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Combat pour la libération de Laurent Gbagbo: pourquoi aller jusqu’au bout

Combat pour la libération de Laurent Gbagbo: pourquoi aller jusqu’au bout

Quand j’étais au cours moyen deuxième année, mon instituteur m’avait enseigné qu’un enfant qui a le ténia (parasite intestinal) ne se développe pas correctement, car le ténia lui suce tous les nutriments qu’il consomme. D’une manière générale, un être humain qui a des parasites dans son corps ne peut se développer convenablement, parce que les parasites lui sucent tous les nutriments dont son corps a besoin pour se développer. Tout comme un être humain qui est infecté de parasites ne peut se développer correctement, un pays qui est géré comme une colonie ne peut se développer correctement, parce que le colonisateur suce les ressources dont la colonie a besoin pour se développer. Les exemples sont légions qui supportent cette observation.

Ce n’est donc pas par hasard que les Usa, une ancienne colonie britannique ait connu un développement spectaculaire après s’être déparasitée de l’Angleterre. Les pays d’Asie où les colonisateurs ont été vaincus (Vietnam, Thaïlande, etc.) se portent mieux que les pays africains avec lesquels ils avaient le même  taux de croissance dans les années 70. Même l’Afrique du Nord  où la colonisation française a eu des difficultés pour prendre pied  se porte mieux que l’Afrique Subsaharienne. La leçon est donc  claire: un déparasitage s’impose à la Côte d’Ivoire et en général à  l’Afrique francophone encore sous l’emprise de la gestion coloniale  de la France.

En ce moment précis en Côte d’Ivoire, Le Fpi (Front populaire  ivoirien) fondé par Laurent Gbagbo est en proie à une crise au sommet. Cette crise  émane d’un désaccord de vision du leadership. D’un côté, il y a un  qui pense qu’on doit tourner la page Gbagbo et de l’autre coté, il y  a ceux qui pensent qu’il ne faut pas tourner la page Gbagbo mais  plutôt réclamer la libération de Laurent Gbagbo. Tourner la page Gbagbo pour accompagner  le système en place, une voie sans issue. Cette solution  a déjà été appliquée dans bien des cas en Afrique et ailleurs dans  le monde. Le cas de la République démocratique du Congo  (Rdc) est édifiant à ce propos. La page Lumumba (un partisan  du déparasitage de la gestion coloniale du Congo) a été tournée  par Mobutu à qui les colonisateurs ont déroulé le tapis rouge.

Comme Méka, le héros du célèbre roman «Le Vieux Nègre et la Médaille » de Ferdinand Oyono- qui a été décoré par les colons le matin  et emprisonné le soir par les mêmes colons alors qu’il sortait  des cérémonies de célébration de sa écoration, Mobutu au soir de sa vie s’est vu refuser le visa pour aller se soigner en Occident et est mort en exil au Maroc. En conséquence, le Congo est devenu «une fille de joie» pour les occidentaux. Ils profitent de toutes les ressources du pays sans contrepartie pour les Congolais. Sans institutions viables, le Congo-Kinshasa est aujourd’hui géré par les Organisations non gouvernementales (Ong). Même cas pour l’Irak, la page Saddam Hussein tournée et voilà le pays en proie au chaos.

En Côte d’Ivoire, la communauté internationale avait fait miroiter à Ouattara qu’une fois Gbagbo à La Haye, lui Ouattara aurait la paix pour gouverner et recevrait des pluies de milliards pour reconstruire la Côte d’Ivoire. Après avoir transféré Gbagbo à La Haye, Ouattara n’a malheureusement pas reçu les milliards promis et se trouve obligé de chercher les prêts au Congo-Brazzaville pour maintenir son gouvernement en vie. La leçon qui se dégage de tous ces cas de pays où l’occident a imposé un dirigeant est que les institutions volent en éclats, les communautés locales se regardent en chiens de faïence, ce qui éloigne toute possibilité de réconciliation et reconstruction, un désordre institutionnel permanent s’installe et toutes les ressources économiques du pays sont pillées par les occidentaux.

Libérer Gbagbo, un mea culpa de la communauté internationale

La brillance politique de Laurent Gbagbo s’est révélée au monde quand il a pu contraindre, sans armes mais en jouant sur le temps, une rébellion supposée le chasser du pouvoir en une nuit à proroger son mandat présidentiel de dix ans. En suivant sa foi selon laquelle «le temps est l’autre nom de Dieu» Gbagbo a utilisé le chrono judicieusement pour permettre au monde entier de débusquer avec lui, tous les acteurs de la crise ivoirienne. Cerise sur le gâteau, l’armée française et l’Onu qui de préférence, opèrent toujours en sous-main se sont vu obligées de bombarder les institutions ivoiriennes en pleine journée pour déloger Laurent Gbagbo. Du coup, le gouvernement français et ses collaborateurs ont été pris la main dans le sac comme de vulgaires gangsters. Ce faisant, la France et ses alliés de la communauté internationale ont perdu l’autorité morale dans le combat, une grande première victoire pour Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

Le peuple ivoirien et tous les combattants de l’injustice doivent capitaliser sur cette victoire pour conquérir l’indépendance économique tant rêvée de l’Afrique francophone. Comme Martin Luther King qui avait choisi de mettre à nu la cruauté du racisme des Américains blancs envers les noirs en organisant des marches sachant que les blancs jetteraient des chiens aux trousses des noirs, mais convaincu que cette barbarie rallierait tout le monde à sa cause, Laurent Gbagbo en choisissant, au péril de sa vie, de subir les bombardements français et l’emprisonnement, a aujourd’hui rallié le monde à la cause de la Cote d’Ivoire et de l’Afrique francophone dans leur combat pour se déparasiter de la gestion coloniale française. Cependant, tout comme l’apartheid qui a signé sa propre mise à mort en choisissant de négocier avec Mandela, la France est convaincue qu’elle signe la mise à mort de son hégémonie sur l’Afrique francophone en négociant avec Gbagbo pour le libérer.

Fort de cette réalité, la France tentera encore de se battre, car son hégémonie sur l’Afrique francophone lui rapporte au minimum $16 milliard par an, à travers les comptes d’opérations relatifs à l’arrimage du Franc CFA au Franc français (voir livre du Professeur Nicolas Agbohou). Malheureusement la France donne des signes évidents d’essoufflements et François Hollande, lors de sa visite officielle en Côte d’Ivoire l’a si bien révélé en suppliant le Fpi de se présenter aux élections présidentielles de 2015. Enfin, toutes les stratégies de la France sur la Côte d’Ivoire avec Ouattara au sommet ont échoué et donc le gouvernement français veut utiliser le FPI comme un vernis pour cacher son échec. C’est pourquoi le FPI, à l’instar de Nelson Mandela qui a maintenu la pression en refusant de négocier avec l’apartheid en étant prisonnier, doit choisir de ne pas aller aux élections pour maintenir la pression.

En maintenant la pression sur la France qui a énormément investi en Ouattara mais aujourd’hui n’en tire pas les dividendes escomptés, le FPI finira par arracher une négociation avec la France. Alors dans cette négociation, le FPI lui servira la vision de Laurent Gbagbo: Pas de Franc CFA, pas de base militaire et contrat de défense, entre autres. La France avec une économie en chute libre, comme l’a si bien dit le Premier ministre Valls dans son récent discours au gouvernement, et sans voie de croissance autre que l’Afrique sera lésée dans un combat qui perdure et donc finira par libérer Gbagbo, la Côte d’Ivoire et l’Afrique francophone comme l’apartheid a fini par relâcher l’Afrique du Sud.

Le FPI alors ne gagnera plus qu’une élection mais plutôt des élections et dirigera la Cote d’Ivoire jusqu’au retour de Jésus sur terre comme le disait si bien, à propos de l’Anc, Jacob Zuma, Président de L’Afrique du Sud : «Anc will rule till Jesus comes back». La Côte d’Ivoire et l’Afrique francophone ne peuvent faire l’économie du combat pour leurs indépendances économiques, car l’existence de leurs peuples en dépend.

L’occupation de la forêt du Mont Péko à l’ouest de la Côte d’Ivoire par 24.000 étrangers qui chassent les Ivoiriens autochtones n’est que la face visible de l’iceberg du peuplement planifié de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique francophone. Si nous faillons, nous serons tous parqués dans des réserves sur les terres de nos aïeuls pour assouvir la curiosité des touristes et des nouveaux maîtres friands de voir des indigènes comme c’est le cas dans beaucoup de colonies de peuplement. Pour ceux qui sont encore hésitants pour le combat, sachez que les spectateurs ne marquent jamais de buts pour changer le cours d’un match ; seuls les joueurs peuvent le faire ; alors devenez des joueurs pour la Côte d’Ivoire afin de changer le cours de son histoire. Nous sommes si proches de notre libération que reculer n’est plus une option. Alors un seul mot, continuons.

Pour l’amour de mon Peuple.

Par Denis Kloh

Source : Le Temps

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