Cameroun : Paul Biya, ce médicament périmé qui “soigne” le Camerounais ! (Par Hassane Magued)

Cameroun : Paul Biya, ce médicament périmé qui “soigne” le Camerounais ! (Par Hassane Magued)

On peut dire de lui qu’il a été fabriqué en 1933 et mis en vente sur le marché camerounais en novembre 1982 par la Françafrique. Record Guinness de longévité au pouvoir sur deux siècles d’affilés, Paul Biya est un homme qui a su, très jeune, soumettre le Camerounais et lui ôter toute envie d’alternance et même d’alternative.

Mais comme tout produit qui traverse les années, je dirai, qui passe d’un siècle à un autre, le produit Paul Biya a déjà montré les signes d’une péremption depuis des décennies.

Mais le Camerounais est un homme fidèle dans ses amitiés. Il a du caractère, donc il sait vivre même dans un couple où tous les lampions du désir et de l’amour son éteints. Donc s’accommoder d’un produit périmé n’est pas la mer à boire pour lui.

La seule inconnue peut-être à laquelle il s’expose, c’est l’intoxication médicamenteuse et la détérioration sanitaire qui va s’en suivre. Et nous expliquons.

Un leader politique est d’abord une solution, parce qu’il incarne des solutions. On peut donc le considérer comme un remède. Il soigne la pauvreté avec des idées qui amorcent le développement. Il soigne la division des peuples qui composent le pays parce qu’il incarne l’unité nationale et ses choix doivent être fédérateurs. Il guérit les malades parce qu’il a des projets de construction, de modernisation et d’équipement de centres de santé pour tous. Il est la réponse à l’instruction des jeunes, parce qu’il développe un système d’éducation nationale, fait comprendre aux jeunes que l’avenir est dans leur instruction et, dégage les moyens pour financer les infrastructures nécessaires à l’éducation nationale.

Un homme politique fait donc beaucoup plus que vivre au crochet des institutions nationales, donnant dans la routine parce que n’ayant plus rien à proposer, et entretenant une cour d’obligés et de vauriens afin qu’ils le maintiennent dans son état de parasite incapable de vivre ou de trouver une autre vie en dehors du corps malsain qu’il infeste.

C’est à ce niveau là que Paul Biya nous conforte dans notre lecture de la situation. Physiologiquement abimé, intellectuellement en âge de ménopause très avancée, ce fils étrange avec son amour étrange du Cameroun est manifestement devenu un colis gênant pour tous, même pour ses plus fidèles suiveurs.

A un moment où le pays traverse l’une des plus grave crise de son histoire avec le terrorisme de fabrication occidentale exterminant les enfants du Nord du Cameroun et une zone anglophone désespérée qui prend le mauvais chemin, Paul Biya n’est plus manifestement le bon médicament qui peut guérir le Cameroun.

Plusieurs raisons justifient ce constat. D’abord parce qu’à 80 ans révolus, usé par plus de 30 années de pouvoirs d’Etat, on ne peut plus incarner aucun avenir. Or ce dont il s’agit, c’est trouver quelqu’un de capable d’inventer une naïveté nouvelle, ce genre de rêve qui crée la passion patriotique, le réveil révolutionnaire et l’envie de gagner. Mais que peut-on gagner avec un vieillard en fin de cycle dans un monde en compétition de très haut niveau ?

Ensuite, les résultats économiques du Cameroun qui auraient pu être 10 fois meilleurs, ne sont guère une fierté pour ce pays hautement stratégique en Afrique centrale. Il est classé 18ème sur 38 pays classés par Legatum Institute en 2016. Passer 34 années de sa vie à la tête d’un pays pour une minable place de 18ème sur 38, il faut avoir le goût élevé de la médiocrité pour s’enorgueillir d’un tel résultat.

Enfin, et pour ne pas finir d’égrainer le chapelet là, le Cameroun n’est presque plus une Nation. Il est au bord de la division irréparable, au bord de l’explosion fâcheuse. Le plus grand défi pour tout homme politique, c’est le défi de l’unité nationale. Il vient avant le défi du développement. Les récentes velléités sécessionnistes d’une partie du Cameroun, la répression violente des mouvements d’humeur de la jeunesse, l’exploitation de l’agression terroriste du Nord comme une épée de Damoclès sur la tête du Camerounais qui veut parler, exprimer son désarroi, dire non à l’impasse Biya, sont autant d’indicateurs pour comprendre que le médicament imposé par la Françafrique n’en est plus un ; il est plutôt devenu un poison dans la vie économique et sociale du camerounais. De médicament, il est devenu un déchet toxique.

Mais à qui la faute ? Cameroun des Fiers guerriers ? Pourras-tu dire que c’est la faute du Colon qui t’aime tel quel, d’un amour d’esclave pauvre et docile pour le service ? Non ? Et alors ? A qui la faute ? Tu dis quoi ? C’est la faute de ton élite corrompue, de tes enfants qui ont la grande gueule mais sont incapables d’actions, de ton armée qui ne fait que faire son travail avec des officiers corrompus et enrichis pour la cause ? Et toi alors peuple domestiqué, envoûté, drogué par cette malsaine inhalation de 34 années de médicaments périmés ?  Qu’attends-tu pour te réveiller ? Cameroun !

A Très Bientôt.

Hassane Magued

La Révolution Permanente

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