Cas d’Ebola au Mali : Un infirmier mort mardi et de possibles suspects

Cas d’Ebola au Mali : Un infirmier mort mardi et de possibles suspects

A 0h12 ce mercredi, notre taxi ne pouvait franchir l’impressionnant barrage de véhicules de la police et de la gendarmerie qui barraient la route jusqu’à la clinique très courue du quartier le plus convoité de la capitale. L’informateur qui nous avait mis la puce à l’oreille avait donc bien raison : la clinique où se soigne le gratin de Bamako est bien sous quarantaine.

Un malade venu de la frontière guinéenne.

Il y a trois semaines, révèle notre source recoupée par deux membres du personnel médical de la clinique, un malade – imam de sa ville – venant de la principale ville frontalière malienne avec la Guinée, à 150 km de Bamako, était admis dans l’établissement sanitaire. Le diagnostic était « un palu ». Mais un palu rebelle qui eut raison du patient dont la dépouille est repartie dans sa ville frontalière pour y être ensevelie. L’histoire aurait pu s’arrêter là si un des infirmiers qui suivait le malade n’avait pas à son tour contracté le « même palu » pour lequel il fut soigné. On le croyait guéri quand il rechuta quelques jours plus tard où il fut réadmis à la clinique. Cette fois-ci, il déclara « quelques symptômes caractéristiques de la maladie à virus Ebola ». Il succombera hier mardi en début de soirée. Des informations concordantes mais non confirmées par aucune autorité médicale font état de la contamination de deux autres prestataires de la clinique : le médecin traitant de l’imam décédé et un second aide médical. Tard dans la nuit, le directeur de la clinique reconnaît le décès par Ebola de l’infirmier en question.

Les humanitaires avaient alerté leur staff

La veille pourtant, on pouvait se congratuler : les dizaines de personnes sous surveillance après le décès de la fillette de Kayes le mois dernier n’avaient déclaré aucun signe de maladie Ebola trois semaines leur mise en quarantaine. Les cas confirmés et suspects de ladite clinique impliquent que la vigilance doit être plus que jamais de mise comme l’avait recommandé la veille le ministre malien de la Santé. Cette Ong américaine avait dissuadé par SMS son staff de se rendre dans la clinique concernée et cela quarante huit heures avant la confirmation par le gouvernement du cas d’Ebola. Le personnel de la Minusma avait lui aussi été prévenu avant l’annonce officielle du cas. Avec le cas de la fillette de Kayes qui a voyagé sur des centaines de kilomètres dans des véhicules de transport en commun, un spécialiste du Center of Disease Control confiait au Washington Post que c’est au Mali qu’Ebola a eu « un de ses plus grands avantages stratégiques ». La découverte d’au moins un cas dans cette clinique fréquentée par plusieurs centaines de personnes par jour confirme que l’épidémie doit être prise avec le plus grand sérieux par les Maliens.

Adam Thiam

Source: Maliweb.net

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.