Côte d’Ivoire: Voici comment les hommes de Ouattara continuent de piller l’or et le diamant. La DST d’Hamed Bakayoko impliquée

Côte d’Ivoire: Voici comment les hommes de Ouattara continuent de piller l’or et le diamant. La DST d’Hamed Bakayoko impliquée

Dans leur dernier rapport, les experts onusiens chargés de surveiller l’embargo sur les armes et les diamants en Côte d’Ivoire publient des informations accablantes pour les ex-comzones d’Alassane Ouattara. Alors que la majorité des Ivoiriens subit le poids de la misère, Issiaka Ouattara dit «Wattao» et son cousin Morou, notamment, se remplissent indécemment les poches, en s’appuyant sur des ressortissants maliens et burkinabé. Larges extraits.

Seulement sur l’or, Wattao touche une commission de 60 millions de FCFA par mois «Les villes de Bouna, Doropo et Téhini, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, ont été occupées en 2002 par les Forces nouvelles, qui ont exploité les ressources minérales locales, surtout l’or. La ville de Doropo, en particulier compte, les sites d’extraction artisanale illégale de l’or les plus rentables, tandis que d’autres zones productrices d’or sont disséminées dans l’ensemble de la région, plus particulièrement dans les villages de Kalamon, Kinta, Niamoin, Kodo, Danoa et Varalè. La réunification du pays en 2011 n’a pas mis un terme à l’influence qu’exercent les anciens rebelles dans cette région.

Le Groupe a recueilli des informations auprès de multiples sources fiables, indiquant que la chaîne de commandement autorisant l’extraction de l’or artisanale illégale conduit à des membres importants des forces de sécurité de la Côte d’Ivoire à Abidjan. Ces individus ou leurs associés organisent un trafic d’or, y compris la concession de parcelles aux fins de l’exploitation et de la vente d’or.

L’ancien commandant de zone Ouattara Issiaka (alias « Wattao ») a le contrôle de l’extraction artisanale de l’or dans la ville de Doropo, site exploité au titre d’une «concession » par des ressortissants burkinabé. Il en aurait cédé les « droits d’exploitation» pour 25 millions de francs CFA (50 000 dollars), et perçoit en sus des revenus mensuels qui s’élèvent à 60 millions de francs CFA (120 000 dollars).

Dans le département de Bouna, l’extraction artisanale illégale de l’or s’effectue dans plusieurs villages, dont Niandégué. La plupart des sites d’extraction illégale sont exploités par des ressortissants burkinabé, le Burkina Faso étant la destination naturelle du trafic d’or.

Deux itinéraires terrestres principaux sont utilisés pour acheminer l’or illicite jusqu’au Burkina Faso, le premier de Bouna et Doropo, en Côte d ́Ivoire, jusqu’à Galgouli et Gaoua, au Burkina Faso, le second de Bouna à Batié, au Burkina Faso.»

Une entreprise spécialisée dans le BTP et l’import-export sert de machine à blanchir l’argent.

« De multiples sources fiables indiquent qu’un individu dénommé Drissa (dit « le maire ») est le principal acheteur d’or. Ces sources ont confirmé qu’il est le destinataire final de l’or extrait illégalement dans le nord-est de la Côte d’Ivoire et acheminé en contrebande au Burkina-Faso. L’intermédiaire pour ce type de transaction serait le propriétaire d’une entreprise de construction dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, spécialisée dans la construction de bâtiments, les travaux publics et l’import-export. L’entreprise sert également de société écran pour le blanchiment des revenus tirés du trafic d’or. Le Groupe poursuivra ses enquêtes sur les deux individus susmentionnés et fera rapport à ce sujet au Comité. »

Morou Ouattara, le frère de Wattao, aussi impliqué

«Outre «Wattao», dont l’influence sur Doropo est incontestable, l’implication d’autres anciens commandants de zone et d’anciens combattants est également manifeste, notamment celle de l’ancien commandant de zone de Bouna, Morou Ouattara, alias « Atchengué », le frère de Wattao. De concert avec d’autres personnalités dans la région et à Abidjan, ils continuent d’exercer une grande influence économique dans cette ville, en particulier en ce qui concerne tous les aspects touchant à l’extraction artisanale illicite de l’or. »

Le diamant de Séguéla toujours mis en coupe réglée par Wattao, la DST d’Hamed Bakayoko impliquée

« La production artisanale de diamants dans les zones d’extraction de Séguéla et Tortiya se poursuit. Le Groupe a été en mesure de localiser les réseaux commerciaux à Séguéla qui achètent puis exportent illégalement des diamants bruts en passant par les États voisins. Le Groupe est à même de confirmer que les principaux négociants de diamants à Séguéla payent des éléments des FRCI sous le commandement d’un capitaine connu sous le nom de « Delta » et d’un lieutenant Djomane Ayba, deux seconds de l’ancien commandant de zone Wattao, pour être autorisés à faire le commerce des diamants bruts et à les exporter illégalement.

Le Groupe a réuni des éléments de preuve très probants indiquant que les paiements liés à la vente de diamants bruts ivoiriens, qui s’effectuent entièrement en numéraire et ne sont pas enregistrés, continuent d’être utilisés pour apporter un appui aux éléments des FRCI qui sont sous le contrôle de Wattao. En outre, le Groupe craint que les fonds ne servent à acheter des armes et du matériel connexe en violation du régime des sanctions. Le Groupe a rassemblé des informations indiquant qu’une partie de la production de diamants ivoiriens est directement envoyée depuis l’aéroport international d’Abidjan aux centres internationaux qui se livrent au négoce, à la taille et au polissage. Le Groupe demeure particulièrement préoccupé par les pratiques de certains agents de la direction de la surveillance territoriale, que le Groupe a observés, qui escortent des particuliers directement depuis les comptoirs d’enregistrement jusqu’aux avions de transport de passagers, contournant les contrôles de sécurité ou des douanes en contrepartie du versement d’une somme d’argent.

Le Groupe est particulièrement préoccupé par le manque de contrôles ciblant les négociants de diamants bruts qui opèrent sur les marchés de Treichville et Cocody à Abidjan. Le Groupe a directement observé que toute personne peut s’adresser à un négociant de diamants bruts et acheter ceux-ci sans certificat, ce qui constitue une violation de la législation ivoirienne.

Diamants : l’impunité du Malien Sékou Niangadou, pourtant déjà dénoncé par le Groupe d’experts

« Le Groupe a identifié trois Maliens, El Hadj Thiam, Abdoul Kone (alias « Petit Abdoul ») et un dénommé M. Touré (alias « Touré Orange ») qui sont les principaux acheteurs de diamants bruts et financiers des opérations d’extraction à Séguéla. Le Groupe a rassemblé des preuves montrant que les trois principaux acheteurs maliens susmentionnés sont à leur tour financés par un autre acheteur malien, qui ainsi recueille la majeure partie de la produc tion de diamants bruts de Séguéla.

Selon les informations recueillies par le Groupe, les acheteurs maliens susmentionnés opèrent pour le compte d’une autre personne afin de faire croire que le marché des diamants bruts à Séguéla n’est pas contrôlé par un seul individu. Les enquêtes menées par le Groupe ont identifié un Malien qui réside à Séguéla, Sekou Niangadou (alias « Petit Sekou » ou « Sekou Tortiya ») comme étant le principal responsable du financement des activités liées aux diamants à Séguéla. M. Niangadou a déjà été mentionné dans un précédent rapport du Groupe d’experts, sans que cela ait suscité une réponse quelconque des autorités ivoiriennes, y compris après le redéploiement de l’administration de l’État et de la SODEMI à Séguéla en 2011. La carte d’identité de M. Niangadou, qui figurait dans le rapport susmentionné, est également reproduite à l’annexe LIII. »

Un système digne d’une véritable mafia, qui s’étend aux motocyclettes et aux produits agricoles

« Le système mis en place par M. Niangadou est fondé sur trois piliers, dont le principal est la confiance existant entre lui-même et ses collaborateurs et agents de terrain. Le deuxième pilier s’appuie sur la fadenya, qui permet à M. Niangadou de rester constamment informé des activités menées dans le secteur des diamants à Séguéla, y compris lorsqu’un affilié essaye de vendre des diamants en dehors du réseau fermé. Enfin, M. Niangadou est capable de se procurer des espèces grâce à un réseau étendu faisant le commerce de produits de base et au financement assuré par des partenaires extérieurs au Mali et en Guinée. M. Niangadou est le principal importateur de motocyclettes dans le nord de la Côte d’Ivoire et gère plusieurs bureaux de négoce de produits agricoles.

De Séguéla, M. Niangadou se rend en moyenne deux fois par mois au Mali (Bamako), en Guinée (Banankoro, Macenta et Conakry) et au Libéria (Monrovia) pour faire sortir en contrebande des diamants bruts hors de la Côte d’Ivoire. Ce fait a été confirmé par les partenaires commerciaux et agents de M. Niangadou, que le Groupe a rencontrés à Bamako, Banankoro et Macenta.»

Sélectionné par Philippe Brou

Source: Le Nouveau Courrier

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