Conflit à Guiglo et Bloléquin: Nanankoua Gnamantêh, le Président du CNP aux autorités ivoiriennes « Il faut clarifier les choses sur la question d’autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien » | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Conflit à Guiglo et Bloléquin: Nanankoua Gnamantêh, le Président du CNP aux autorités ivoiriennes « Il faut clarifier les choses sur la question d’autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien »
Conflit à Guiglo et Bloléquin: Nanankoua Gnamantêh, le Président du CNP aux autorités ivoiriennes « Il faut clarifier les choses sur la question d’autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien »

Conflit à Guiglo et Bloléquin: Nanankoua Gnamantêh, le Président du CNP aux autorités ivoiriennes « Il faut clarifier les choses sur la question d’autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien »

Gnamantêh Nanankoua est le Président du parti dénommé Congrès national populaire (Cnp). Il a pratiquement passé l’année 2017 à Morokro-village, sa terre natale, dans le département de Tiassalé pour « se ressourcer », dit-il. Sans pour autant se couper des nouvelles de son pays. De passage en Abidjan, c’est avec grand plaisir que nous avons rencontré celui qui se prénomme Autochtone-Ivoiritaire. Il se prononce sur plusieurs sujets de l’actualité nationale.

Monsieur le Président, ces derniers temps, beaucoup de conflits fonciers ont eu lieu dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, principalement dans les départements de Guiglo et Bloléquin. Quels commentaires ?

Merci, cher collègue journaliste, de l’opportunité que vous offrez à l’Autochtone-Ivoiritaire que je suis de porter un regard, sans faux-fuyant, sur les conflits intercommunautaires qui se déroulent à l’Ouest aujourd’hui certes, mais assurément ailleurs demain. C’est avec des saignements à mon cœur d’Autochtone que j’apprends ces tristes nouvelles. Je profite de l’occasion pour adresser mon profond Yako aux familles éplorées. Vous savez, le fondement de la philosophie qui a présidé à la création du Congrès national populaire (Cnp), c’est la Terre et les Autochtones. Ce qui se passe à l’Ouest est un problème de fond dont ne devraient en parler que les sachants.

Dans une récente adresse aux Ivoiriens, vous disiez que le Cnp avait sa petite idée sur la question ?

Effectivement ! Voyez-vous depuis la survenue de ces tristes évènements, il y a trop de confusions et trop d’amalgames de la part du gouvernement ivoirien et des envoyés du président Henri Konan Bédié sur le terrain. On entend parler de : autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien. Il faut clarifier les choses. Première précision : l’étranger, par exemple le Malien ou le Burkinabè, pour nous, ne peut pas, ne doit jamais être propriétaire terrien en Côte d’Ivoire. Deuxième précision, est-ce que les communautés dans l’Ouest ivoirien, autres que les Wê, principalement les Baoulé, sont des étrangers en Côte d’Ivoire ? Non, puisque leur origine, c’est la Côte d’Ivoire. Par conséquent, et c’est là notre troisième précision, ce sont des autochtones, qu’ils soient au Nord, à l’Est, au Centre, à l’Ouest ou au Sud. Quatrième précision, donc, il est impropre de traiter un Bété ou un Guéré d’allochtone ou d’allogène à Abengourou, à Bongouanou et à Morokro-village dans le département de Tiassalé. En fait, ces termes signifient « étranger ».

Nanankoua Gnamantêh le Président du CNP2 Conflit à Guiglo et Bloléquin: Nanankoua Gnamantêh, le Président du CNP aux autorités ivoiriennes « Il faut clarifier les choses sur la question d’autochtone, allogène, allochtone, étranger, propriétaire terrien »

Cinquième précision : si quelqu’un est autochtone d’un pays, cela veut logiquement dire qu’il est propriétaire terrien de ce pays. Maurice Kakou Guikahué a pris son propre exemple devant les Wê à l’Ouest. Il n’est pas Ebrié. Il est Bété. Et pourtant, il travaille en Abidjan et il a des biens en Abidjan car, il est propriétaire terrien au même titre que les Ebrié. Nul ne viendra le chasser de chez lui parce qu’il est Bété. Sixième précision : à l’Ouest, les palabres naissent de la confusion entre « propriétaire terrien » et « chef de terre ». Le Baoulé est certes un propriétaire terrien à l’Ouest, mais il n’est pas chef de terre. En conclusion, il faut cesser de traiter un Sénoufo à Guiglo ou un Guéré à Adzopé d’allochtone et d’allogène. Car, dans la pratique, ces termes veulent dire étranger. Voici les quelques précisions que le Congrès national populaire (Cnp) voudrait en attendant que le Président Alassane Ouattara lui donne l’opportunité de s’adresser à nos concitoyens à travers les media d’Etat.

Justement, l’actualité, c’est aussi la guéguerre entre le président de la République, Alassane Ouattara, et le Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Quelle analyse faites-vous de cette guéguerre ?

Soro Kigbafori Guillaume a toujours dit que Ouattara Alassane est son « père ». Et le second soutient que le premier est son « fils ». Mais c’est la coterie autour du président Ouattara au sein du Rassemblement des républicains (Rdr) qui veut « gnangami » (mélanger) entre les deux, si ce n’est déjà fait. Wait and see, disent les Anglais.

Président, qu’en est-il de vos procès à Morokro-village ?

Je ne puis parler longuement des procès de monsieur Bitty Souho Georges contre ma personne pour « usurpation de titre » d’autant plus que l’affaire est pendante devant la juridiction de Tiassalé. Ce que je puis par contre vous indiquer, c’est que les Morokrofouôh, c’est-à-dire les ressortissants de Morokro-village, ont répondu à cette équation en se choisissant un nouveau chef pour diriger le village.

Et, c’est pour quand votre procès ?

Le mercredi 25 octobre 2017, après la rentrée judiciaire au Tribunal de section de Tiassalé.

Vous espérez certainement un non-lieu ?

La décision ne m’appartient pas. Je ne suis pas juge-président du Tribunal de section de Tiassalé !

Vous êtes dans le starting-block pour 2020 ?

Pourquoi pas !?! Je l’ai toujours affirmé, à l’heure actuelle, le Cnp a le meilleur programme pour sauver la Côte d’Ivoire. Et je suis sûr que d’ici 2020, les Ivoiriens et les amis de la Côte d’Ivoire nous aideront à réaliser cette ambition chère à tous. Car, je n’ai de cesse de le répéter : notre combat, c’est l’unité des Autochtones du Nord, du Centre, du Sud, de l’Est et de l’Ouest pour ensuite nous ouvrir vers l’extérieur car, la Côte d’Ivoire reste un pays d’hospitalité.

Un dernier mot ?

Je suspends la parole tout simplement. Il n’y a pas de dernier mot d’autant plus que j’aurai à parler dans les jours à venir aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens.

Interview réalisée par Makou Têh

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