Convocation des présidents du G-5 Sahel à Pau : Le Grand bluff d’Emmanuel Macron

Convocation des présidents du G-5 Sahel à Pau : Le Grand bluff d’Emmanuel Macron

L’invitation autoritaire du président Macron de 5 présidents africains des pays du Sahel à Pau“ pour qu’ils clarifient et formulent leur demande à la France”, fait encore couler beaucoup d’encre et de salive dans les milieux africains en particulier. Certains y compris la BBC la qualifient à juste titre de convocation. En effet, comment peut-ton inviter des présidents à travers une annonce publique sans aucune consultation privée préalable ? Cette attitude méprisante qui a choqué les Africains révèle paradoxalement un aveu d’impuissance croissante d’un pays en déclin qui s’entête à jouer une partie de poker dangereuse et potentiellement fatale pour lui.

Les propos du président Macron, loin de surprendre s’inscrivent dans la suite logique d’événements récents et de réactions fébriles qui affirment ce que le Sphinx Hebdo clame depuis belle lurette : La France opère en mode panique et irrationnel.

Pour avoir critiqué la politique française et la présence de ses troupes dans son pays, le député Malien Moussa Diarra s’est vu refuser le visa d’entrée en France. Un événement semblable est arrivé à Nathalie Yamb, conseiller exécutif de Mamadou koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et président du Lider, parti d’opposition ivoirien ; elle s’est fait expulser de Côte d’Ivoire il y a quelques jours sous le prétexte officiel d’avoir mené des activités allant à l’encontre des intérêts de la Côte d’Ivoire. En réalité, on lui fait payer le prix de ses propos, plus souverainistes qu’anti-français qu’elle a tenus au sommet Russie-Afrique de Sotchi d’Octobre 2019

C’est pour avoir critiqué la politique française en Afrique et exposé les horreurs du Franc CFA au public américain surtout noir, que Chihombori-Quao, l’ambassadeur de l’Union Africaine aux États-Unis a été limogée il y a quelques semaines. Mal en a pris à la France car maintenant débarrassée des restrictions diplomatiques, elle s’est donnée pour mission d’informer le public américain et Anglo-Saxon sur la captivité financière dans laquelle la France maintien des centaines de millions de personnes en Afrique, leur enlevant toute perspective d’avenir.

Qu’elle a perdu de sa superbe, la grande France, elle qui dans les années d’indépendance et d’après était si confiante qu’elle recevait chez elle des activistes et des mouvements politiques opposés aux régimes qu’elle avait installés et soutenait. Il est vrai que c’était pour les garder à l’œil et maintenir les dirigeants africains sous la menace permanente de leur remplacement par des opposants. Mais elle encaissait les critiques sans fébrilité. Aujourd’hui elle gère ces “offenses” à sa grandeur comme un père de famille en train de perdre le contrôle dans sa maison le ferait. Un chef de famille confiant ne dirait pas à son enfant de 10 ans de quitter la maison parce qu’il aurait osé lever la voix devant lui. Il le disciplinerait simplement sans allier a des extrêmes auxquels il irait s’il faisait face à la rébellion d’un solide fils de 26 ans. C’est ce que les pays Africains autrefois sous la domination française sont devenus. La France n’a plus de véritables moyens de discipliner.

Elle est affaiblie. Nous ne rentrerons pas dans les démonstrations que nous avons faites dans des publications précédentes pour exposer les profondes crises morales, économiques ou financières qui traversent le pays des Gaulois. La protestation des gilets jaunes qui dure depuis un peu plus d’un an et qui posent des problèmes que l’Etat Français n’a simplement pas les moyens de résoudre est une preuve suffisante s’il en fallait une. La sortie tant attendue du premier ministre Edouard Philippe par rapport à la crise n’a fait qu’offenser les syndicats qui promettent plus de manifestations dans le futur. C’est parce qu’elle se bat pour sa survie qu’elle cherche une bouffée d’oxygène vers d’autres horizons. Ses ouvertures vers la Russie ou la Chine ne sont pas une manifestation de sa vertu ou de son amour pour la paix. C’est l’instinct de survie qui l’anime.

Si la France ne peut résoudre ses problèmes, elle n’a donc rien à donner à l’Afrique et pas grand-chose pour lui nuire véritablement. La présence d’autres puissances sur le continent et la diversification des partenaires ont enlevé à la France son levier économique. Elle n’a plus les moyens tactiques de faire assassiner les présidents africains qui lui déplaisent comme elle le faisait avant. Si c’était le cas il y aurait déjà eu un coup d’Etat en Centrafrique et le président Touadera probablement éliminé. Le levier financier/du franc CFA est une arme à double-tranchants ; elle en est consciente et ne peut jouer dessus en ces temps-ci. Les pays africains qui grognent déjà sur cette monnaie n’hésiteraient pas à la quitter à la moindre brimade.

La France est incapable de s’engager dans une longue guerre sans le soutien de l’OTAN qui elle-même se bat pour sa survie sous les assauts de l’administration Trump qui n’en veut plus. Elle n’a pas la garantie du soutien des autres pays européens qui se battent tous pour un morceau des vastes richesses naturelles de l’Afrique. La flatterie et la tromperie leur en donnent un accès plus aisé qu’une aventure militaire de reconquête. En clair la menace d’une intervention militaire directe et ouverte avec un pays africain n’existe pratiquement plus surtout auprès d’une opinion française en proie à ses propres démons. S’il y a un moment où la France est le plus inoffensive militairement, c’est bien celui-ci.

Nous ne sommes pas en train de suggérer que la France ait perdu toute habilite à nuire. Elle peut toujours faire des griffes. Sa véritable option reste militaire non pas dans un conflit ouvert dont elle aurait du mal à mettre en place un scénario crédible et accepté par les Français et la communauté internationale mais en soutenant le terrorisme comme elle le fait dans la région du Sahel.

Pourquoi les dirigeants Africains ont-ils peur de la France ? C’est parce qu’ils ne sont pas conscients du fait qu’ils sont en position de force. Ils se laissent encore effrayer par les faits du passé, par une France qui joue sur la peur établie dans les consciences par des décennies de violence physique et militaire et les apparences de suffisance qui transpirent dans les propos des présidents français. Elle est devenue comme un garnement de quartier qui a semé la terreur par la brutalité et la force physique et qui perdu la force de ses membres à l’insu de tous. Il gesticule pour cacher sa peur. C’est bien ce que le président Macron fait. Comme dit l’adage : le roi est nu…

Le président français demande des clarifications alors qu’il sait bien que les populations de ces pays ne veulent pas de la France dans cette région riche en ressources naturelles. Les mensonges des RFI, France 24 et autres médias n’arrivent plus à contenir la vérité et les peuples ont compris que c’est la France qui est à l’origine de leurs problèmes. Ces critiques ont maintenant dépassé les frontières au continent africain pour se déverser en Europe et en Amérique du Nord. Tenant un revolver avec une balle dans la tempe des présidents africains, le président Macron veut les obliger à dire au peuple français fébrile et confus après la collision de 2 hélicoptères et la mort de 13 soldats français au Mali et au monde entier que tout va bien avec la France et qu’ils ont vraiment besoin d’elle.

La balle dans ce revolver est la menace au cas où ces présidents demandent le départ des troupes françaises, d’armer les terroristes pour entretenir la violence dans la région, à défaut de renverser carrément ces régimes. Pourtant, si les pays du bassin du lac Tchad ont pu neutraliser Boko Haram, une autre créature de la France, ceux des pays du Sahel peuvent aussi neutraliser leurs terroristes s’ils se mettent ensemble. La première étape serait de chasser tous les conseillers militaires français qui ont infiltré leur structure militaire.

Comme beaucoup de pays dits développés en pleine crise fonctionnant avec des économies artificielles et virtuelles, la France a un grand besoin de préserver ses apparences. Ce sont elles qui lui permettent de rester crédible dans l’économie mondiale. Toute son économie tient donc sur la confiance qu’elle inspire à ses citoyens et à ses partenaires étrangers. Et la garantie de ces apparences sont les ressources naturelles de l’Afrique. Tant qu’on croit qu’elle est puissante et riche elle peut emprunter, et faire des affaires avec les autres.  Si elle se montre un tant soit peu faible et vulnérable, elle se ferait bouffer par ses “alliés “ comme les hordes de loup le font lorsque l’un des leurs est blessé et mourant.

Ainsi, le président Macron voulait prouver qu’il a toujours le contrôle des énormes richesses de son pré-carre en disant en quelque sorte : “je contrôle toujours mon territoire. La preuve ? Je vais les convoquer et ils vont tous courir ». En le faisant il manifeste sa méconnaissance profonde des temps qu’il vit et un peu l’impulsivité caractéristique de sa jeunesse. Imagine-t-on le président François Mitterrand ou Jacques Chirac s’exprimer de façon aussi directe et peu diplomatique ? Ils étaient plus subtils, plus diplomates et bien sûr plus hypocrites. Dans un sens le président Macron est mieux pour l’Afrique que ses prédécesseurs. Il est impulsif, arrogant, direct, a du mal à dissimuler ses sentiments profonds et ce faisant expose au plus naïf des africains le visage hideux de la politique de son pays. Par ses propos, il vient de tomber dans le piège de l’orgueil. Il donne ainsi aux pays africains qu’il a convoquées à Pau l’occasion de remettre la France à sa place une fois pour toutes.

Les présidents convoqués n’ont pas grand-chose à faire. Pas besoin de propos outragés et réprobateurs. Il ne leur suffit que de garder le silence et de trouver des raisons diplomatiques de ne pas aller. Et ils verront la France se dégonfler comme le garnement du quartier qui pour la première fois “rencontre garçon” comme le disent nos amis ivoiriens.

Messieurs les présidents, n’oubliez pas que le monde entier observe cette scène. Les potentiels alliés de l’Afrique veulent voir si vous voulez rester l’esclave de la France comme le président Macron veut le montrer ou alors si vous êtes des hommes libres. D’autres avant vous tels que Sékou Toure ou Thomas Sankara ont posé des actes plus forts dans un contexte beaucoup plus désavantageux. Le président Idriss Deby du Tchad a donné le ton en annonçant qu’il ne répondra pas à la convocation. Cela suffit déjà pour atténuer l’humiliation du continent. Nous attendons la réaction des 4 autres présidents, surtout celle du président Rock March Christian Kabore du Burkina Faso. Vous avez ici l’occasion de faire l’histoire et par un geste simple de briser une chaine de la domination française sur le continent. Par la force des choses, vous avez rendez-vous avec l’histoire, ayez le courage d’affronter votre destin, ce pourquoi Dieu vous a probablement créer : répondez à cet appel au boycott.

Gabriel Makang pour le Sphinx Hebdo

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