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Côte d’Ivoire: Le compte à rebour vers une guerre stupide et coûteuse en vie humaine a commencé

Côte d’Ivoire: Le compte à rebour vers une guerre stupide et coûteuse en vie humaine a commencé

Tout a commencé avant le renversement du régime du Président Gbagbo. A cette époque là les deux groupes ennemis qui gèrent le pouvoir politique administratif et militaire aujourd’hui ont su, avec l’aide de leurs parrains respectifs, mettre balle à terre et taire momentanément leurs divergences pourtant profondes.

Pour rappel, il faut savoir que le groupe de IB dirigé plus tard par Soro Kigbafori Guillaume, a été longtemps opposé à celui de Koné Zakaria, qui en fait jouait le jeu pour le compte de Alassane Dramane Ouattara (c’est lui-même qui l’a affirmé lors d’un meeting à Bouaké). le groupe de Koné Zakaria était en fait piloter dans l’ombre par Hamed Bakayoko, le bras droit incontesté de Ouattara depuis les années 90.

Ceux qui savent remarqueront que la bataille de leadership évoquée plus haut ne s’est pas arrêtée, quoique les têtes de file s’appellent desormais Soro Guillaume et Hamed Bakayoko. Ces deux hommes se connaissent depuis longtemps, au temps des luttes des élèves et étudiants contre les mesures iniques et incohérents du gouvernement Ouattara contre eux. Soro Guillaume militait à la FESCI pendant que Hamed Bakayoko était le chef des loubards qui orchestrèrent une violence inouïe contre les responsables de la FESCI lors des meeting.

De plus, tout le monde sait que le camp de Ouattara était formellement opposé à l’accord de Ouagadougou qui prévoyait entre autre le désarmement des rébelles avant l’organisation d’élections en Côte d’Ivoire. Koné Zakaria, le bras séculier du camp Ouattara et du réseau de la contrebande cacaoyère au sein de la rébellion l’a fait savoir de manière bruyante et a presque réussi à créer une rébellion dans la rébellion. Cette contestation interne a été matée dans le sang par Issiaka Ouattara dit Wattao,  l’homme fort du sytème de sécurité de Soro Guillaume. Les deux hommes ont donc toute raison de ne pas se faire confiance.

Ainsi, même si pour se faire une place au Soleil, certains anciens dirigeants de la mythique FESCI, succombant au plaisir de l’argent de Ouattara, l’ont réjoint pour déstabiliser la Côte d’Ivoire, il n’est pas si sûr qu’ils veuillent pour autant se laisser diriger par Hamed Bakayoko, qu’ils considèrent comme leur véritable bourreau d’hier. Hors c’est ce que la communauté dite internationale semble vouloir leur imposer.

En effet, faisant une erreur d’analyse des luttes d’émancipation en Afrique, les occidentaux ont cru faire baisser les tentions en Côte d’Ivoire en exilant Laurent Gbagbo à La Haye, comme ils le firent avec plusieurs leaders africains “récalcitrants” dont Modibo Kéita (pour ne citer que lui). Mais très vite internet et la liberté d’expression sur plusieurs autres outils de communication les ramena à la raison. Par des voies multiples, les massacres et violations des droits de l’homme dont les hommes de Ouattara (que les même occidentaux ont nourri, entraîné et armé) se font coupables sont dévoilés. Pire ces massacres continuent d’avoir cours et sont tellement atroces que leurs organisations internationales de défense de droit de l’homme se sentent obligées de les dénoncer sans que les hauteurs soient nullement inquiétés. Les seules poursuites engagées au jour d’aujourd’hui sont contre les pro-Gbagbo, ce qui commence sérieusement à agacer certaines personnes, non pas par compassion mais parce qu’elles sont soucieuses de sauver la face.

Il est donc claire que l’impératif du moment c’est que le pouvoir face des sacrifices pour contenter l’opinion. Et pour y aider des rapports télécommandés ont été rédigés. Ils sont contradictoires les uns les autres. Ils ne réposent sur aucune enquête sérieuse, mais ils ont le mérite de désigner des coupables dans le camp Ouattara. Paradoxalement les auteurs désignés, que les crimes aient étés commis aujourd’hui ou pendant la crise postélectorale, sont tous des ex-chefs de guerre des Force Nouvelles de Soro Guillaume. Comme pour dire que Soro lui-même sera inquiété tôt ou tard puisqu’il devra répondre des crimes de la milice dont il était le chef. Les crimes des FRCI de Ouattara sont passés sous silence pour ne pas fâcher Ouattara et sa bande.

Le “remake” du coup d’Etat constitutionnel de 1993 est en marche.

Ce n’est pas le fait d’indexer les coupables du camp de l’un des protagonistes dans la guerre de succession qui choque. Nous estimons que tous ceux qui ont tué les gendarmes de Bouaké et leurs familles doivent “payer” pour leurs crimes ignobles. C’est donc tout à notre aise que nous assistons à la mascarade, pourvue qu’elle aboutisse à mettre sous l’éteignoir les auteurs de ces crimes. Mais nous souhaitons également que ceux des massacres de Nahibly soient eux aussi poursuivis. Ce qui choque en réalité c’est que l’on veut par cette mascarade cacher aux ivoiriens les vraies intentions de tous ces vautours qui tournent autour de la Côte d’Ivoire depuis maintenant 20 ans.

Car ce qui se joue en vérité c’est une guerre de succession violente et silencieuse aux relents de coup d’Etat que se livrent Soro Guillaume et Hamed Bakayoko. Certains soutiennent même que cette guerre serait pilotée par deux loges différentes de franc-maçons. Les soutiens de Soro Guillaume piloteraient en passant par Ouaga, tandis que ceux de Hamed Bakayoko passeraient par Rabat. Nous n’en savons rien et n’en avons aucune preuve (rien que des coïncidences) quoique nous sommes convaincus que les deux protagonistes appartiennent à la secte.

Ce qui est toutefois certain c’est que certaines personnes se sont convaincues de ce que Soro Guillaume ne devrait pas succéder à Ouattara au cas où….. Ces personnes, selons nos sources, préfereraient Hamed Bakayoko. Leur argument est le suivant: Soro était le chef des FN qui ont commis des actes atroces contre la population. En tant que chef, il est donc comptables de tous les crimes que ses hommes ont commis. Il serait hasardeux de laisser le nom d’un tel homme être associé à leurs investissements. Quoique Hamed Bakayoko a participé activement à verser le sang au travers des milices (dont les dozos), à qui on l’a vu distribuer des machettes dans des quartiers précaires d’Abidjan pendant la crise postélectorale, on estime qu’il était beaucoup plus en retrait (c’est à dire pas directement en première ligne comme ce fut le cas de Soro Guillaume).

Vou remarquerez par exemple que les crimes des dozos et autre milices n’ont fait l’objet d’aucune enquête. Ainsi, on évite que Koné Zakaria, le chef connu des milices de dozos, et les autres chefs de milices proches de Hamed Bakayoko ne soient à leur tour nommés pour co-action. D’ailleurs plus fin que Soro, Hamed Bakayoko a pris soin de décharger soigneusement Koné Zakaria, son homme de main, de toutes responsabilités qui le mettraient en première ligne. Espérant qu’en le faisant oublier dans la conscience collective, il serait plus facile d’éviter de le livrer à la Justice.

La bataille entre les deux camps, bien qu’ils s’accordent tour à tour à le nier, fait rage. La première victime a été Charles Blé Goudé que Soro Guillaume a promis de faire libérer. Lorsque Soro s’est rendu compte qu’on allait lui couper l’herbe sous les pieds, il a fait organiser la fuite des fameuses photos humiliantes de Blé Goudé auquelles il a été associées celle de Dibopieu pour masquer un peu le message qu’il voulait faire passer. Son journal “Nord-Sud” a fait un réportage élogieux de l’ancien camarade de lutte lors de son passage rapide au palais de Justice au Plateau. C’est d’ailleurs grâce à cet organe que nous autres avons lu les dernières paroles de gbapè à ses fans. Par la suite, Soro a d’abord réfusé de se faire récenser. Puis il s’est rattrapé sous les conseils de ses conseillers. Pour se laver de la honte, il s’est jeté sur le FPI qu’il a outillé sa presse et tous ceux des pro-Gbagbo qu’il a pu acheter à accuser d’avoir contribué à livrer Charles Blé Goudé, Mais personne n’est dupe pour comprendre que Soro Guillaume venait d’essuyer une défaite cuisante.

Entre temps, son adversaire est devenu plus incisif et plus fin. Il a su trouver de meilleurs conseillers que Soro. Il agit silencieusement mais surement. Il joue avec aisance sur le terrain de Soro à l’Assemblée Nationale où il fait passer des lois au mépris de la réticence de Soro. Tour à tour, il profite des erreurs des hommes de Soro et fait dépouiller Wattao, le seul homme de la garde rapprochée de Soro qui peut organiser la résistance armée et la gagner. Pour arriver à ses fins Hamed Bakayoko aurait utilisé l’arme prisée par leur camp, la corruption (il se dit que plusieurs députés auraient reçu des espèces sonnantes et autres promesses pour faire passer les lois décriées dont celles de la CEI). Il a en plus réussi à debaucher plusieurs proches de Soro. C’est le cas de Konaté Siriki, l’ex numéro 2 du système Soro.

Il nous revient que plusieurs de ses chefs de guerre subiront le même sort que Wattao. D’autres encore seraient déjà entrain de négocier leur ralliement au camp de Hamed Bakayoko. Les plus récalcitrants pourraient connaître le même sort que IB. Toute chose qui contribuerait à affaiblir davantage Soro. Il deviendrait de plus en plus vulnérable et plus facilement liquidable. Or l’homme, qui se fait appeler “Golgota” a la peau dure. A moins qu’il ait accepté de liquider Wattao, son meilleur rempart, pour avoir la paix il est inimaginable de penser que Soro va se laisser tranferer à la CPI. Il se battra et avec lui les plus fidèles de ses chefs militaires. Ses hommes gardent toujours leur force de frappe, en témoigne les échauffourées entre des éléments de la garde républicaine proches de Wattao et des éléments en fonction au camp militaire EGS de Marcory lors du déchargement de Watto de ses responsabilités au CCDO.

Ils ont les armes. Ils ont l’argent. Si on les obligent à avoir le dos au mur, il plongeront la Côte d’Ivoire dans la misère. C’est peut-être inévitable. Chaque camp est allé déjà trop loin.

Charles Yéo

Source: eburnienews.net

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