Côte d’Ivoire-Café-cacao : les mensonges grotesques du gouvernement pour cacher la misère des planteurs

Côte d’Ivoire-Café-cacao : les mensonges grotesques du gouvernement pour cacher la misère des planteurs

Dans une interview accordée au quotidien ivoirien Soir Info n°6065 du 18décembre 2014, Fulgence Nguessan, a fait des révélations sur la filière. Fulgence Nguessan est l’un des principaux acteurs de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire.  Il est le président de trois importantes structures de la filière à savoir  l’Alliance nationale des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire(ANPCCI), l’Union des coopératives exportatrices de café et de cacao de Côte d’Ivoire (Ucoopexci) et  la coopérative Kavokiva. C’est donc un véritable témoin de la vie de la  filière café-cacao qui a porté un regard sur des reformes entamées par le gouvernement ivoirien depuis trois ans.

Si les coûts de production étaient pris en compte, le prix du kilogramme du cacao serait à 1500FCFA et non à 850 FCFA en Côte d’Ivoire.

On ne peut pas se servir de la filière café-cacao comme les gouvernants ivoiriens le font actuellement, sans prendre en compte les acteurs. Le gouvernement ivoirien a certes apporté des améliorations au niveau de la qualité  du cacao grâce aux actions du conseil café-cacao. Et cette année le prix du kilogramme est passé de 750 F à 850 f le bord champ. Mais selon Fulgence Nguessan, ce prix ne convient pas aux producteurs puisqu’il a été fixé sans tenir compte du coût de production. En Côte d’Ivoire, les agriculteurs décrient le prix élevé des engrais et des autres intrants, qui hausse exagérément le coût de production. Plusieurs plantations  ont été par exemple abandonnées parce que les propriétaires n’avaient plus les moyens de les entretenir.

Pour le président de l’Alliance nationale des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire, « Il faut définir combien le planteur dépense pour réaliser une tonne de cacao avant de fixer le prix du kilogramme de cacao ». Hélas, le gouvernement ivoirien  ne tient pas compte de ce facteur de production pour fixer le prix du kilogramme. Ce prix est certes garanti comme le soutient le gouvernement. Mais, il n’est pas proportionnel au coût de production du cacao que subissent les planteurs. « Si le coût de production du cacao était pris en compte par le gouvernement ivoirien, le kilogramme du cacao couterait environ 1500fcfa et non 850 f» a expliqué encore Fulgence Nguessan. C’est une révélation d’une grande importance. Car les paysans ivoiriens  perdent depuis 2011, presque 50% de ce  qu’ils devraient gagner normalement. Voilà ce qui explique la paupérisation criante dans le secteur agricole ivoirien.

Les producteurs de cacao, d’hévéa et de café regrettent le régime Laurent Gbagbo sous lequel, les agriculteurs ivoiriens étaient vraiment riches. Les coopératives de façon générale, ont subi depuis 2011 de graves pertes à cause de la guerre postélectorale. Selon des sources, les coopératives comme  Kavokiva ont  perdu plusieurs millions de francs. Il en est de même pour  l’Ucoopexci, une structure exportatrice agricole. Avant la guerre, elle était à 24% d’exportation au niveau national. Aujourd’hui, elle se trouve à 2% d’exportation à cause de la crise soit une perte de 22 % de part de marché. La crise postélectorale a ravagé les sites de production, les stocks ont été volés. L’Ucoopexci a évalué ses pertes à plus de 3milliards de fcfa, certifiée par l’État de Côte d’Ivoire.

La réalité est triste puisque l’État de Côte d’Ivoire n’a rien fait pour soutenir ces coopératives. Les coopératives de la filière café-cacao constituent aujourd’hui le maillon faible de la chaine : manque de financement, manque de ressources humaines qualifiées, manque d’encadrement, manque d’organisation et de véhicules de collecte, les questions de sécurité…Comme on peut le constater en Côte d’Ivoire, les producteurs de café et de cacao sont très frustrés à cause de l’attitude floue du gouvernement. Le gouvernement annonce sur les medias que les planteurs ivoiriens s’en sortent mieux depuis trois ans.

Pourtant il suffit de comparer sur le marché, le coût exorbitant des intrants, de la main d’œuvre et de tout ce qui entre dans la production du café et du cacao pour comprendre que le discours du gouvernement ivoirien est simplement, de la démagogie pour cacher la misère des planteurs ivoiriens. L’État favorise plutôt l’intrusion de personnes étrangères dans la filière café-cacao. Des hommes d’affaire ont pris la filière en otage. Pour sauver la filière, les planteurs ivoiriens  s’en remettent au futur président de la république de Côte d’Ivoire, celui qui sera élu en 2015. « Je pense que les élections à venir marqueront un tournant décisif dans la vie de la nation. Nous producteurs, nous ne voulons pas être en marge de cette élection. Nous voulons une convention en bonne et due forme avec tous ceux qui sont candidats pour le poste de président de la république de Côte d’Ivoire en 2015. Parce que nous ne voulons plus être sacrifiés » a dit Fulgence Nguessan dans une interview accordée au quotidien ivoirien Soir Info n°6065 du 18décembre 2014.

Il est bon de rappeler que la candidature d’Amara Essy a été suscitée par des planteurs ivoiriens dirigés par Bilé Bilé. Les producteurs de café et de cacao ivoiriens veulent être incontournables pour la prochaine présidentielle parce que c’est sur eux que repose l’économie ivoirienne. Ces mouvements  d’humeurs des planteurs sont la preuve que le monde paysan se sent frustré depuis que le président Ouattara est au pouvoir en Côte d’Ivoire. En plus, la filière est entre les mains d’hommes d’affaires  étrangers qui ruinent les producteurs.

Colbert Kouadjo

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One comment

  1. Ce monsieur Fulgence exagère. je me demande s’il est vraiment paysan…

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