Crise au FPI: Gbagbo favorable à un congrès extraordinaire?

Crise au FPI: Gbagbo favorable à un congrès extraordinaire?

Selon plusieurs sources mais qui sont dementies par les proches du président Pascal Affi N’guessan, le FPI s’achemine vers la convocation d’un congrès extraordinaire. L’ancien president ivoirien, son fondateur, aurait en effet donne son accord. Mais pour les pro-Affi, la crise est plutot derrière nous.

Qu’est-ce qui se passe exactement au front populaire  ivoirien qui reste toujours confronte à une crise ? Pour les proches du president du parti, rien desormais. Car la crise aurait été entièrement resorbée. Pascal Affi N’guessan, selon eux, a accepté de revenir sur certaines de ses décisions. Notamment celle qui vidait le poste de madame Gbagbo de toute substance.

Affi accepte aussi de revenir sur les déclassements infligés à certains cadres, de même que sur les renvois. Mais il ne verrait toujours pas d’un bon œil le retour de Laurent Akoun qui, lui, se considère encore comme le secrétaire général et porte-parole du FPI. Une conférence de presse est donc prevue, probablement ce samedi, pour annoncer la nouvelle de la fin de la crise. Elle rassemblera autour de la table les médiateurs, la direction et les contestataires. Signe de l’unité retrouvée, les protagonistes devraient évoquer ensemble les prochains defis qui attendent le FPI qui retrouve ainsi son unité.

Selon la meme source, le parti doit le retour de la paix a la mediation conduite par Jean-Baptiste Gnahore, Prefet a la retraite,ancien president du conseil general de Gagnoa et personnalite tres respectee dans le parti. Il est seconde dans sa tache par l’ancien gouverneur de la Beceao Philippe Dacoury-Tabley. Laurent Akoun ne ferait donc pas partie de «l’accord de paix» conclu entre camarades et constituerait, dans ce cas,la principale curiosite de la prochaine sortie du triumvirat.

Mais d’autres sources parlent quant à elles de l’organisation d’un congrès extraordinaire. Selon elles, la médiation est parvenue à un accord. Celle-ci prévoit le statu-quo à la tête et dans les instances du parti. L’accord prévoit également la convocation d’un comité central dans le respect des textes.

En effet, contrairement à ce qui s’est passé ces dernieres semaines, c’est bien le secrétariat général qui devrait convoquer le prochain comité central. Au cours de celui-ci, le principe du congrès extraordinaire du parti sera entériné et devrait avoir lieu dans un delai de trois mois.

Jusque-là à l’écart des polémiques qui sécouent le parti, le président Laurent Gbagbo, le principal fondateur du FPI, aurait donné son accord pour la tenue de ce congrès extraordinaire qui aura pour mission principale de doter le parti de nouveaux dirigeants.

Une short-liste de personnalités susceptibles de prendre la tête du FPI est ainsi clairement evoquée en privé. Cela dit, elle n’exclut pas le retour en force et en grace du président actuel du FPI Pascal Affi. Seule certitude cependant, la prochaine direction du FPI enrégistrera l’entree massive de jeunes. On verra donc bien a qui les prochains jours donneront raison. Entre les pro-Affi qui sont persuadés que la machine du parti va être relancée dans les prochaines heures et les autres qui estiment que seul un congrès extraordinaire va denouer la crise qui sécoue le parti de Laurent Gbagbo.

En attendant, c’est le statu-quo. Pour expliquer a quel point cette crise anesthésie le parti, l’un des collaborateurs du président du FPI expliquait hier que le maire de Cocody Mathias N’goan Aka a procédé au renvoi de tous les agents nommés par son prédécesseur Jean-Baptiste Gomont Diagou. « Le parti est obligé d’assister impuissant devant cette situation parce qu’on a une crise à gérer », fulminait-il.

Plus de 200 personnes sont concernées par ces renvois qui provoquent des polémiques mais dont l’ampleur aurait pu être décuplée avec une déclaration du parti de Laurent Gbagbo qui continue d’avoir pignon sur rue. Le front populaire ivoirien est confronté a une crise majeure depuis que le reaménagement du secrétariat géneéal du parti a provoque une cristallisation autour de l’avenir politique du président Laurent Gbagbo.

Le président du parti qui est soupçonné de vouloir tourner la page Gbagbo entretient un double-discours sur le sujet, se défendant de ne pas réduire son action à multiplier des discours ou on cite Gbagbo. En privé cependant, la plupart de ses collaborateurs évoquent pourtant de manière explicite la nécessite de passer à autre chose parce que le président Gbagbo n’aurait plus la force de lutter.

D’ailleurs dans son interview a Jeune Afrique du 18 juillet dernier, le président du FPI lui-même a qui l’on demandait si la réorganisation du secrétariat général avait pour but de solder l’ère Laurent Gbagbo, a répondu ceci : « il s’agit de repartir sur des bases solides après la crise de 2011. Ce n’est pas facile de redessiner un avenir, cela suscite toujours de grands débats. C’est ce que nous vivons aujourd’hui.»

Sans commentaire.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui

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