Côte d’Ivoire : Ils veulent la paix (Par Philippe KOUHON )

Côte d’Ivoire : Ils veulent la paix (Par Philippe KOUHON )

En me réveillant ce matin, j’ai une pensé particulière pour ces personnalités suivantes, une liste non exhaustive et qui ont décidé de contribuer à la normalisation de la vie socio politique dans notre pays, qui reste encore fragile après plus de 10 ans de crises profondes (coup d’état, rébellion armée, guerre postélectorale…). Ce sont : Henri Konan Bédié, Gervais Coulibaly Delinpelna, Konaté Sidiki, Abel Naki, Pascal Affi Nguessan, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara ect…

Henri Konan Bédié en optant hier à la clôture de la visite d’état du chef de l’état, son soutien à la candidature unique au RHDP avec Alassane Ouattara comme candidat, il vient ici de poser un acte dont beaucoup ignorent encore la portée. Notre pays sort de plusieurs années de crise. Le tissu social fortement dégradé. Les solutions pour une paix durable encore maigres. Dans ces conditions, fallait-il encore créer d’autres conditions d’un retour à la crise avec une nouvelle opposition : RDR/PDCI ? Selon une source proche de Nzuéba, cette décision est motivée par la volonté de Bédié de ne plus tomber dans la guerre des Héritiers comme ce fut le cas en 2000.

Gervais Coulibaly Delinpelna, qui a été à la base du retour de plusieurs pontes de l’ancien régime et qui a entamé le premier, les discussions avec le pouvoir d’Abidjan, est à remercier, non pas pour son courage mais pour son sens d’humanisme et d’homme de paix. En décidant de rester au sein de la nouvelle CEI, il pourrait inévitablement équilibrer la balance et offrir à notre pays, une seconde chance d’avoir des élections transparentes et apaisées.

Konaté Sidiki, est certes N°2 de la rébellion de septembre 2002, mais a depuis, le député de Man et membre du directoire du RDR a mis beaucoup d’eau dans son vin. Alors que certaines personnes proches du pouvoir continuent de vilipender l’ancien régime, Konaté Sidiki lui préfère se consacrer à sa nouvelle mission a lui confiée par le président de la république. Entre la Mecque, les mosquées nationales, les funérailles, les rencontres avec les syndicats et autres réunions du parti, l’ex pensionnaire de la FESCI, qui s’est un moment exilé en Allemagne sait d’où il vient. Et même si son livre « cahier d’un combat » est toujours attendu, il faut noter que Sidiki porte désormais un vrai costume d’homme d’Etat.

Abel Naki, lui vient de rentrer dans son pays pour dit-il contribuer à la réconciliation. Un message fort qui devrait faire réfléchir tous ceux qui ont opté pour l’extrémisme à travers l’Europe. Car Abel Naki n’a pas été que cité par le ministre de l’intérieur ivoirien dans l’attaque du camp d’Akouédo. C’est bel et bien un vrai activiste pro-Gbagbo non négociable. Un extrémiste qui avait décidé de défendre ce qu’il considère comme une cause juste et noble : la libération de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques. Lui aussi vient de faire profil bas, au nom de la cohésion sociale à un an des élections présidentielles en Côte d’ivoire.

Pascal AffI Nguessan n’est rien d’autre qu’un incompris au sein du FPI. Malgré sa vision d’homme modéré, stratégie pour garantir une paix durable dans notre pays, il est combattu par certains adeptes du « no Gbagbo, no peace ». Mais jusqu’où ira-t-il pour convaincre ses camarades de ce que la politique de la chaise vide ne peut profiter sans risque de fragiliser le parti de Laurent Gbagbo, lui-même encore dans les mailles de la justice internationale et dont le sort ne serait pas connu avant 2020.

Laurent Gbagbo a certainement écris un livre depuis sa cellule de prison de Scheveningen, il n’a jamais été un extrémiste. Encore moins un anti paix. On se souvient de sa petite phrase du Golf Hôtel : « La belligérance est terminée. Faisons maintenant place à un règlement civil et politique de la crise ». C’est encore lui qui disait : « Asseyons nous et discutons ». Enfin, malgré sa détention et toute l’humiliation subie, Laurent Gbagbo est resté lui-même : Un homme courtois avec ses amis et ennemis. Jamais, il n’a donné de mot d’ordre qui irait contre la réconciliation en Côte d’ivoire.

Alassane Ouattara, a pris le pouvoir certes par la force et surtout avec le soutien de la France, mais est resté humble. Il connait les défis à relever après plus de 10 ans de crise. Economiste et Homme d’Affaire, Alassane Ouattara est aussi un fin politique. Sa trajectoire qui l’a amené au sommet de l’Etat aujourd’hui en dit long sur la capacité de l’homme à se maitriser. Au plan national, beaucoup de choses ont été faites depuis qu’il est là. Surtout en matière de sécurité. Enfin, sa longue main tendue à l’opposition devrait être saisie rapidement pour un retour à la normalisation de la vie politique en Côte d’Ivoire.

Dans notre prochaine publication nous reviendrons sur ces personnalités, ennemis de la paix en Côte d’Ivoire.

Philippe KOUHON (AFRICA TV)

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2 comments

  1. La recherche de la paix est l’affaire du gouvernement. Nous avons vu les efforts fournis par le président GBAGBO et son gouvernement pour la paix en Côte d’Ivoire de 2002 à 2010. Le désarmement qui est la seule contrepartie de l’opposition en son temps n’a pas été fait.
    Que fait le gouvernement OUATTARA aujourd’hui ? Il demande à son opposition de rechercher la paix. C’est cela que soutient M. KOUHON. C’est dommage.

    • A écouter ce monsieur très très modéré , il nous faut tout simplement faire l’économie de cette élection et reverser largent économisé pour construire des logements sociaux pour les déguerpis de ce pays. On a plus besoin d’élection pour raison de guerre.

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