Caricature de Mahomet publiée dans l’hebdomadaire français «Charlie Hebdo»: Trois églises ont été incendiées samedi à Niamey. Quatre morts à Zinder

Caricature de Mahomet publiée dans l’hebdomadaire français «Charlie Hebdo»: Trois églises ont été incendiées samedi à Niamey. Quatre morts à Zinder

Trois églises ont été incendiées samedi à Niamey, où la contestation de la caricature de Mahomet publiée dans l’hebdomadaire français «Charlie Hebdo» s’étend dans plusieurs quartiers de la capitale, dont celui de la cathédrale, a constaté l’AFP.

Une violente manifestation anti Charlie Hebdo était en cours samedi près de la grande mosquée de Niamey où la police a tiré des gaz lacrymogènes tandis que des pierres étaient lancées sur les forces de l’ordre, a constaté un journaliste de l’AFP.

Trois églises ont été incendiées dans la capitale nigérienne, où la contestation de la caricature de Mahomet publiée dans l’hebdomadaire français Charlie Hebdo s’étend dans plusieurs quartiers de la capitale, dont celui de la cathédrale après une première manifestation violente dans la matinée.

Une centaine de policiers anti-émeute, munis de casques et de boucliers, protégeaient à 12H45 locales (11H45 GMT) la cathédrale de Niamey, essuyant des jets de pierres de protestataires, a constaté un journaliste de l’AFP, qui a d’abord vu deux, puis une troisième église incendiée. Des jeunes munis de gourdins, de barres de fer ou de pioches déambulent par ailleurs dans plusieurs quartiers de la capitale, selon ce correspondant.

«A bas les tricolores français»

Au moins un millier de jeunes s’étaient réunis devant la grande mosquée malgré l’interdiction des autorités pour protester contre la publication de la caricature de Mahomet en Une de l’hebdomadaire satirique français.

L’édificie avait été encerclé par quelques dizaines de policiers anti-émeute munis de casques et de boucliers, qui ont tenté de les disperser les manifestants à coup de gaz lacrymogènes.

Des cris tels que «A bas la France», «A bas les tricolores français» ou encore «A bas Charlie Hebdo» étaient scandés par les protestataires, dont certains hurlaient également «Allah Akbar» (Dieu est grand).

Gaz lacrymogènes

Plusieurs manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, dont deux 4X4 ont été brûlés. Des pneus en flamme ont aussi été jetés dans un commissariat à proximité de la grande mosquée, a constaté l’AFP.

«On va tout casser. Nous protégeons notre prophète. Nous allons le défendre même au péril de notre sang», a déclaré un manifestant, une grosse pierre à la main, mais dont le visage n’était pas recouvert d’un mouchoir ou d’un masque pour lutter contre les gaz lacrymogènes, contrairement à de nombreux autres.

Quatre morts à Zinder

Le rassemblement, initialement prévu à 10H00 (09H00 GMT), intervient au lendemain d’émeutes à Zinder, deuxième ville du Niger, qui ont fait quatre morts et 45 blessés lors de manifestations anti-Charlie Hebdo.

Le Centre culturel franco-nigérien a également été incendié et trois églises saccagées dans cette agglomération proche du nord du Nigeria.

Fermeté du gouvernement

«Nous n’accepterons pas que la chienlit s’installe», avait averti vendredi soir le ministre de l’Intérieur Hassoumi Massaoudou sur les ondes de la radio publique.

«C’est ainsi qu’à Niamey, nous avons vu des gens passer un peu partout pour convoquer un rassemblement demain à la grande mosquée. Ce rassemblement est interdit et nous prendrons toutes les dispositions pour que force reste à la loi (…) partout sur le territoire», avait-il affirmé.

Une position critiquée par un manifestant. «On a touché à notre prophète. On aurait dû nous laisser manifester notre mécontentement, quitte à nous faire encadrer par les forces de l’ordre», a-t-il dit, un caillou à la main.

Source : AFP

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