Cinéma et théâtre: Les nouveaux “gombos” de Michel Gohou, l’enfant de Djategnoa situé dans le canton Paccolo

Dans son antre d’abobo, commune populaire du district d’abidjan où il réside depuis des lustres, michel Gohou prépare ses nouveaux «mets pour les servir là où besoin se fera sentir». Dans cette attente, il se fait le plaisir de nous les faire déguster, autour d’une table de sa cave-maquis Cauphy Gombo, précisément à aboboté-carrefour menuiserie. Le buffet est ouvert.

DE DJATEGNOA A  ABIDJAN

«Je publie bientôt le tout premier livre de ma carrière intitulé «C’est ma vie». Il sort probablement aux Nei-Ceda, avec une préface signée du dramaturge Lazéré. Ce livre retrace l’histoire de Michel Gohou, depuis sa tendre enfance jusqu’à aujourd’hui. Cette vie de Michel Gohou est faite de rebondissements à vous couper le souffle. «C’est ma vie» montrera davantage qui est Michel Gohou, ce qu’il a traversé comme zones de turbulence et zones éclairées dans sa vie. cela me fait quand même quelques années que je suis sur cette terre et je pense que cette vie mérite que je la raconte aux générations présentes et futures afin qu’elle inspire ceux qui le désirent dans ce monde en pleine mutation», confie Michel Gohou, l’air détendu.

D’un territoire à un autre. Si l’on en croit le futur auteur, cette vie sera relaté telle qu’il l’a menée depuis son village de Djategnoa situé dans le canton paccolo, à 8 km de Gagnoa, chef-lieu de département (centre-ouest), jusqu’à abidjan. Quoi de plus normal pour lui : «J’ai vu le jour à Djatégnoa, j’ai fait mon école primaire là-bas, j’ai chassé les oiseaux et les rats là-bas, j’ai posé des pièges là-bas, pêché du poisson là-bas avec mon grand frère Casthel, j’ai pleuré et sauté de joie làbas. Et c’est de ce village, que j’ai atterri dans la ville de Gagnoa et de là, dans la grande métropole d’abidjan, la capitale.»

On découvrira par exemple dans ce livre, comment Michel Gohou a été frappé par une paralysie pendant son cycle primaire, avant d’en être guéri. Non sans interrompre sa croissance en longueur, avec une déformation (une bosse) au niveau du dos. «Aujourd’hui, si je suis devenu une star comme on me le fait savoir partout, il est à noter que c’est parce que j’ai surmonté mon handicap en me mettant à exploiter et travailler le peu de talents que j’avais en moi. Je ne me cache donc pas derrière mon handicap pour chercher à réaliser mes désirs. Non, je n’ai pas choisi le chemin de la facilité, je me suis battu et je continue de me battre d’ailleurs jusqu’à mon dernier souffle. Il y a des infirmités qui sont cachés en certaines personnes. Et ça fait très mal. Chez moi, au moins, c’est visible. Mais le théâtre m’a libéré du fardeau de la timidité et du complexe d’infériorité, comme j’en ai souffert au primaire et après», se félicite l’artiste, avant de continuer : «aujourd’hui, Michel Gohou a une femme, Pena Aline Charlote qui est originaire de Dah (Bangolo), est père de 5 enfants, jouit de toutes ses facultés, gère ses affaires comme il se doit».

L’APPETIT VIENT EN MANGEANT

Avant la publication de son livre, Michel Gohou sortira un single de deux titres baptisé «Bobaraba», une composition du célèbre musicien Daouda Le sentimental, avec les arrangements de Docteur Théo. L’oeuvre solo, la seconde de sa carrière, est fin prête. Ce n’est donc qu’une question de semaines, puisqu’il donne rendez-vous au public pour les vacances estivales. Le comédien guette le bon moment. Car il ne veut rien rater.

Michel Gohou se projette également dans le cinéma. Dans ce milieu qui vaut à ce bout d’homme d’être plus visible, il veut s’arracher davantage de place. L’appétit vient en mangeant, dit-on. «J’ai deux projets sous la main : une serie télévisée et un long métrage. Il est vrai que les gens aiment bien ce que nous faisons. Mais nous avons besoin de soutien car ce n’est pas facile. Je lance donc un appel à tous les mécènes et personnes de bonne volonté afin qu’ils me viennent en aide. Les scenarios sont déjà prêts. Alors j’attends les financements», lance le comédien.

Prudence toutefois : «Je ne veux pas de coproduction. Je souhaiterais qu’on me fasse un prêt ou un don.» «Le retour du Binguiste» est le titre du long métrage par lequel Michel Gohou aimerait commencer son rêve de producteur. C’est une fiction qui raconte l’histoire d’un bledard qui part à l’aventure quelque part en europe puis rentre en afrique pour faire croire à la jeunesse de son pays que l’eldorado se trouve de l’autre côté de la planète. Quant à la série, elle s’appelle «La culotte». Une culotte que l’homme et la femme se disputent dans le foyer. Il n’en dira pas plus, laissant le temps aux cinéphiles d’imaginer ce qui va se passer en 104 episodes dans la vie de ce couple !

DESCENTE DANS L’OCEAN INDIEN

«Depuis dimanche, le comédien ivoirien est rentré du territoire français de Mayotte, où il a donné deux spectacles dont l’un à Koungou, le 5 avril dernier, et l’autre à Pamandzi, le 6. C’est une partie de l’Afrique située dans l’océan indien qu’il tenait à découvrir. Certes, Michel Gohou s’est déjà produit, l’an passé, dans les iles comoriennes, précisément à Moroni, à travers deux spectacles de fou-rire. Mais cette fois-ci, c’est à Anjouan qu’il a ouvert sa tournée, le 4 avril dernier, accompagné par le producteur-manager, Jean-Marc Guirandou.

Mais comment le comédien at- il réussi à percer ce marché de l’océan indien ? sa réponse est éloquente : «il faut dire que dans pratiquement tous les pays africains francophones, les gens connaissent plus où moins mes oeuvres. Ils savent très bien ce que nous avons fait par le passé, des Guignols d’Abidjan à aujourd’hui, en passant par ma famille, le studio 225. En somme, j’ai pu constater que la circulation de nos productions ne se limite pas à la partie ouest, centre de l’afrique et à la diaspora du continent vivant dans l’occident. Elles sont également consommées dans cette zone du continent africain. C’est ainsi dans les iles comoriennes, les habitants aiment bien l’humour made in côte d’ivoire. Quand j’emploie le terme «nous», c’est pour dire que je ne suis pas le seul ivoirien prisé sur ce territoire français. Alors, moi j’ai ouvert la voie. Il appartient aux autres de suivre !»

Le spectacle que Michel Gohou a transporté dans l’océan indien s’intitule «Je vais te gifler». Il met en relief les humiliations que subissent, dans leurs propres pays, les africains demandeurs de visas dans les ambassades et consulats occidentaux. Ce one man show revu et corrigé du comédien ivoirien fait entre 80 et 90 mn.

Après le département de Mayotte et les comores, le Canada est la prochaine étape de Michel Gohou, en juin prochain. Il enchaînera avec une tournée en RD-Congo, au Congo, au Cameroun et au Gabon. Bon vent l’artiste !

Schadé Adédé

Source: Notre Voie n° 4693

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE