César Etou: «Pourquoi Affi m’a limogé de Notre Voie»

César Etou: «Pourquoi Affi m’a limogé de Notre Voie»

Le patron du quotidien proche du Front Populaire Ivoirien (FPI), «Notre Voie » Etienne Souanga dit César Etou, limogé lundi dernier pour fautes graves a déposé plainte auprès du comité de contrôle du parti, pour licenciement abusif.

Dans un communiqué de ce dernier dont koaci.com a eu copie, il dénonce la manière illégale de son limogeage, qui selon lui, serait contraire à la médiation de crise mise en place, en prélude au prochain congrès du FPI.

« Au terme de sa médiation, suite à la crise née de la publication d’une nouvelle direction au FPI, le Comité de médiation a recommandé qu’aucune décision de cette nature ne soit prise avant le 4ème Congrès ordinaire prévu du 11 au 14 décembre 2014. En prenant la décision de limogeage et de nomination, les membres du Conseil d’Administration violent lesdites recommandations » a –t-il signifié avant d’expliquer les véritables raisons de son licenciement.

A l’en croire et comme nous l’avions indiqué dans notre précédent article, il s’agit réellement d’avoir indiqué à la une du media la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du FPI.

« Le 4 novembre 2014, s’est déroulée à la CPI, une audience de mise en état dans le procès contre le président Gbagbo. Suite à la plaidoirie de l’avocat principal, représentant le président Gbagbo et parlant en son nom, ce jour, j’ai écrit un article intitulé : «Candidature à la présidence du FPI : Gbagbo dit oui à l’appel de Mama » (Notre Voie du mercredi 5 novembre 2014). Le soir venu, le Comité de la « Une » du journal, constitué ce jour du Directeur des Rédactions, du Secrétaire général de la Rédaction et du chef du Service politique, en l’absence du Directeur de la publication et du Rédacteur en chef (en congé), décide de mettre l’article à la Une. Au Directeur des Rédactions qui m’annonce la nouvelle, je lui ai dit : « Faites-le, si vous n’avez rien de plus costaud que cet article ».

L’article a été porté à la Une et, selon notre fonctionnement, j’ai validé le journal pour aller à l’imprimerie. Il était 20h30. C’est le temps que l’imprimeur nous donne pour que le journal puisse être disponible tôt pour distribution. Aux environs de 22h, je surprends Franck Anderson Kouassi et Bamba Franck Mamadou (Directeur de la publication du Groupe Notre Voie) en train de refaire le journal. Ils ont entamé leur opération, à l’intérieur du Service technique, sans avoir eu la courtoisie de m’en informer. Je leur ai donc demandé d’arrêter leur manœuvre et je suis parti pour l’imprimerie. Mais fait grave, M. Franck Anderson Kouassi est allé à l’imprimerie de Frat-Mat pour me proposer de racheter toute la quantité du jour, à défaut de réussir à me convaincre d’arrêter l’impression du journal. A la question de savoir au nom de qui il m’ordonne ces choses, Franck Anderson Kouassi m’a répondu : « C’est le président Affi qui me demande de te le dire ! ». J’ai refusé de céder et le journal est sorti, le 5 novembre 2014. Mais malheureusement, à mon insu, ils avaient fabriqué et mis sur internet un autre journal. Ce mercredi 5 novembre, il y a eu deux quotidiens Notre Voie sur internet parce que le président Affi, selon Franck Anderson Kouassi, ne voulait pas voir publié l’article sur la candidature du président Gbagbo », a expliqué le natif du centre du pays », avant de relever avoir été limogé pour avoir écrit un article sur Laurent Gbagbo. « Je viens d’être limogé de toutes fonctions à Notre Voie pour avoir écrit un article sur la candidature du président Gbagbo à la présidence du FPI. Cette mesure tend à crucifier une carrière de près d’un quart de siècle, la mienne, construite patiemment et dignement dans les groupes de presse fondés par le président Laurent Gbagbo. »

Il a donc décidé de porter plainte auprès de la structure en charge de régler au sein de l’ancien parti au pouvoir.

« Mon analyse prochaine pour démontrer en quoi ce licenciement est manifestement abusif, et que par une telle entreprise, sieur AFFI N’Guessan expose cette entreprise de presse du FPI à la liquidation. Cela ressemble un peu à la politique de la terre brûlée », a conclu le membre influent de l’Union Nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Depuis l’annonce des candidatures de Laurent Gbagbo et de Pascal Affi N’Guessan, au prochain congrès, les militants du Front Populaire Ivoirien (FPI) sont divisés et ne manquent aucune occasion pour le démontrer aux yeux de tous.

Le limogeage de César Etou à la tête du journal du parti, ne fait que traduire la crise qui secoue les frontistes depuis leur chute du pouvoir en 2011.

Donatien Kautcha, Abidjan

Source: koaci.com

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Lire également “César Étou saisit le comité de contrôle du FPI contre son licenciement “abusif” de Notre Voie

 

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One comment

  1. Ce genre d’aventure etait prévisible.

    Un journal est un organe chargé d’informer la population. Mais tout journal doit avoir une independance en rapport avec sa ligne editoriale. C’est a dire qu’il n’est pas interdit a un journal d’avoir des tendance a gauche ou a droite ou meme de supporter un parti politique. Mais il y a une limite a toute dependance: Un journal doit etre pour une information correcte, proner la justice et le bien etre des citoyens et surtout eclairer les citoyens sur les differents sujets qui menancent la paix.
    Le FPI avait eu raison de creer ce journal car a cette epoque tout etait media d’Etat. Aujourd’hui, la direction du Journal doit se separer du FPI. Il y va de la credibilité de ce journal. Cela ne veut pas dire que le futur directeur ne pourrait plus etre limogé. Ah non! Il pourrait etre limogé pour des raisons bien etablis par le reglement interieur du dit journal et la decision ne viendra plus du FPI, meme si celui-ci peut influencer cette decision.

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