Côte d’Ivoire : Le kilo de fèves de cacao à 750 F CFA au lieu de 908 F CFA. Koulibaly accuse Ouattara de détourner l’argent du cacao

Côte d’Ivoire : Le kilo de fèves de cacao à 750 F CFA au lieu de 908 F CFA. Koulibaly accuse Ouattara de détourner l’argent du cacao

Mamadou Koulibaly, ancien numéro deux du régime de Laurent Gbagbo, a accusé, dimanche 30 mars, le gouvernement d’Alassane Ouattara d’avoir mis en place un nouveau mécanisme des prix du cacao qui pénalise financièrement les producteurs ivoiriens.

« Le cours du cacao à la bourse de Londres, pour les contrats de mai 2014, est fixé au 26 mars 2014 à 1 875 livres sterling par tonne métrique. Une tonne métrique dans le jargon est égale à 1 000 kilogrammes », explique Mamadou Koulibaly dans un communiqué publié sur le site internet de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), le parti qu’il préside.

Symbole des années fastes, la filière ivoirienne du cacao demeure le moteur du développement économique du pays. Quatre pays africains produisent 70% de la récolte mondiale : le Nigeria, le Cameroun, le Ghana et la Côte d’Ivoire, bien sûr, qui est le premier producteur mondial depuis trente ans. La Côte d’Ivoire (35 % du cacao mondial) n’a cessé de voir augmenter le niveau de ses récoltes.

« Au cours actuel, 1 875 livres sterling font environ 1 478 628,75 F CFA (1 livre sterling vaut environ 788,60 F CFA, NDLR), poursuit l’ex chef du parlement ivoirien. Ce qui fait que le prix du kilo de fèves de cacao à la bourse de Londres serait de 1 478, 62 F CFA. »

Le kilo de fèves de cacao à 750 F CFA au lieu de 908 F CFA

« L’an dernier, selon les dires du gouvernement (…), le prix fixé pour la campagne intermédiaire était de 700 F CFA et le chef de l’Etat (Alassane Ouattara, NDLR) a tenu, a tenu à ce que pour la campagne intermédiaire qui s’ouvre le 1er avril 2014, le prix soit fixé à 750 F CFA », précise Mamadou Koulibaly.

Or, observe M. Koulibaly, « si 60% de ce prix sont pour le producteur, alors ce sont 908 F CFA (au lieu) de 750 F CFA, qui devraient être généreusement accordés au producteur. » En réalité, le gouvernement ne paie au paysan « qu’environ 51% du prix international de sa production » alors qu’il « gagne lui-même dans l’affaire 483 F CFA par kilogramme », déduit l’homme politique et universitaire ivoirien.

 

Cette disposition étonne Mamadou Koulibaly qui ironise : « Belle façon de rendre service aux paysans, quand on voit à quoi cet argent usurpé sert par la suite : convoitises, conflits, haines ».

« Le cacao, qui aurait dû être une bénédiction pour notre pays, devient une malédiction. Notre État vole le paysan. Ce n’est pas moral et les conséquences sont là. Les paysans, sur lesquels repose le succès du pays, comme dit la propagande, en sont aussi les plus pauvres, comme le montre la réalité », s’insurge l’ancien député de Koumassi, quartier au sud d’Abidjan.

« Il faut savoir que ce qui est décrit n’est pas la fixation du prix du cacao, qui dérive normalement de l’offre mondiale et de la demande internationale en la matière, poursuit le président de LIDER. Ce dont on parle ici, en pourcentages, ce sont les clés de répartition par l’Etat de la rente ou du prix international du cacao entre lui-même État (22%), les producteurs (60 %) et les exportateurs (18%) ».

La Côte d’Ivoire, un « Etat criminalisé »

Selon M. Koulibaly, si on peut comprendre les parts des deux derniers qui produisent pour les uns et exportent pour les autres, il n’est pas facile de comprendre pourquoi c’est l’Etat qui partage la rente et pourquoi il s’offre à lui-même 22% du prix extérieur.

« S’agit-il de l’équivalent de la TVA ? Dans ce cas pourquoi, ne prend-il pas 18% au plus ? S’agit t-il d’un impôt sur le bénéfice industriel et commercial des cacaoculteurs ? Dans ce cas, pourquoi le prélever alors sur le prix du marché et non sur le bénéfice du paysan ? S’agit-il d’un impôt foncier, d’une rente foncière que le propriétaire des terres prélève sur ses métayers ou sur ses serfs ? », fait mine de s’interroger l’économiste.

Dans un ton toujours offensif, Mamadou Koulibaly souligne que « le paysan ivoirien est parmi les plus pauvres du monde rural et il est spolié depuis toujours du fruit de son travail. Il est amoral, inefficace et injuste de ne lui verser que la moitié du prix international de son produit ». « Après, on ira chercher le crime économique partout sauf au sein de l’Etat de Côte d’Ivoire officiellement criminalisé. », complète-t-il. « Après, on dira que le crime ne paie pas », lance en écho l’ancien allié de Laurent Gbagbo sur son compte Twitter.

Source: Politico

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