Crise au sein des Forces armées du Burkina Faso : « Le résistant » Zida eu raison sur l’Armée

Crise au sein des Forces armées du Burkina Faso : « Le résistant » Zida eu raison sur l’Armée

Çà y est, le chef de l’Etat burkinabè, Michel Kafando a tranché, le jeudi 16 juillet 2015, dans la crise qui oppose le Premier Ministre Yacouba Isaac ZIDA à ses frères d’armes au sens double du terme, le RSP (Régiment de sécurité présidentielle) et l’Armée, en le maintenant à son poste. Il a néanmoins décidé de lui retirer le ministère de la Défense, à son profit.

Dans son adresse à la Nation à cet effet, le Président du Faso justifie ce choix par le fait qu’un chamboulement de l’exécutif à un trimestre des élections couplées, présidentielle et législatives, ne serait pas une judicieuse option. Cela aurait entrainé du même coup un report desdits scrutins. Ce que le chef de l’Etat ne veut pas du tout entendre parler pour deux raisons à notre avis.

La première raison tient sans doute au fait que le président Kafando veut retourner à son repos bien mérité après plusieurs décennies de bons et loyaux services à la Nation, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. La seconde raison tient à un engagement qu’il aurait pris avec le Président François Hollande au cours de son séjour à Paris en juin dernier. Selon la presse bien introduite, le chef de l’Etat burkinabè aurait promis que le scrutin présidentiel se tiendrait à bonne date. Pour un ancien diplomate, un engagement entre responsables de ce niveau de responsabilité à quasiment valeur de serment.

Et pourtant la crise n’est pas terminée…

Faut-il interpréter alors ces mesures comme une solution consensuelle et par conséquent la fin de la crise qui secoue, à intervalle régulier, le Burkina Faso depuis février 2015. Que nenni. Et ce pour deux raisons à notre avis.
Premièrement, selon des sources proches de la négociation menée par la commission des Sages, la haute hiérarchie aurait maintenu sa décision de retrait du Premier Ministre et de l’ensemble des hommes en kaki membres du Gouvernement. C’est dire que les mesures prises par le Président Michel Kafando, le sont en sa qualité de chef suprême des Armées et dans un esprit de préservation de l’intérêt supérieur de la Nation.

Deuxièmement, le maintien du PM, aussi sage soit-il du point de vue de l’agenda politique national, reste au travers de la gorge de ceux (l’Armée) qui avaient marqué leur accord pour qu’il y soit nommé. A présent que ce sont les mêmes qui réclament son départ de ce poste, il aurait fallu également accéder à cette exigence des militaires.

En fait la question qu’il faut se poser maintenant est de savoir à quoi va ressembler à présent la Grande muette ? Car au finish ne serait-ce pas plutôt le « résistant » Zida et ses hommes qui ont remporté la partie de bras de fer ? Peu importe que soit obtenue la tête du Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité, ci-devant numéro deux du régime et matière grise de l’équipe remaniée et dont les accointances avec le MPP (Mouvement du peuple pour le Progrès) étaient de notoriété. Une chose est sûre l’image de la Grande muette, qu’on le veuille ou non, a pris un sérieux coup car dans une institution où la règle d’or inviolable est la discipline, le commun des Burkinabè pourrait s’interroger sur le pouvoir réel de l’Etat major à appliquer ses textes.

En effet, un officier supérieur des forces armées nationales, fut-il Premier Ministre, Ministre de la Défense et ancien chef de l’Etat, peut-il et doit-il faire plier l’institution à qui il doit ce qu’il est ? D’ailleurs le principe de la discipline n’est-il pas de donner l’exemple au sommet afin que la base (la troupe) constate que la sacralité des ordres, de la haute hiérarchie militaire, ne devrait nullement compter pour du beurre, même dans un combat politique. Ne dit-on pas qu’en démocratie les Hommes passent alors que les institutions demeurent.
Souvenons-nous de la fameuse réflexion de Barak Obama en 2010 au Ghana : l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’Hommes forts. Il serait donc surprenant que les choses restent ainsi en l’état car cela ferait date dans les annales de cette institution particulière qu’est l’Armée.

Neya de Gabou

Source: lefaso.net

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