Côte d’Ivoire : Entre Agro Business, ADO Business et Gnamien Business, quelque chose doit se passer ! (Hassane Magued)

Côte d’Ivoire : Entre Agro Business, ADO Business et Gnamien Business, quelque chose doit se passer ! (Hassane Magued)

«Le Bon arbre se reconnaît à ses fruits », ainsi parlent les Sainte Ecritures. Il n’y a donc qu’à regarder aux fruits que porte la Côte d’Ivoire, pour comprendre quel arbre y a été planté avec l’avènement de Dramane Ouattara.

Ces derniers mois, nous lisons sur les réseaux sociaux, qu’il est question d’une affaire d’Agro Business qui aurait mal tourné, un business qui consiste à donner 100 et recevoir 1000, soit multiplier sa mise par 10. Et il semble qu’il s’agissait d’investir dans la production agricole clé en main. Les investisseurs dans ce système d’investissement n’arrivent plus à percevoir leurs promesses de gains astronomiques. L’Etat est passé par là. Les comptes sont gelés. L’activité est classifiée dans la catégorie système pyramidal par la Police Economique qui a enquêté.

La raison, c’est qu’au lieu d’avoir environ 40 000 hectares (un récent article Paru dans le journal Le Monde nous informe qu’il s’agit d’environ 40 000 Ivoiriens qui se sont adonnés à ce type d’activité) de produits agricoles, notamment du vivrier, et assister à l’essor de la production et de l’exportation de produits vivriers d’origine ivoirienne, c’est plutôt les versements faits par les nouveaux souscripteurs qui servent à payer les premiers qu’on encourage à remiser l’argent perçu pour devenir plus riche. Ce type de programme géré par un logiciel informatique de type MLM (Multi Level Marketing) connaît toujours une saturation à un moment donné et le système s’effondre. Sauf à trouver les moyens de faire en sorte que les nouvelles souscriptions couvrent les montants à payer aux anciens pour continuer à tourner.

Investir ce n’est pas une mauvaise chose. Investir dans l’agriculture, c’est plutôt la meilleure des choses. Tous, nous mangeons des produits agricoles pour survivre. Mais éluder le fait que l’agriculture dépend des aléas climatiques, promettre des retours sur investissement qui représentent 10 fois la mise, réaliser tous ces exploits de rentabilité avec moins de 200 hectares de plantations, il faut être Dieu pour le réussir. Or personne n’est Dieu. Nous sommes tous des hommes et seule la science nous permet de réaliser des exploits. Mais la science, ce n’est pas de la magie, elle n’opère pas dans le milieu du miracle. Donc, il y a forcément quelque chose qui ne va pas chez l’Ivoirien.

Oui, quelque chose de très attristant se passe dans la tête des Ivoiriens et cela expose le pays à un très gros risque de pourrissement moral irréversible. C’est le culte et l’ivresse du « dieu argent ». L’Ivoirien, même le plus insoupçonnable est devenu adepte du gain sans effort, de la richesse rapide, de l’argent facile pour lequel il est prêt à tout. Il est brouteur. Il fait l’apologie du criminel notoire devenu riche par le crime. Il a la convoitise des yeux et de la chair. Il veut gagner plus que son travail ne le permet. Il veut avoir le niveau de vie de ceux qui sont ses Patrons au travail.

Alors, il lui faut l’argent rapide, peu importe le moyen, les méthodes, les origines. Un peuple qui a atteint un tel niveau de faiblesse devant l’argent est forcément un peuple livré à la tromperie, à l’escroquerie, aux prédateurs. Et le plus attristant dans tout ça, c’est que sur les 40 000 Ivoiriens sous le choc du rêve brisé de l’enrichissement rapide, il y a environ 15 000 militaires notamment des Gendarmes.

Eh oui, nous y sommes. Avec les militaires, la Côte d’Ivoire expose sa partie la plus infeste. Les zozos de la rébellion du MPCI ont créé ce que les Ivoiriens appellent l’ADO Business. C’est le plus lucratif et qui fait des millionnaires directs en quelques minutes. Le principe de l’ADO Business est simple. On n’investit rien.  On s’organise en bande armée, on s’attrape quelques fusils mitrailleurs, on arrache des véhicules à la population, on barre des routes, on exige des millions assorti d’une astreinte journalière. Premier jour, 5 millions de francs CFA par gueule. Deuxième jour, 12 millions par gueule. Avant le troisième jour, Dramane Ouattara a donné l’ordre au Trésor de puiser dans les caisses de l’Etat pour payer des bandits armés qui lui servent d’armée. Oui, c’est son armée.

Il les a recrutés dans les prisons et parmi la pourriture de la sous-région. C’est grâce à eux qu’il a pu créer le désordre en Côte d’Ivoire, bénéficier de la complicité de la France et perpétrer environ 20 années de crimes humains et économiques. Et ça marche très fort actuellement l’ADO Business. Entre 12 et 17 millions de FCFA par rebelle pour l’instant, demain nous réservera de bien plus belles surprises.

Mais c’est la Côte d’Ivoire qui a été annoncée comme devant étonner le monde entier. C’est la Côte d’Ivoire des pourris, des véreux, des voleurs, des faussaires, des égorgeurs d’enfants, des crimes rituels, des contre-valeurs et des contre-modèles. La Côte d’Ivoire dans laquelle le Caporal donne des ordres au général et s’il n’exécute pas, il le passe à tabac, et puis, ça ne va pas quelque part. Mais c’est la Côte d’Ivoire rêvée par les Sénoufos, les Malinkés, les Koyaka, les Maouka, bref, la Côte d’Ivoire des gens du Nord, ceux qui ont livré le pays à un faussaire Burkinabè juste parce qu’il leur a promis un rattrapage ethnique.

Le rattrapage, nous y sommes. Tous les postes de décision dans l’administration ivoirienne leur sont dévolus. Leurs enfants s’organisent en bande armée appelée les « microbes ». Ils organisent des battues, tuent tous ceux qu’ils croisent sur leur chemin, rapportent le butin à la maison. Et la famille est fière d’eux. C’est donc la bonne Côte d’Ivoire, celle de l’émergence voulue et défendue par la France, qui comme un microbe, aime aussi bien faire affaire dans les milieux qu’elle a su rendre malsains.

Mais les Ivoiriens sont forts. Ils ne désespèrent pas. Ils croient au miracle. Ils ont cru au miracle de l’Agro Business. Ils croient encore pour certains, au miracle de l’ADO Business. Pourquoi ne croiront-ils pas au Gnamien Business, le Business réalisé directement avec Dieu à travers ceux qui se font appeler les Ministres de Dieu donc, membres du Gouvernement céleste mais sur terre ? Pauvre d’un peuple sans repère !

Je suis tenté d’écrire, « dis-moi comment se portent ton Eglise et je te dirai qui est ton dieu ». N’est-il pas écrit qu’on ne peut servir 2 dieux à la fois, qu’on ne peut servir Mamom le dieu argent, et Dieu, le Véritable, Créateur des Cieux et de la Terre ? N’est-il pas écrit que notre Royaume n’est pas de ce monde, mais qu’il faut demander premièrement le Royaume des Cieux et le reste nous sera donné en surplus ?

Mais que non ! Les Ivoiriens ont redéfini les priorités de Dieu. Il y a d’abord la richesse terrestre parce que le Bishop, l’Archi-bishop, le Pasteur et le Prophète ont proclamé qu’avec Dieu c’est une affaire de placement d’argent. Tu récolte en fonction de ce que tu donnes au ministre de Dieu. Donc il faut donner à l’homme de Dieu et tu recevras en abondance. La veuve et l’orphelin, qu’ils aillent voir le démon de la mort. C’est lui le responsable de leur malheur.

Mais l’homme de Dieu, il lui faut une nouvelle voiture, une résidence dans un quartier résidentiel. Maman Pasteur avec sa peau noire devenue presque blanche et qui transpire à grosses goûtes parce qu’elle s’est décapée la peau et a surtout grossi grâce aux dons des pauvres fidèles, doit avoir une garde-robe sans reproche.

Les enfants du Pasteur doivent aller dans les écoles de référence. Tout ça coûte cher. Or l’homme de Dieu est le sacrificateur, le Lévite qui doit recevoir et présenter les cas individuels à Dieu. Du coût, le Sacrifice expiatoire de Jésus, eh bien, c’était pour l’Histoire de l’Eglise.

Le culte de la prospérité, le chantage biblique basé sur des textes sortis de leurs contextes dans l’Ancien Testament, la mendicité, sont entre autres pratiques qui dénaturent la perception morale de l’Ivoirien et l’expose à la facilité, au gain facile, aux prédateurs des quatre vents et font de lui, un homme envieux, adepte de la convoitise et de la folie des grandeurs, un hors-la-loi, un profiteur, un brouteur, un voleur, parce que même ceux qui sont censés incarner la Morale chrétienne sont les démarcheurs des arnaqueurs, les promoteurs des systèmes pyramidaux, les champions en extorsion de fonds, en mauvaise gestion de biens communautaires.

Oui, elles sont hors-la-loi, parce que les Eglises créent de plus en plus de malaise social, méprisant les lois sur la nuisance sonore, troublant la tranquillité des enfants qui veulent étudier les soirs leurs leçons, des malades qui ont besoin de repos et des pères de familles qui veulent réfléchir pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Ainsi va la Côte d’Ivoire « Avec ADO ». Salle, souillée, écartelée entre Agro Business, ADO Business et Gnamien Business.

Que Dieu nous aide à sauver ce pays. Parce que quelque chose doit absolument être faite pour arrêter la descente aux enfers. Et elle sera faite !

A Très Bientôt.

Hassane Magued

La Révolution Permanente

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