Centrafrique : les soldats français accusés d’avoir tué des civils

Centrafrique : les soldats français accusés d’avoir tué des civils

Un barrage sommaire, confectionné de bric et de broc, empêche ce lundi les soldats français de passer à Grimari (Centrafrique), au nord-est de la capitale Bangui. Quelques jours plus tôt, c’est pourtant un blindé léger de l’opération Sangaris qui assurait la protection de la population. «On pensait que Sangaris était venue nous aider, mais ils assassinent nos enfants», accuse une vieille femme en pleurs. Près d’elle, cinq cadavres sont recouverts d’une couverture. Selon les chrétiens de cette bourgade du centre, les forces françaises ont tué ces civils. L’armée tricolore, elle, invoque la légitime défense.

Depuis une semaine, près de 5 000 chrétiens se terrent dans la paroisse de Grimari, alors que l’ex-rébellion Séléka (pro-musulmans, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014) et les milices anti-balaka s’affrontent, avec la force française comme pacificateur. Mais ils sont désormais en rage contre l’armée française. Sur les cinq personnes abattues, «les Sangaris ont tué deux innocents», affirme Maxime Gbolo-Kouzou, le chef du quartier. Selon les habitants réfugiés dans la paroisse, les deux morts n’étaient pas des anti-balaka. «Le premier est mon fils, l’autre son ami. Ils dormaient à la paroisse», dit Jean-Pierre Bongo,un vieil homme aux bras ballants.

«Ce n’est pas une bavure»

L’armée française donne une version bien différente des faits. «La force a fait une riposte à des tirs effectués par des anti-balaka», assure le capitaine Daniel, aux commandes de la force française dans la petite ville. «Si une personne a une arme et qu’elle nous tire dessus, la riposte est immédiate. C’est de la légitime défense», défend-t-il. Et de réfuter toute idée d’accident concernant les deux civils présumés. «Ce n’est aucunement une bavure. Les (des anti-balaka) sont là. Il y en a pléthore», assure le soldat français.

L’opération Sangaris

«La est déterminée à agir pour rétablir la sécurité en Centrafrique, soutenir le de transition et permettre le retour des humanitaires et des structures étatiques de base», a fait valoir le ministère de la Défense en février, après la mort du caporal Damien Dolet, le dernier français perdu sur place.

Ainsi, 2000 militaires français interviennent en République centrafricaine en soutien des forces africaines, mandatés par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 5 décembre 2013. Le but de l’opération Sangaris est de «faciliter la transition politique», a assuré le ministère.

VIDEO. La France envoie 400 soldats en plus en Centrafrique

Source: LeParisien.fr

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