Côte d’Ivoire: Le Collectif des Travailleurs “Sauvons FRATMAT” (COSAF) dénonce la mort lente de FratMat sous Venance Konan

Côte d’Ivoire: Le Collectif des Travailleurs “Sauvons FRATMAT” (COSAF) dénonce la mort lente de FratMat sous Venance Konan

Des directeurs de départements du groupe Fraternité Matin sont convaincus que si Venance Konan reste à la tête de Fraternité Matin pendant trois mois encore, ils ne sont pas sûrs que cette société survive encore longtemps.

Cette observation est aussi la conviction de la quasi-totalité des travailleurs du groupe. Franchement, l’entreprise Fraternité Matin va mal. Et l’origine de son mal n’est autre que son directeur général. A force de jouer avec la société, Venance Konan a fini par la tuer. Il ne l’a jamais réellement généré. Il navigue à vue avec des slogans du genre : «je veux faire de Fraternité Matin, le plus grand journal de l’Afrique». Il rappelle étrangement un ancien Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire avec ses slogans sans réel programme de travail. La gestion de la rédaction, la gestion financière, la gestion des ressources humaines, la gestion de l’imprimerie, la gestion commerciale. Tout est zéro. Venance a désorganisé toute l’entreprise.

La rédaction, vitrine de l’entreprise, est déboussolée

La rédaction a été complètement désarticulée par le directeur général sur instructions (le mot est juste) de son conseiller spécial, Valentin M’Bougueng, le fils camerounais de l’ex-Président Tunisien, Ben Ali. C’est lui qui est le penseur de tout ce que Venance décide. On reviendra sur ce personnage plus bas. Tout est mélangé actuellement à la rédaction. Venance pousse à la porte les quelques anciens journalistes, garants de la ligne éditoriale du journal. Quand il a été bombardé directeur général de Fraternité en 2011, il a nommé un rédacteur en chef en la personne de Michel Koffi et un directeur du développement des rédactions adjoint (DDRA), en la personne d’Abel Doualy. Et il a fait savoir qu’il cumulait le poste de DG avec celui de directeur du développement des rédactions (DDR) en attendant de trouver quelqu’un pour ce poste.

Un jour, un monsieur a débarqué au journal à bord d’un vieux véhicule 4×4 de couleur bleue, immatriculé au Benin. On a appris qu’il s’appelle Valentin MBougueng. Il serait un journaliste ayant déjà travaillé en Côte d’Ivoire par le passé. Il arrive de France où il se serait établi après la chute du Président tunisien Ben Ali. On apprend qu’il était correspondant du magazine Afrique Asie en Tunisie. Qu’il avait réussi, comme ses compatriotes savent le faire, à entrer dans les bonnes grâces de la Présidence de la République tunisienne grâce à un livre élogieux qu’il avait écrit sur le dictateur. On apprendra aussi plus tard que son épouse est la cousine du directeur général de Fraternité Matin. Bref. Venance le nomme officiellement conseiller spécial. Comme, il camouffle toujours ce qu’il fait, les journalistes se rendent très vite compte que l’étrange journaliste est en réalité le véritable DDR.

Donc hiérarchiquement au-dessus d’Abel Doualy, DDRA. Le directeur général interrogé sur cette bizarrerie, il sort rapidement un morceau d’organigramme dans lequel il met son conseiller juste en dessous du DDRA. Mais, dans la pratique, Mbougueng continue de jouer le rôle de Numero 1 de la rédaction. Ce qui ne manque pas d’intriguer les journalistes, puis de perturber le travail. Alors, pour nettoyer le terrain pour son vrai directeur du développement des rédactions (Valentin Mbougueng), il dégomme successivement le directeur du développement des rédactions adjoint et le rédacteur en chef. Il traite le premier d’incompétent et le second d’ennemi du régime en place. Quelle catastrophe ! On se demande bien s’il s’agit vraiment de ces deux journalistes. Aujourd’hui ils sont hors de la rédaction.

Michel Koffi est chargé de lecture au département édition et Abel Doualy est expédié au poste de chef de service chargé de la formation. Aujourd’hui la rédaction est entièrement dans les mains d’un nouveau venu dans ce journal hautement stratégique pour le gouvernement. Valentin MBougueng. Il y fait la pluie et le beau temps. Le dernier cafouillage qu’il vient d’ordonner au directeur général, c’est une rotation des chefs de service en vue «d’une meilleure efficacité ». La spécialisation des journalistes, ils s’en foutent. Ils disent que c’est le patron du journal Le Monde qui leur a conseillé cela. Ce fait a eu pour effet immédiat de perturber considérablement le travail de l’ensemble des journalistes. C’est la démobilisation. Ceux-ci ne comprennent rien à la logique de Venance et de son directeur des rédactions. Il n’y a plus de repères à la rédaction. Tout vient du «tout puissant M’Bougueng». Dans les autres administrations, sachez que le directeur général a dégommé en l’espace de deux jours le directeur financier et le directeur commercial, il y a une dizaine de jours. Aux dernières nouvelles, le dernier cité résisterait parce qu’il n’a pas reçu de document écrit.

Famille, copinage, sexe.

Les trois critères principaux de compétence selon Venance Konan, ce sont les relations familiales, le copinage, et les fesses.

Quelques faits qui illustrent cette tendance :

Il a nommé, le vendredi 14 mars 2014 au poste de directeur commercial, la cousine de sa nouvelle épouse, par ailleurs ancienne amie de son ex-épouse. Alors qu’elle n’a aucune expérience dans le domaine. Ce qu’on sait d’elle, c’est qu’elle a été journaliste au groupe Fraternité Matin jusqu’en 2000. Grande militante du Fpi, elle a été nommée chef de cabinet du maire de Cocody, à l’arrivée des refondateurs au pouvoir d’Etat. Il y a deux mois, Venance Konan a fait un mouvement incompréhensible dans l’administration juste pour nommer sa nièce au poste de chef du service Avis et communiqués. Cette dernière est arrivée dans l’entreprise en même temps que lui en 2011 comme secrétaire. Il a créé un poste de secrétaire de rédaction qu’il a réservé pour une de ses maîtresses qu’il a faire venir dans l’entreprise, il y a quelques mois. Elle est professeur de musique. Elle n’a aucune expérience en journalisme. Il l’a mise à ce poste réservé aux journalistes d’expérience.

En fait, c’est juste pour justifier le gros salaire qu’il lui a taillé sur mesure. Le comble, c’est l’amuseur public qu’il a mis à la tête de la direction des ressources humaines parce qu’il porte le patronyme DAGRY. Ce jeune homme sans morale serait de la famille de la respectable grande chancelière. Les amis de Venance expliquent que celui-ci l’a placé à ce poste parce qu’il recherche la proximité avec cette haute personnalité en vue de consolider ses soutiens politiques. Depuis que ce curieux Dagry est là, il passe le temps à s’exhiber avec son assistante dans les locaux comme un petit collégien. Normal. Il est à son premier poste dans un service des ressources humaines. A l’inspectorat d’Etat, où il était archiviste, il ne touchait pas grand-chose au niveau salarial. Tenez, il a désormais 2,5 millions de francs par mois. Pendant qu’il y a dans le service un responsable qui est en poste depuis plusieurs années. Ce dernier a été réduit au poste d’adjoint.

Comme si cela ne suffisait pas, Venance Konan est en train de recruter d’autres copains de maquis et de bars. Parmi lesquels deux Français. Quatre au total, ces nouvelles recrues viennent animer un nouveau magazine. Ce sont d’autres gros salaires qui vont grever encore plus les maigres finances de l’entreprise. Remarque importante. Tous ceux que le directeur général fait venir ont des salaires taillés sur mesure, pendant que les travailleurs en place se contentent des miettes.

Gouvernance catastrophique

Pendant qu’il ne cesse de clamer qu’il n’y a pas d’argent, il continue de recruter ses amis à qui il attribue de gros salaires. N’est-ce pas que c’est insensé ? En mars 2013, il a osé tripler le salaire de certains responsables sous le prétexte que les départements étaient transformés en directions. En fait, il s’est agi pour le directeur général d’arranger le salaire de Valentin MBougueng. Les autres n’ont fait que bénéficier «des effets collatéraux» de ce gros cadeau. Les travailleurs n’ont pas digéré ce scandale. Mais leurs complaintes n’ont eu aucun écho auprès du conseil d’administration. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font qu’ils en veulent aux membres de ce conseil d’administration. La gestion de Venance Konan, c’est aussi le décaissement de 90% du montant (116 millions de francs) pour l’implémentation du logiciel de gestion SAP avant même la fin des travaux.

A l’arrivée, la société attributaire du marché de gré à gré, n’a pas achevé le boulot après deux ans. Elle est partie des locaux de Fraternité Matin depuis bientôt un an. Aujourd’hui, il paraît qu’il veut faire porter la faute par le seul chef du département informatique. La gestion de Venance Konan, c’est l’achat d’une vielle rotative d’occasion, défectueuse, à 700 millions de francs au lieu d’une nouvelle. Alors que c’est le Président de la République qui lui a demandé de trouver une rotative parce que la qualité d’impression du journal était mauvaise. Venance seul sait pourquoi il a autorisé son directeur général d’alors à acheter une rotative de deuxième main. Combien de millions de francs ont été engloutis en vain pour la remettre en état. Elle fonctionne au quart des capacités qu’on lui attribuait à son arrivée.

Et Venance n’a pas honte et peur de se rabattre sur l’ancienne et vieille rotative. Il est en train de dépenser de l’argent encore pour essayer de la faire tourner de nouveau. Ces informations de taille ont semble-t-il été cachées au Chef de l’Etat. Celui-ci croit avoir permis à Fraternité Matin de se doter d’une rotative performante. Voilà des centaines de millions de francs jetés par la fenêtre par l’insolite manageur. Les exemples de gaspillage des ressources financières sont nombreux. Il serait fastidieux de les citer tous dans ce texte. Une chose est certaine, les travailleurs commencent à ressentir les difficultés de trésorerie. Les salaires de fin février ont été payés avec beaucoup de difficultés. Maintenant tout le monde retient son souffle pour les mois à venir.

Une économie souterraine à Fraternité Matin

Il n’y a pas de doute. Il y a une économie parallèle actuelle dans le groupe Fraternité Matin. Le patron de cette économie n’est autre que le directeur général lui-même. Celui qui se charge des opérations est le grand dealer Valentin MBougueng. Il a réussi à interférer dans les affaires de la direction commerciales. Il vend lui-même des espaces commerciaux dans le journal sans impliquer véritablement la direction commercial. C’est le cas de la tribune Des grands rendez-vous de Fraternité Matin». Sous le couvert de remises accordées aux annonceurs, il encaisse des sommes sous la table. Il vend des suppléments publicitaires sans saisir la direction commerciale. MBougueng est le seul agent non commercial de Fraternité Matin qui perçoit des commissions sur les publicités. Toutes les anomalies et fraudes commises par Valentin MBougueng le sont avec la bienveillance du directeur général. Il réagit violemment au cours des réunions du comité de direction contre tous ceux qui osent relever ce genre de faits.

Le directeur financier, Yao Arsène, dégommé, la semaine dernière, l’a appris à ses dépens. Lui qui s’est permis de relever qu’il y avait vole au niveau des matières premières à l’imprimerie (papier, encre). Il a découvert un gap de 26 millions de francs qu’il a voulu élucider. Venance lui a fait savoir que ce n’était pas son rôle de faire du contrôle. L’insistance du directeur financier a été fatale pour lui. Il a été relégué au rang de chef du service contrôle de gestion. Et le contrôleur de gestion a été promu à sa place. Comme un jeu ! N’importe quoi ! Le fait est que le directeur général sait de quoi il s’agit. Il y a deal entre lui, le directeur technique (responsable de l’imprimerie) et le fournisseur de papier. C’est ce que le directeur financier semble avoir découvert, selon des informations parvenues de l’entourage de Venance lui-même.

Divisez les travailleurs, l’arme du mauvais manager

La dernière trouvaille de Venance Konan pour conserver ce qu’il croit être son pouvoir à lui, c’est une opération de division des travailleurs. Le premier acte a été de se faire célébrer en janvier par un groupe de délégués du personnel au cours d’une petite fête qu’il a financée. Du jamais vu à Fraternité Matin ! Et depuis, il multiplie les rencontres avec les travailleurs de l’imprimerie pour demander leur soutien dans sa «guerre contre les intellectuels». En fait, il prend cette catégorie de travailleurs pour du bétail à manipuler. Ce qu’il ne sait pas, c’est que ces techniciens et autres ouvriers qu’ils croient être des ignorants, ne sont pas dupes. Ils sentent très bien la menace qu’il fait peser sur leurs emplois. Ils sont au courant qu’ils sont nombreux à être sur la liste de la centaine de personnes qu’il veut licencier pour raison économique. Ils voient bien que depuis que ce directeur général est là, la société a changé négativement. Même l’aspect physique a perdu de sa beauté. Les locaux sont mal entretenus. Le personnel de l’imprimerie constate comme tout le monde que les tirages qui tournaient autour de 25 mille exemplaires par jour en moyenne, ont baissé drastiquement jusqu’à 16 mille…

Valentin MBougueng, le super dealer

Quand il est arrivé à Fraternité Matin, les journalistes qui le connaissaient ont tout de suite fait remarquer que Venance Konan venait de déverser un poison, un déchet toxique dans l’entreprise. Cet homme est un danger, entendait-on de la bouche de ces derniers. Ça n’a pas duré. Derrière son visage d’ange, s’est révélé très rapidement un dangereux intrigant, menteur, délateur et très porté sur l’argent. Franchement celui-là n’est pas venu en Côte d’Ivoire pour regarder la lagune Ebrié. Après avoir réussi à se faire élire numéro 2 de toute l’entreprise par le directeur général, le tout puissant conseiller spécial balade sa silhouette dans toute la maison. Il est plus que jamais très présent dans la rédaction et les pages. Il semble, selon les journalistes, que c’était le but réel de la soi-disante rotation des chefs de services qui vient d’aggraver la désorganisation et la démobilisation à la rédaction.

L’ex-ami du régime Ben Ali vient de réussir quelque chose qu’il recherchait depuis. En effet, après plusieurs tentatives, il a réussi à s’approcher du Président de la République Alassane Ouattara. Du moins ce sera chose faite au prochain voyage du Chef de l’Etat à Bruxelles. C’est lui qui accompagnera le Chef de l’Etat pour cette mission. Ce sera à coup sûr ainsi désormais. Dire que cet homme est un mercenaire de la plume est une vérité de la Palisse On craint qu’il utilise certaines informations des voyages présidentiels à d’autres fins dans le futur? Franchement, avec MBougueng, rien n’est garanti. N’est-il pas le seul journaliste autorisé par Venance Konan à écrire pour d’autres journaux. Il est encore membre actif de la rédaction d’Afrique Asie. D’ailleurs quand il est mis en mission par Fraternité Matin, il y va officiellement avec deux étiquettes. Celles de Fraternité Matin et celle de journaliste d’Afrique Asie.

C’est de cette façon qu’il s’était rendu en Tanzanie en 2011, aux assemblées annuelles du groupe de la Bad après avoir tenté en vain d’évincer le journaliste désigné par le rédacteur en chef pour accompagner le Président de la République. Comme il tenait à partir pour ses propres affaires, le directeur général lui a acheté un billet d’avion et a mis à sa disposition des frais de missions consistantes. Mesdames et messieurs du service de communication de la Présidence de la République, il y a réellement problème avec ce mercenaire de la plume. On vous aurait prévenus. Sauf si vous avez avec lui un projet de livre élogieux sur notre Président comme il l’a fait pour Ben Ali.

La grosse erreur

Les travailleurs de Fraternité Matin sont convaincus que la plus grosse erreur que le gouvernement Alassane Ouattara ait commise, c’est d’avoir nommé, de bonne foi, Venance Konan à la tête de l’un des plus grands groupes de presse de l’Afrique de l’ouest et l’une des plus importantes entreprises de Côte d’Ivoire. Les autorités publiques n’ont tenu compte que de ses quelques apparitions sur les plateaux de télévisions françaises, défendant laborieusement le camp Rhdp pendant la crise post-électorale. Apparemment, ceux qui l’ont récompensé ne connaissent pas sa personnalité. Ils ne savent pas qu’il n’a pas le moindre sens de l’organisation. Ils ne savent pas qu’il est faible d’esprit (ce n’est pas pour l’injurier), facilement manipulable. C’est ce que MBougueng a d’ailleurs compris. Il le manipule à souhait.

Venance est un homme qui ne connaît pas l’ordre. C’est lui qui a provoqué la descente aux enfers du 2e quotidien du groupe Fraternité Matin, Ivoir’soir et s’en est allé à l’Assemblée nationale pour être responsable de la communication. Nommé rédacteur en chef de ce quotidien du soir du groupe Fraternité Matin que ses prédécesseurs avaient placé haut, il avait foutu la m… dans le journal. La rédaction ressemblait plus à un fumoir qu’à des bureaux de journalistes. Le Nom de Venance Konan rime aussi avec le journal Aurore qui n’a pas duré un an. Pour ne pas discréditer ce texte que nous publions pour interpeller les autorités, nous allons, notre corps défendant, ne pas trop insister sur sa vie privée. Mais, il faut que ceux qui ne le savent pas, le sache : cet homme n’est pas un exemple de vie. Renseignez-vous, vous saurez de quoi, nous parlons. Ce n’est pas bon !

Qui est derrière Venance Konan?

Aujourd’hui, tout le monde sait maintenant que Venance est un piètre responsable. Mais, apparemment, rien ne bouge. Les travailleurs de Fraternité Matin ont le sentiment qu’on hésite à l’enlever de la tête de l’entreprise pour des raisons politiques.

Lui aussi, conscient de l’importance de cette protection politique comme seul salut, il ne manque d’aucune astuce pour consolider le parapluie politique. Les démarches vers les autorités issues du Rhdp et les dons d’argent à certains responsables politiques et administratifs seraient courants. Il n’hésite pas à en parler à ses amis. L’homme se vante de bénéficier de la protection indéfectible de Masséré Touré, la nièce du Chef de l’Etat et représentante de la Présidence de la République au conseil d’administration du groupe. Il faut dire qu’il y a à peu près deux ans, il l’avait astucieusement invitée à être témoin dans son mariage scellé de façon expresse avec une journaliste de la radio Onuci Fm. Et depuis, il ne jure que par elle. On parle aussi du ministre actuel de la Communication, Mme Affoussiata Bamba Lamine qui serait un de ces soutiens. Apparemment, le vrai problème de Fraternité Matin, à l’instar de la plupart des entreprises publiques, c’est le conseil d’administration.

La plus grande préoccupation des membres, ce sont leurs jetons de présence aux sessions. Ils sont très laxistes devant les dérapages du directeur général, se contentant, de temps en temps de légères interpellations sans plus. Sinon, comment peut-on comprendre que face à la gestion calamiteuse qui prévaut à Fraternité Matin, ils n’aient jamais proposé au Chef de l’Etat de le remplacer. L’autre problème de la société, c’est que les autorités gouvernementales de tous les temps ne sont promptes à limoger le directeur général que si le journal commet une faute politique. Elles sont moins sensibles à la gouvernance qu’aux titres à la Une. Un directeur général qui veille à ce que le journal publie tous les jours des titres ronflants en faveur du gouvernement ou du parti au pouvoir, est assuré de se maintenir pendant longtemps à la tête de la société malgré sa mauvaise gestion, jusqu’à ce que l’entreprise tombe en faillite.

C’est ce que réussit avec beaucoup de zèle, Venance Konan à travers des éditoriaux qui font sourire ceux qui se souviennent de ses articles, il y a juste quelques années, quand il traitait, tous les jours, le Président Alassane Ouattara de tous les noms. Souffrez que nous ne revenions pas sur les saletés que le grand journaliste écrivait. Si Venance Konan est étonnamment encore à la tête de Fraternité Matin, certains pensent aussi que c’est parce que les autorités du pouvoir ont peut-être peur de lui. Ils craindraient qu’ils se rependent dans les medias étrangers en cas de limogeage.

Lueur d’espoir

Exaspérés par l’immobilisme du conseil d’administration qui ressemble même à de la complicité, les travailleurs préoccupés par la survie de l’entreprise, ont produit un mémorandum relevant de façon responsable les dérapages suicidaires au niveau de la gouvernance. Ce document riche en informations pertinentes a été remis en janvier aux membres du conseil d’administration. Il semble que ce mémorandum a quelque peu réveillé les membres du conseil d’administration. Selon les informations que les travailleurs ont eues, la PCA, Mme Viviane Zunon Kipré a décidé, enfin de prendre les choses en main. En manager expérimenté, elle sait que l’entreprise est en train de partir inévitablement vers sa perte. Il paraît qu’elle veut prendre ses responsabilités. Il faut dire qu’à la dernière réunion du conseil d’administration, elle a été agressée verbalement et humiliée par Venance Konan parce qu’elle a voulu soumettre officiellement le document aux membres. Il l’a accusée avec des mots très durs, d’être celle qui active les syndicats contre sa personne. Cette affaire a surpris plus d’un. Mais depuis que Venance multiplie les décisions désinvoltes et insensées, ceux qui le connaissent bien, disent qu’il est en train de disjoncter. Et que ce n’est pas bon pour l’entreprise.

Menaces sur 300 familles

Sauver le groupe Fraternité Matin comporte des enjeux importants. Ce groupe fait partie des icônes de la Côte d’Ivoire. C’est un outil important de service public qui jusque-là, a su remplir cette mission malgré les différentes crises qui ont traversé le pays. C’est aussi la mémoire du pays. Faites un tour dans les locaux qui abritent les archives. Vous comprendrez cela. Fraternité Matin, ce sont 300 agents. C’est donc avec les vies de 300 familles que Venance joue depuis trois ans. Monsieur le Président de la République, c’est vers vous que les trois cents travailleurs de Fraternité Matin se tournent. Dans ces temps difficiles, ils vous demandent de ne pas laisser Venance Konan les jeter à la rue. Le remplacer à la tête de la société ne sera pas un acte de méchanceté de votre part. Ce sera plutôt le geste qui sauve. Il raconte à chaque fois, depuis un an, que vous le harcelez pour qu’il dégraisse l’effectif. Mais le problème des travailleurs c’est qu’il n’arrête pas d’accroître les charges de l’entreprise à cause des recrutements de gros salaires et des frais de ses nombreux voyages à l’étranger pour sa carrière d’écrivain. Monsieur le Président nous pensons que Venance Konan a été suffisamment récompensé. Il ne faut pas que sa récompense soit le cauchemar d’autres Ivoiriens. Cela fait quand même trois ans qu’il touche au moins 6,5 millions de francs par mois. (Salaire+week-end). C’est vrai que ses amis disent qu’il est dépensier dans la vie de tous les jours. Mais c’est bon comme ça.

Ne laissez pas les travailleurs lancer un débrayage. Effrayés par les risques qu’ils courent, les employés commencent à envisager sérieusement un mouvement de grève. Ils veulent ainsi attirer l’attention des autorités sur les menaces qui pèsent sur le groupe de presse.

LE COLLECTIF DES TRAVAILLEURS SAUVONS FRATMAT (COSAF).

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