Dans nos langues africaines, “Nous ne sommes pas Noirs. Eux ne sont pas Blancs”

Dans nos langues africaines, “Nous ne sommes pas Noirs. Eux ne sont pas Blancs”

Sénégalais ou “Sulan Galé”?

Ma rencontre avec mon frère Sénégalais dans une parodie de lévitation à Palma en Espagne m’a inspirée une série d’interrogations que je voudrais partager avec vous afin que ce qui savent m’aident à comprendre.

Des “Anciens”, j’ai appris que les premiers hommes sur terre avaient la couleur “Bleu” ou”Galé” en Agni ou en Baoulé.

Le terme Agni “Sulan” ou Baoulé “Sran” veut dire “Homme”. “Sulan Galé” en Agni ou “Sran Galé” en Baoulé veut donc dire “Homme Bleu”.

Le terme Noir attribué à la couleur de notre peau et qui nous a collé à la peau est donc une déformation langagière pour coller à l’une des trois couleurs de base dans nos langues, à savoir le Rouge, le Noir et le Blanc.

C’est dire qu’à l’origine, les Africains ne se considéraient pas comme des Noirs. En tout cas pas dans le sens et la connotation qui est attribuée aujourd’hui à ce terme. La langue évoluant avec le temps il se trouve que le terme “Bleu” ou “Galé” à été “abandonné” et remplacé par “Bilé” en Agni ou “Blé” en Baoulé, qui veut dire “Noir”. Mais il faut savoir que ce terme désigne toujours l’Origine, dans le sens de l’Etre Primordial.

Ne nous laissons pas distraire ou abuser par par tous ces commentaires et documentaires exotiques qui voudraient que les Touaregs soient désignés par le terme “hommes bleus” à cause de la couleur de leur chèche (teinte avec de l’indigo, qui se décolorerait sur la peau).

Vous verrez d’ailleurs que cette couleur est pratiquement adorée par les Sachants de l’Afrique profonde. Vous la retrouver également dans tous les drapeaux des pays d’Afrique connus pour le passé panafricanisme de leur leaders qui se sont battus pour l’indépendance.

Pour la petite histoire, sachez que les Akan et plus particulièrement les Agni et les Baoulé n’ont jamais considéré les gens de couleur plus claire comme étant Blancs. Ils les appellent “Blô Fouô” ou “Blô Fouê”, ce qui se traduit littéralement par “les gens de la neige”. “Blô” étant la neige.

Les “Hommes Bleus”, c’est ainsi qu’on désigne également les premiers habitants des îles Andaman en Inde. On les appelle communément les Jarawas. Se sont des chasseurs-cueilleurs semi-nomades qui ont vécus en isolement total pendant des dizaines de milliers d’années. Leur origine remonterait aux premières migrations humaines parties d’Afrique il y a environ 60.000 ou 70.000 ans.

Sans le dire de façon explicite, le film “Avatar” fait référence à ce peuple des “Hommes Bleus”. Le film va plus loin en expliquant comment la culture et les valeurs traditionnelles de ce peuple “a disparu” au contact d’autres civilisations.

Vous retrouverez dans ce film, le même type parures et ornements que chez les “hommes bleus” Jrawas et chez les Mursi d’Ethiopie, un peuple de grands guerriers venus de la partie soudanaise de l’Egypte antique, cette partie qui donna à l’Egypte ses premiers Pharaons et plus grand chefs de guerre. Sous la poussée dévastatrice des envahisseurs arabes et européens, les Mursi se seraient retranchés dans la partie sud de l’Ethiopie. Ce sont ces Hommes là qui ont infligé plusieurs défaites à l’envahisseur européen et maintenu ce pays indépendant.

Voici en quels termes les rapporteurs de l’expédition Bottego décrivaient les Mursi (alors appelés Murzu), qu’ils avaient eu l’occasion de rencontrer durant leur descente vers le lac Turkana en août 1896:

«Bien qu’elles ne soient pas de nature féroce et qu’elles se montrent moins belliqueuses que les montagnards, ces tribus sauvages ont des tendances détestables et des habitudes bestiales. Leurs guerriers connaissent si bien les bois qu’ils n’ont pas leurs pareils pour tramer des guet-apens… »

Tout y est. Les envahisseurs reconnaissent aux Mursi leur habileté et leur intelligence guerrière. Mais en même temps, ils font tout pour miniser ce savoir. Alors ils sont traités de “sauvages” afin de ne pas rappeler leur défaite face à ces “sauvages”. Vous verrez d’ailleurs que tous les documentaires, très exotiques du reste, tentent de prouver que ces gens ne sont que des sauvages.

En effet, presque tous les documentaires décrivent le Donga, joute à la perche au cours de laquelle les jeunes gens démontrent leur virilité, comme un exemple de la barbarie de ce peuple. Or le Donga n’est qu’une cérémonie de rappel de l’héroïsme des grands guerriers d’une Afrique jadis respectée et redoutée.

En effet, pour développer l’agressivité et façonner agilité et endurance chez les futurs guerriers, les Mursi mettent en scène des combats au bâton. Les participants se dessine sur le corps, à la peinture blanche, des motifs symboliques qui leur assurent la protection de forces surnaturelles. Ce sont ces scènes du Donga que les occidentaux décrivent avec mépris et présentent comme des scènes barbares.

Pour conclure, je voudrais simplement m’interroger si le terme Sénégal donné au fleuve du même nom et qui est utilisé pour désigné les habitants de cette contrée de l’Afrique n’a pas une rélation avec le terme Agni “Sulan Galé” ou Baoulé “Sran Galé”.

J’espère que le professeur Jean-Charles Coovi Gomez, le professeur Boua Tiemelé Ramsès et le linguiste et égyptologue camerounais Dibombari Mbock m’aideront à décoder l’énigme.

Tanoh

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