Côte d’Ivoire: Quand la gendarmerie et la police sont désarmées… (Par Jacques Mian d’Anomatuepin)

Côte d’Ivoire: Quand la gendarmerie et la police sont désarmées… (Par Jacques Mian d’Anomatuepin)

J’ai dû déjà l’écrire, mais je ne sais plus où, je ne m’en souviens plus : à mon humble avis, le terrorisme est une guerre sans merci portée sur plusieurs théâtres d’opérations. Les théâtres d’opérations étant notamment tous les lieux où l’adversaire objet d’actes terroristes a des intérêts à exploiter et à défendre. Il se trouve que la France a de multiples intérêts en Côte d’Ivoire. De cette façon, mon pays se retrouve malgré lui dans le collimateur des terroristes. En d’autres termes, les Ivoiriens n’ont pas mangé de raisin vert, mais voilà qu’ils en ont les dents agacées.

Il se trouve que généralement les coups de feu tirés font des dommages collatéraux, pour autant que je sois autorisé à considérer ainsi la mort des jeunes Ivoiriens tombés dimanche dernier sous les balles assassines des hommes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Autrement, je me tromperais dans mon analyse, et je donnerais raison à ceux qui avancent que cet attentat pourrait participer de la stratégie politique des dirigeants actuels de la Côte d’Ivoire…

Au fond, la situation sécuritaire des Ivoiriens est d’un triste à pleurer comme une madeleine. Dans leur pays, depuis mi-avril 2011, il n’y a véritablement de sécurité que pour Ouattara Dramane Alassane, sa famille, ses amis et ses serveurs de thé. Le mode d’accession au pouvoir de ceux-ci, aux antipodes de la démocratie, les a incarcérés dans des transes tellement mortelles qu’ils ont créé le Centre de Coordination des Décisions opérationnelles (CCDO) et les prétendues forces spéciales. Ces deux unités constituent l’élite des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), un bel euphémisme pour désigner les reîtres qui avaient pour chef un certain Soro Guillaume de sinistre réputation, pour ne pas nommer la rébellion qui a, dès septembre 2002, sectionné toutes les caryatides en béton précontraint de la République ivoirienne.

En effet, il est de notoriété publique qu’en Côte d’Ivoire la police et la gendarmerie nationales qui ont été investies, par la loi, de la mission régalienne de sécuriser les populations et leurs biens, sont désarmées depuis que Ouattara Dramane Alassane a été installé au pouvoir par les soins de la «communauté internationale». De fait, dans les commissariats, les ex-pickpockets d’Adjamé et bien d’autres vagabonds analphabètes, pour avoir combattu au sein de la rébellion de Soro Guillaume, sont équipés en armes et munitions, tandis que les policiers professionnels ne sont même pas équipés d’un couteau.

Quand on a les para-commandos de la gendarmerie nationale et leur redoutable unité d’intervention (UIGN) créée pour venir à bout de n’importe quel cas d’insécurité, a-t-on encore besoin de dépenser l’argent du contribuable pour former des forces dites spéciales ? Tout ce que cette escouade a de spécial, c’est qu’elle a été mise en place pour dissuader les opposants de Ouattara Dramane Alassane de tenter quoi que ce soit contre lui. Vous aurez compris que la gendarmerie nationale, naguère corps d’élite des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI), a été également désarmée. Au détriment des Ivoiriens, au profit du pouvoir.

Paul Valery disait : « La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ». Elle s’est éloignée de son sens originel qui est l’art d’administrer les affaires dans la cité. Là réside le drame des peuples.

Tribalisme, mensonge, bluff. Voilà le triptyque qui assure la sécurité des Ivoiriens. Mon œil !

Jacques Mian d’Anomatuepin

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.