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Confirmation des charges contre le Président Gbagbo: Vers le procès de la honte

Confirmation des charges contre le Président Gbagbo: Vers le procès de la honte

Attendue pour aujourd’hui vendredi, la décision est tombée plus tôt hier, jeudi 12 juin 2014, dans l’après-midi. Les juges de la cpi ont décidé du renvoi du président laurent Gbagbo en jugement. Aussi ont-ils confirmé à la majorité de deux juges contre un, les charges contre le président élu des ivoiriens et renversé par la France et l’ONU au profit de Ouattara.

Ces juges de la CPI estiment qu’il y a «des motifs substantiels de croire que Laurent Gbagbo est pénalement responsable de chefs de crime contre l’humanité que constituent le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou-à titre subsidiaire la tentative de meurtre et la persécution perpétrée à Abidjan». Ces actes portent sur la marche des militants du rdr les 16 et 19 décembre 2010 sur la RTI ; sur une manifestation des femmes à abobo, le 3 mars 2013 ; le bombardement au mortier d’un secteur densément peuplé à Abobo, le 17 mars 2011 et des massacres à Yopougon, le 12 avril 2011.

Pour les juges de la cpi, «M. Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle pour ces crimes contre l’humanité, conjointement avec des membres de son entourage immédiat, et par l’intermédiaire des forces pro-Gbagbo (article 25 (3)(a) du statut), ou à titre subsidiaire, en contribuant de toute autre manière à la commission de ces crimes (article 25(3)(d) du statut)».

Les mêmes juges qui avaient estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour conduire le président Gbagbo en proces trouvent aujourd’hui qu’il y a suffisamment d’indices pour le faire, alors que le procureur Fatou Bensouda n’a apporté aucune nouvelle preuve.

Il convient de rappeler que la chambre préliminaire 1 de la CPI est composée de trois juges : la juge silvia Fernandez de Gurmendi, présidente ; le juge Hans-Peter Kaul et la juge Christine Van den Wyngaert. Sur les trois juges, il y en a un qui a voté contre la décision de renvoyer Gbagbo en procès. Il s’agit de la juge Christine Van den Wyngaert. La première fois, c’est deux qui avaient voté contre : le juge Hans-Peter Kaul et la juge Christine Van den Wyngaert. C’est donc la juge Hans-Peter Kaul qui a rejoint la juge silvia fernandez.

Aussi controversée soit-elle, la décision des juges de la chambre préliminaire de la CPI n’est pas surprenante. Pour des raisons évidentes.

Il ne faut jamais perdre de vue le fait que c’est la France et l’ONU qui ont débarqué au moyen des armes le président Gbagbo du pouvoir pour y installer Ouattara. Ils reprochent à Gbagbo son trop grand penchant pour les intérêts nationaux au détriment de ceux des occidentaux, notamment de la france. etant entendu que le président Gbagbo, bien qu’en prison, demeure l’idole du peuple ivoirien, sa libération pourrait provoquer la chute du régime déjà chancelant de Ouattara qu’ils ont installé. Et Laurent Gbagbo pourrait revenir au pouvoir en remportant les élections de 2015. Du coup, la guerre qu’ils ont faite à la Côte d’Ivoire n’aurait servi à rien. Il est donc mieux pour la France et l’onu que le président Gbagbo reste dans les liens de la détention jusqu’à ce que ouattara soit “réélu” en 2015.

Or, et c’est la deuxième chose qu’il ne faut surtout pas perdre de vue, la CPI a été créée par l’onu. Sa mission essentielle est de mettre hors d’état de nuire les chefs d’etat africains gênant les intérêts des occidentaux. Le président Laurent Gbagbo en constitue un. Dès lors, les juges de la cpi ne pouvaient que faire ce qui est conforme à la volonté de la France et de l’onu en maintenant Laurent Gbagbo dans les liens de la détention. Il va sans dire que la décision des juges de la CPI de renvoyer le président Gbagbo en proces est d’ordre politique et non juridique.

La défense du président Gbagbo conduite par me Emmanuel Altit a démontré de façon magistrale que les chefs d’accusation soulevés par le procureur de la CPI contre le président Gbagbo sont farfelus. En ce sens qu’ils ne reposent sur aucune preuve.

A la suite des avocats du président Gbagbo, de grands intellectuels et hommes politiques, dont d’éminents universitaires spécialistes du droit, ont montré la vacuité des accusations du procureur de la CPI contre le président Gbagbo. Mais malgré tout, les juges de la cpi ont pris le parti de s’écarter de la voie de la justice pour enfiler le manteau politique. Nous Allons donc vers un procès politique où il n’y aura aucun sujet tabou. Tout sera dit sur la guerre de près de 10 ans que la Côte d’Ivoire a connue par la seule volonté d’Alassane Dramane Ouattara. De grands déballages vont être faits depuis le coup d’Etat du 24 décembre 1999 à la guerre postélectorale en passant par la rébellion armée de 2002.

La vérité sera dite sur la guerre de succession des héritiers d’Houphouet-Boigny qui a abouti au coup d’etat du 24 décembre 1999. Le premier dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. La vérité sera également dite sur la question de la nationalité de ouattara qui a conduit au rejet de sa candidature à l’élection présidentielle de 2000. La vérité sera aussi dite sur la rébellion de 2002 et sur tous les crimes des rebelles. La vérité sera, enfin, dite sur l’élection présidentielle de 2010 qui a abouti à la guerre postélectorale. On saura notamment qui a effectivement gagné ces élections.

Pour tout dire, c’est toute la république qui sera mise à nu devant le monde entier. Ça sera le procès de la honte !

Boga Sivori

Source: Notre Voie N° 4739

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