Commémoration du 11 Avril Affi N’guessan accuse la France et l’ONU mais rassure « Gbagbo est dans nos coeurs parce que, pour nous, c’est un idéal »

Commémoration du 11 Avril Affi N’guessan accuse la France et l’ONU mais rassure « Gbagbo est dans nos coeurs parce que, pour nous, c’est un idéal »

Depuis 1945, les Nations Unies ne se sont pas adaptées aux normes institutionnelles des Etats. » Telle est en substance le discours du président du Front Populaire Ivoirienne, Pascal Affi N’guessan qui a accusé l’organisation mondiale ainsi que la France de n’avoir pas su arrêter la tragédie ivoirienne. C’était à l’occasion de la cérémonie commémorative du 11 Avril qui a eu lieu hier au QG Laurent Gbagbo à Attoban.

Prenant la parole, le président Affi a, d’entrée, situé le contexte de cette commémoration qui selon lui n’est pas un simple moment de lamentation mais bien plus un moment d’engagement pour tirer les leçons du passé. Aussi, a-t-il orienté son discours autour de quatre principaux axes qui sont, le contexte de la crise qui a tué la démocratie dans notre pays, le rôle de la Côte d’Ivoire, le sens de l’attitude de Laurent Gbagbo pendant cette crise et enfin la question des victimes et la réconciliation nationale.

Contexte de la crise et rôle de la communauté internationale

Abordant le contexte de cette crise, le patron du FPI a ouvertement indexé la France et l’ONU qui, pour lui, n’ont pas empêché le drame en Côte d’Ivoire : «d’Ukraine en Syrie en passant par la République Centrafricaine, tout comme au Rwanda, les Nations Unies ont montré leurs limites dans la gestion des crises. Pire, avec la complicité de la communauté dite internationale, le génocide rwandais dont le 20ème anniversaire vient d’être célébré montre à quel point la haine tribale peut conduire à la destruction. » A en croire le président Affi, le génocide rwandais offre un parallèle avec ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. « En 2002 la rébellion a été légitimée par la communauté internationale avec en tête la France de Sarkozy entraînant la partition du pays en deux. Cette communauté internationale n’a pas condamné le recours aux armes à des fins politiques. », a-t-il d’entrée observé. Et d’ajouter : « Les Nations Unies ne se sont pas arrêtés là. Elles se sont offert la certification des élections en Côte d’Ivoire. La suite, on la connaît. La crise en Côte d’Ivoire est donc liée en très grande partie à l’implication des Nations Unies et de la communauté internationale. » martèle Affi N’guessan avant d’ajouter : « L’ONU n’est plus perçue comme une organisation au dessus de la mêlée.»

Toujours au chapitre du contexte de cette crise qui a secoué la Côte d’Ivoire, l’ex-premier ministre du président Laurent Gbagbo a déploré le blocage du dialogue politique et les multiples crises qui ont sédimenté toutes sortes de frustrations. Mais en dépit des stratégies échafaudées pour l’évincer du pouvoir, le président Laurent Gbagbo, dit-il, est resté stoïque. Le sens de l’attitude de Laurent Gbagbo Pourquoi Laurent Gbagbo a refusé de capituler ? Pourquoi a-til résisté alors que les forces en présences étaient disproportionnelles ? Des questions auxquelles le président Affi a trouvé des réponses. «Alors que ce refus du président Laurent Gbagbo était synonyme de douleur et de souffrance, comme tous les combattant de la liberté à travers le monde, il a résisté. En le faisant, Gbagbo a tracé une voie pour nous, il a fixé un horizon pour nous. Il est resté stoïque.» a fait remarquer le ‘’lion’’ de Moronou. Et d’indiquer « … On ne peut être dans l’action politique et s’appartenir.» Ainsi pour Affi, si Laurent Gbagbo a bravé les forces coalisées de l’ONUCI, Licornes, rebelles et Dozo c’est pour que triomphe la vérité qui suscite aujourd’hui la question des victimes de guerre et de la réconciliation nationale.

La question des victimes de guerre et la réconciliation nationale « La paix ne signifie pas seulement absence de guerre mais la gestion efficiente et efficace du pouvoir d’Etat. », a rappelé le président du FPI pour interpeller le pouvoir actuel sur sa gestion du pouvoir qui continue de faire des victimes dans les rangs des militants pro-Gbagbo. «…Après la Gestapo de Hitler en Allemagne, aujourd’hui c’est la DST de Ouattara avec sa dictature rampante, le RDR. ». Face à cela, le président du FPI a réitéré la volonté de son parti à aller à la paix qui passe nécessairement, selon lui, par la réconciliation. Elle qui, selon lui, permettrait de soulager les souffrances et douleurs des victimes mais aussi permettrait aux bourreaux d’être pardonné par leurs victimes. Malheureusement, souligne le président Affi, le pouvoir semble en avoir cure : « Tout est perdu quand l’innocence des individus n’est pas assurée », a-t-il soutenu pour paraphraser Montesquieu.

Se prononçant sur la déportation du président Laurent Gbagbo, le président Affi a souligné un fait : « En envoyant Laurent Gbagbo à la Haye, ils ont ignoré l’encrage de l’affection de Laurent Gbagbo dans le coeur des ivoiriens. C’est pourquoi avant de clore son propos, le président du parti des socialistes a fait une recommandation : « Que le président Laurent Gbagbo soit en permanence dans nos coeurs, parce que pour nous c’est un idéal… » Mais bien avant, il a invité toutes les puissances progressistes africaines à prendre en main le destin de la renaissance africaine. Il a par ailleurs demandé à ses pairs africains de s’inscrire dans la démarche du FPI qui est dans un registre panafricaniste.»

Source: Aujourd’hui

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