Coup d’Etat manqué de septembre 2002: Pourquoi ne pas laisser Gbagbo Laurent au pouvoir ? (Par Mouhamadou Soumahoro)

Coup d’Etat manqué de septembre 2002: Pourquoi ne pas laisser Gbagbo Laurent au pouvoir ? (Par Mouhamadou Soumahoro)

Papa Nouveau est mort et ses héritiers prétendent ne pas être au courant d’un quelconque trésor confié à leur père. Guéi n’est plus rien et ne peut les effrayer. Laurent Gbagbo ne veut pas se mêler de cette histoire pour être un jour cité comme complice. Il le dira lui-même au téléphone au Général, « je ne suis pas témoin ». De plus, d’où vient ce trésor composé d’or, de diamant, d’argent liquide ? Est-ce vraiment le butin de Daoukro ou, a-t-il été dévalisé dans les caisses de l’Etat par le Général en fuite ?

Laurent Gbagbo est devenu président. Personne ne voulait de lui. Ce révolutionnaire, habile devant tout auditoire, a su cacher son jeu. Il s’est d’abord mis sous le couvert d’Omar Bongo Odimba. C’est d’ailleurs ce dernier qui le réveille alors qu’il est à Libreville, pour lui dire que les choses ont bougé à Abidjan et lui remet 20 million de FCFA avec un jet privé pour rentrer en Côte d’Ivoire. Gbagbo a appris à se jouer de ses adversaires, non par tactique, mais par prudence et sécurité, puis cela est devenu sa marque de fabrique. Il a vite compris à son arrivée à Abidjan que le coup d’Etat était une opération extérieure. Robert Guéi à Kabakouma obligé de prendre le pouvoir par contrainte parce que les « jeunes gens » avaient son épouse Rose en otage, était un beau discours pour le peuple. Rien ne le gênait. Il a l’adoubé et “pris acte” des événements. Pour l’historien qu’il est, les faits sont là et il faut avancer. Abdourahmane Sangaré, son ami et conseiller personnel, Simone Ehivet son épouse, Boga Doudou, Lida Kouassi, Bahi Tagro et Guy Labertti mettent tout leur réseau en branle. Il faut profiter de l’aubaine historique qui vient de s’ouvrir. Avec l’aide du Cardinal Agré, il va se rapprocher du Général Guéi. Il faut dire que le Prélat ne veut pas que son fils spirituel, Guéi Robert, s’accroche au pouvoir. Plusieurs fois, il lui dira : « Jésus est entré à Jérusalem sous des cris d’acclamation, et c’est la même population qui a demandé sa mort ».Mais Rose Guéi avait commencé à prendre gout au luxe du pouvoir. Le Gruman présidentiel était devenu son taxi. Et les belles boutiques parisiennes et suisses, son marché. Mais dans l’ombre, Akoto Yao et Balla Kéita avaient trouvé le moyen de redorer leur blason. Les 6 ans de pouvoir de Bédié leur avait fait beaucoup de mal.

Henri Konan Bédié attendait sa revanche et son intervention au forum de réconciliation national donnait le ton sure ses ambitions : s’il existait la moindre occasion de revenir au pouvoir de quelque manière que ce soit, il était partant. C’est logiquement qu’il va aller dans le sens de Maman Bomo, qui s’est laissée convaincre par Dominique Nouvian Ouattara. Les deux épouses vont se réconcilier et emmener le vieux de Daoukro à adhérer au projet et surtout, apporter sa part de financement. Bédié et Ouattara se connaissent depuis les années 70 à Washington. Le jeune Ouattara était le protégé HKB. Bédié ne fait aucune difficulté à entériner le plan et surtout qu’à vie, il touchera des dividendes si Ouattara arrive au pouvoir. Mais le vieux à un plan en tête. Il est convaincu que la base de son parti est plus importante et qu’en cas d’élection, c’est lui qui prendrait le pouvoir. Une alliance avec le RDR n’a rien de choquant, Gbagbo avait bien fait un front républicain avec lui ! Qu’est-ce que 40 milliard pour revenir sur le devant de la scène ?

Charles Taylor règne sur le Libéria et ses hommes se permettent des positions avancées en terre ivoirienne. Taylor est gio, la correspondance yacouba du côté libérien. Guéi, en se retirant avec 300 hommes à Kabakouma, est laissé libre par Gbagbo pour protéger les populations et décourager toute intrusion extérieure. Il accepte de participer à l’expédition et c’est lui qui va convaincre Kadhafi d’investir 500 millions de FCFA. Les gisements de diamant de l’ouest à Zouan-Hounien, sont sa priorité.

Le prêtre Patrice Sawadogo (Savadogo) est un prêtre du clergé ivoirien. Avant la cathédrale St Paul d’Abidjan, il était directeur des études au petit séminaire Saint Augustin de Bingerville. En la faveur d’une phrase lâcher par un stagiaire pendant la période sensible de 1999 à 2000 : « les burkinabés sont comme ça, tu leur donnes un bout de terre, ils te réclament ton village. Un jour, un prêtre burkinabé va réclamer le siège d’Abidjan ». Le stagiaire est prié de quitter la Côte d’Ivoire par le Cardinal Agré. Et pour calmer les prêtres étrangers de l’archidiocèse, et contenter le sieur Patrice Sawadogo, il est nommé Secrétaire de l’archevêque cardinal d’Abidjan, Mgr Bernard Agré.

Affi N’guessan est très friand du paraître. Abdourahmane Sangaré ne supporte déjà pas ses interpellations, lui le Ministre des Affaires étrangères. Les choses ne vont pas s’arranger entre les deux hommes lorsque Sangaré, aurait soit disant, égaré une mallette contenant 800 mille euros pendant un séjour à Paris. Affi n’est pas un militant de la première heure. Il a été imposé par le couple Gbagbo. Il faut dire que Affi N’Guessan a des origines controversées. D’aucuns disent qu’il serait de père étranger, certains burkinabé, d’autres malien. Cet ingénieur en technique de communication est né d’une mère d’Akakro qui, était déjà enceinte lors-qu’intervient son union traditionnelle avec feu Ettien Affi de Bouadikro qui va accepter la grossesse, le père biologique étant son ami, le sieur Drissa Yaméogo qui a dû rentrer en Haute Volta pour raison de siège naturel de descendance du Moogo Naba. Descendant donc du souverain voltaique, Affi N’Guessan est donc un fervent défenseur en secret, de la théorie de la réunification des deux volta, cher au Moogo Naba et sa cour. C’est lors de son voyage en Inde en tant que premier ministre qu’Affi a été approché par les lobbies de Ouattara. Se présentant comme des hommes d’Affaires français et des envoyés du souverain pour lui expliquer son rôle auprès du Président Laurent Gbagbo.

Albert Mabri Touakeuse est un médecin. Il rejoint la cause lors de sa visite au Burkina Faso) la demande du Général Guéi. Il est d’abord menacé mais va faire comprendre à ses geôliers qu’il a aussi des ambitions. Son investissement personnel a un dessein : prendre la tête de l’UDPCI, le parti de Robert Guéi. Le parti risque de revenir à Akoto Yao un ancien du PDCI.

Mustapha Chafi est un homme d’affaire mauritanien. Un trafiquant d’arme qui est proches des milieux islamistes. Il est aussi un esclavagiste qui possède plus de 80% des commerces de quartier appelé « boutique mauritanienne », où travaillent dans l’indifférence total, des esclaves ramenés du sahel, à la frontière marocaine. Son intérêt est d’écouler le stock d’armes. Blaise Compaoré fait appel à lui parce qu’il peut vendre à crédit. Mais surtout, Blaise veut garder longtemps le mystère sur son implication. Pour Chafi, il faut que l’attaque soit éclair et que dans les 2 semaines, il soit payé.

Blaise Compaoré est un trafiquant d’arme à la solde de l’Etat français. Son titre de Président du Burkina Faso lui donne un avantage certain sur les renseignements avec sa puissante garde présidentielle lourdement armée. Son entrée dans le conflit est naturelle. Il est à l’origine de la rédaction de la charte du nord. Surtout, le projet de réunification des deux volta mûrit depuis belle lurette par Alassane Ouattara et lui, a là, l’occasion d’être réalisable, sous la bénédiction du Moogo Naba. De plus, la spoliation des terres par l’Etat ivoirien, risque de déstabiliser son pouvoir avec le retour d’émigrés frustrés. L’hébergement et l’entrainement des hommes sur son territoire, ne le gêne point. Il en a l’habitude. C’est chez lui que se fournie les stratèges de Boko haram et de Aqmi. D’ailleurs, cela ne lui coute rien puisque, différents holdups ont eu lieu à différents sièges de la BCEAO dans tout l’UEMOA pour financer la guerre.

Jacques Chirac est à son dernier mandat. Il connait bien Ouattara ce cadre du FMI dont Camdessus dit beaucoup de bien. Mais au sein de son gouvernement, un avocat aux dent longue, est ami personnel du couple Ouattara : Nicolas Sarkozy. Il est en concurrence avec Dominique de Villepin. Sarkozy veut installer Ouattara et De Villepin veut contrôler tout ça par son fiston Guillaume Kigbafori Soro.

Ibrahim Coulibaly est le cerveau militaire de la rébellion. Ce Sergent des FANCI était en poste en 1992 au domicile du Président du Conseil Interministérielle pour le Redressement économique Alassane Dramane Ouattara. Il est très apprécié des enfants et reçoit beaucoup de générosité de son patron. Il se lie alors d’amitié et prend fait et cause pour ADO. Il était présent lors de la fameuse rencontre entre ADO et Yacé Philippe. Oui c’est ce dernier qui, spolier du poste de dauphin du fauteuil présidentiel par le “Vieux” en faveur de Henri Konan Bédié, va faire comprendre à Alassane Dramane Ouattara, la chance historique d’évincer “l’ivrogne de Daoukro”. IB a d’abord à charge de faire un coup d’Etat, et l’intendant Général Palenfo, mis à la retraite par Bédié dès son arrivée, va proposer le Général Gué pour présider la transition. Mai Guéi va tous les trahir avec le “COMPLOT DU CHEVAL BLANC”. IB va perdre beaucoup de ses lieutenants. Désormais il est le GÉNÉRAL 3étoiles IBRAHIM COULIBALY à la tête de 1200 hommes.

Pourquoi ne pas laisser Gbagbo Laurent au pouvoir ?

Le plus grand affront de Laurent Gbagbo a été lors de sa visite privée en France en décembre 2001. Pendant cette visite, l’Etat français s’est permis le luxe héberger le nouveau Président ivoirien en le logeant à la maison des hôtes de prestige. Il est bien traité avec tous les honneurs. Le Grand Orient de France (Président de la plus grande chambre maçonnique au monde) lui rend visite. Il lui expose les prérogatives et la nécessité que Gbagbo face allégeance à la Franc-maçonnerie. Tout président Africain francophone a cette obligation. Refus catégorique du Woody de Mama. Ensuite, il reçoit une délégation de religieux, des prêtres catholiques avec à leur tête le Cardinal Lustiger. Il lui est rappeler des accords qui existent entre l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire et celle de France. Ces accords stipulent que les biens des deux églises sont communes. Il est donc indispensable de ne point réclamer les quelques 8000 milliards de Fcfa qui dorment dans les banques du Vatican. L’homme ne dit rien mais son silence en dit long. Viennent ensuite une forte délégation d’hommes d’affaires français. Parmi eux, un certain Serge Dassault. C’est un milliardaire qui a fait fortune dans la vente d’armes. Il est accompagné de Michelle Alliot Marie, une influente membre du RPR. Le but de la visite est de convaincre le Président ivoirien d’acheter des avions de guerres et des armes. Il est aussi question de du pétrole que Gbagbo veut donner à FOXTROT International, une compagnie américaine, et surtout des ports de San Pedro et d’Abidjan. Un compte bancaire lui est proposé pour les rétro-commissions. Dès lors, Laurent Gbagbo devient méfiant. Alain Toussaint est mis à contribution pour éviter l’empoisonnement de la nourriture présidentielle. Ce jeune Politologue, conseiller du Président, va user de diplomatie pour non seulement contenir son président d’employeur qui commence à s’agacer du non-respect de son statut de président par des « petit blancs », mais pour faire patienter tous les lobbies qui cherchent à avoir un bout du gâteau ivoirien car les cartes de la lagune ébrié étaient redistribuées.

Boga DOUDOU est un homme intègre et droit. Il a réussi à s’imposer comme le vrai homme fort de la république. En charge de la sécurité intérieur, il a à cœur de donner aux policiers tous les moyens pour un service régalien. Il a lourdement équipé la BAE (Brigade anti-émeutes) avec les nouveaux amis angolais. Il va ensuite insuffler au Président le concept de « qui veut la paix, prépare la guerre », donc la nécessité de s’équiper pour faire de la dissuasion.

Il faut aller à l’assaut d’Abidjan. Beaucoup de renseignement sont faux. Gbagbo est parti pour Rome en Italie. Les cibles sont connues. Les taches sont reparties.

Kass, le domicile de Lida Kouassi

Wattao, le domicile de Boga Doudou

Sanogo, le domicile de Guéi

Sherif Ousmane, l’école de gendarmerie

Koné Massemba et les cobayes sont positionnés au camp Agban et Koumassi

Tuo Fozié, le domicile du Général Doué

Abou Fama compose une base arrière à Bouaké, pour maîtriser l’aviation et les bases qui s’y trouvent et prête à descendre sur Abidjan.

Tous les sergents deviennent des commandant et les caporaux, des capitaines. Ce, pour respecter les gradés des FANCI qui ont rejoint la cause, Soumaila Bakayoko et Michel Gueu pour ne citer que ceux-là.

Ibrahim Coulibaly fait croire qu’il reste à Ouagadougou pour diriger depuis son téléphone satellitaire.

Affi N’Guessan est localisé à Yamoussoukro. Mais Lida Kouassi ne comprend pas cette imprudence et désinvolture. Tous savent que l’attaque est imminente et chacun doit être mis à l’abri. Aux environs de 22 heures, Affi quitte Yamoussoukro avec sa garde rapprochée et se retrouve dans la nuit à Azaguié. Seul Lida Kouassi peut justifier pourquoi il maintient que l’hélicoptère a ramené Affi N’Guessan de Yamoussoukro.

Chez Lida Kouassi, une roquette détruit le portail blindé. Les soldats en factions font de la résistance. Mais le Ministre disparaît sous les yeux de Kass et ses hommes. Nul n’arrive à l’attraper pourtant on « l’a bien vu rentrer chez lui » confiera Kass plus tard. Dans leur repli, ils emmènent son épouse.

La garde de Boga Doudou est anéantie dans le déluge de feu. Il ne s’attendait pas à une attaque à l’arme lourde. Son garde du corps personnel lui dit de prendre la fuite pendant qu’il couvre ses arrières. Son épouse se réfugie dans un placard. Boga Doudou franchi la clôture de son voisin en s’égratignant face aux barbelés. Ce qui le retient un tant soit peu. Il se fait mal en tombant. Et le voisin de crier : « il est ici ». Issiaka Ouattara va se charger de lui et l’abattre comme une exécution, avec un gros calibre à canon scié qui explosera la tête du vaillant Ministre de l’Intérieur. Ce qui lui vaudra le respect de tous.

Chez Doué, les gardes sont maîtrisées très rapidement, trop rapidement même. Le Général Chef d’Etat-Major est réfugié dans les toilettes. Tuo Fozié la barbue, à sa vue, perd sa bravoure et se met au garde-à-vous et crie « Mon Général », à la surprise de ses éléments, comme hypnotisé par le personnage. Il laisse les soldats de sa garde l’emmener pour le mettre en lieu sûr. Tuo Fozié deviendra à la suite de cela, la risée de ses compères qui ne manque pas de le lui rappeler souvent en lui criant « mon général » à son passage. Cet épisode sera utilisé contre le Général Doué pour dire qu’il était de mèche avec la rébellion.

Koné Massemba a la plus grande difficulté. Les hommes sous sa responsabilité ne connaissent pas Abidjan. En majorité des maliens et des burkinabés, beaucoup se sont égarés en chemin.
Dans son véhicule de commandement, un blindé qu’il a pris avec tactique de l’attaque du camp commando d’Abobo, IB se balade dans la nuit avec ses hommes. A la lisière de la PISAM, sur la corniche, son frère Sanogo lui remet fièrement le Général Guéi. Il voulait l’emmener avec lui. Il va l’abattre et disparaître dans la nuit abidjanaise.

La résistance s’organise. Les hommes de Bombet, de Detho Letho, d’Abehi et du commandant Kouamé ainsi du capitaine Gnakpa tapissent le terrain et reprennent progressivement le dessus sur les différentes cibles. Ce

Les téléphones satellitaires reçoivent l’appel de Renaut Vignal, l’ambassadeur de France. Il faut se replier. La fuite vers Bouaké est de mise.

AFFI N’Guessan s’empresse d’accuser Guéi de se rendre à la RTI pour faire une déclaration sur les ondes internationales. Ce qui sera repris machinalement sur les ondes d’Etat, lui qui n’est pas sur le terrain.

Lida Kouassi est découvert au petit matin par les éléments de la garde présidentielle qui ratissent le quartier. Le bilan est déjà lourd. Les premiers éléments arrêtés sont des burkinabés barbus et parlant moyennement français. Lida Kouassi fait appelle au 43e BIMA et demande l’aide de la France en application des accords de défense., la Côte d’Ivoire est attaquée par des étrangers Vraisemblablement venu du Burkina Faso. L’ambassadeur Vignal s’oppose, mais vers 17h, le quai d’Orsay donne son accord et le 43e Bataillon Infanterie Militaire des Armées sort pour aller aux devant aux trousses des rebelles barbus. C’est ainsi que ceux-ci abandonnent leur barbe sur ordre d’IB pour éviter à la France de s’ingérer dans le conflit. De Villepin invente alors la partition du pays.

Mais au sein de la rébellion un sérieux problème est à gérer. Personne n’a le courage d’associer son visage à ce terrible pan de l’histoire qui vient d’endeuiller des familles ivoiriennes.

Mouhamadou Soumahoro

Journaliste d’investigation

Generations Africaines Conscientes

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