans la ‘La seconde vie.’ Il écrit. ‘Pour ceux qui savent écouter, le silence chante comme la source, comme le vent dans les feuilles, parce qu’en lui demeure tout l’invisible, cet invisible aussi peuplé qu’une goutte d’eau, d’apparence vide.’ Par contre, ajoute-t-il, ‘pour les frustrés, le silence est simplement l’absence de bruit.’

Néanmoins, dans les moments difficiles, bien que le rôle exercé par un Chef d’Etat soit crucial, il devrait rassurer. Mais ses mots peuvent apaiser son peuple ou bien le décevoir. Dans la mesure où, ‘Rompre le silence est souvent délicat, on ne sait pas quel bruit suivra, une petite mélodie ou un vacarme à transpercer les tympans.’ Avertit Agnès Ledig, dans ‘Pars avec lui.’ Mais le silence de Paul Biya est le ‘mode muet’ de communication. Il lui permet d’écouter les joies et frustrations de ses concitoyens. Son silence est donc comme ‘le silence de Dieu [qui]permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l’épithète.’ Formule Michel Onfray, dans Traité d’athéologie.

On comprend aisément que le silence d’Etoudi ait ouvert les vannes au MRC-BAS pour ‘abuser de l’épithète’‘Non au Hold-up,’ ‘Opération Marches blanches,’ ‘Plainte à l’UA,’ ‘Chassement,’ ‘On veut le Grand Dialogue,’ ‘On boycott le GDN,’ ‘On veut les élections locales,’ ‘On Boycott les élections locales,’ ‘On va chercher le renfort en Occident,’ ‘La mort du Président.’ Charivari insurrectionnel non-suivi. Même par certains de leurs proches. Dr. Jacques Noumsi est parmi ceux-là. Il écrit. ‘J’arrête le combat un instant. Cherchez-moi quand vous serez vraiment prêt à chasser le régime de Biya. Trop de ‘‘bavardage’’…Bye.’ De son côté, Eddy Kamwa, accentue. ‘Continuez votre combat sans moi. Vous n’êtes que des ‘‘escrocs.’’ ‘‘Quelle renaissance?’’ De la sardine?’ Yvette Kila n’est pas en reste. Elle expose. ‘J’abandonne ce ‘‘combat merdique.’’ ‘‘Renaissance mon œil.’’ Quel ‘‘mensonge et duperie’’ de votre part. ‘‘Bande d’escrocs’’.’

Ces départs et d’autres valident une sagesse biblique sur les inconvénients du bavardage irréfléchi. ‘Celui qui ouvre de grandes lèvres court à sa perte.’ Parce que ‘la parole[des insensés] porte tous les mensonges.’ Etoffe Jacques Ferron dans ‘L’Ogre.’ La sagesse du Roi Salomon ponctue. ‘Qui parle légèrement, blesse comme un glaive.’ Une instruction selon laquelle, ‘Le silence est parfois plus sage que la parole.’ Note Mazouz Hacène, appuyé par Nicholas Sparks qui énonce dans ‘Les Pages de notre amour’ que ‘Le silence est pur. Le silence est sacré. Il rapproche les gens car seuls ceux qui sont bien l’un avec l’autre peuvent rester ainsi sans mot dire. C’est le grand paradoxe.’

Le Chef d’Etat Camerounais a compris le sens et l’importance du silence. Il le pratique en politique. Il l’a enseigné le 20 Septembre 1991 à Douala. ‘Ne pas parler fort ne signifie pas, pour autant, que l’on n’a rien à dire.’ A ceux qui confondent agitation et sain jeu politique, il rappelle. ‘La gesticulation n’est pas une marque de vitalité.’ Ensuite, contraste. ‘Le silence et la modération ne sont pas des signes de faiblesses.’ Puis, instruit sur ce qui encadre la morale politique. ‘La démocratie, c’est aussi, une attitude d’esprit. Elle exige une éducation civique et politique de tous.’ Enfin, conclut. ‘Chacun a son mot à dire dans la conduite des destinés de la Nation Camerounaise.’ Mais à travers une saine attitude-citoyenne.

Feumba Samen

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