De Bouaké à la bataille d’Abidjan, la quête d’identité d’un jeune rebelle

De Bouaké à la bataille d’Abidjan, la quête d’identité d’un jeune rebelle

Longtemps considéré comme un étranger dans son pays, Zoumana (son prénom a été changé) Ouattara a choisi de rallier la rébellion pour revendiquer l’identité qu’on lui refusait. À 28 ans, cet originaire de Bouaké, revient sur cette quête identitaire et demande que les victimes de la crise soient véritablement prises en charge.

Avant la crise de 2002, j’étais à Abidjan où je menais mes activités de commerçant. À cette période-là, les choses n’étaient pas vraiment faciles pour nous, les nordistes. Et mon nom, Ouattara, n’arrangeait pas les choses.

Chaque fois qu’il y avait des contrôles d’identité, nous étions raflés comme de vulgaires moins que rien. La situation la plus humiliante, c’était se retrouver avec des amis sudistes ou de l’ouest, et que ces derniers ne soient pas inquiétés alors que nous avions la même pièce d’identité.

S’il y a un cas qui m’a vraiment écœuré, c’est le jour où j’ai dit au gendarme qui me raflait : « Pourquoi tu me rafles ? Cela fait deux fois que vous le faites alors que j’ai mes pièces. »

Il m’a répondu : « Tu es un Ouattara, tu n’es rien d’autre qu’un étranger. »

Lorsque j’ai voulu parler, j’ai été bastonné par ce gendarme.

Au début, je voulais revenir à Abidjan

Quelques jours avant le 19 septembre 2002, je me suis rendu à Bouaké pour rendre visite a ma famille. C’est ainsi que durant mon séjour, un coup d’état manqué a été annoncé à Abidjan et Bouaké est devenue la base arrière de la rébellion.

Au début, je voulais revenir à Abidjan. Mais les échos qui me parvenaient de la capitale n’étaient pas bons. Mon jeune frère, resté a Abidjan, m’a fait savoir qu’il se racontait que j’étais devenu rebelle et que c’était pour cette raison que j’étais allé à Bouaké.

Tous les jeunes nordistes qui essayaient de regagner Abidjan étaient abattus ou disparaissaient. Craignant pour ma vie, j’ai donc décidé de rester définitivement à Bouaké. C’est comme ça que j’ai décidé de rejoindre les rangs de la rébellion, de façon volontaire.

Nous avons été formés et outillés au maniement des armes. Après ça, nous avons mené combat sur combat jusqu’en 2008, où nous avions été démobilisés.

Les armes pour instaurer la paix

Après les élections lorsque l’ex-président Gbagbo n’a pas voulu reconnaître sa défaite, nous avons été obligés de prendre les armes pour instaurer la paix.

Il faut être franc, de 2002 en 2010, j’ai fait beaucoup de combats. Mais celui d’Abidjan, je n’en avais jamais vu de la sorte. À Abidjan, certaines familles étaient terrées chez elle depuis un mois, et ce, sans nourriture.

Parfois, on rencontrait des civils qui disaient être affamés, à la recherche de nourriture. Lorsqu’on leur cédait le passage, à notre grande surprise, ces derniers nous tiraient dessus. Il était quasiment impossible de faire la différence entre un civil et un combattant.

Dans chaque commune, nous nous sommes battus pour faire régner l’ordre. Mais je préfère le dire, ça n’a pas été facile, c’était l’horreur. Je prie vraiment Dieu tous les jours pour ne pas revivre cette situation.

Je souhaite que le président s’occupe des victimes et blessés de guerre

Pour moi, ceux qui parlent d’un match retour, je pense qu’ils ne savent pas ce qu’on appelle la guerre.

Tous ceux qui ont pris part à cette crise avaient leur raison. La mienne était simple. Je voulais une identité. Aujourd’hui, je n’ai plus à me plaindre, mais je souhaite que le président s’occupe des victimes et blessés de guerre.

Parce que si rien n’est fait pour les aider, cela peut engendrer d’autres problématiques et des personnes mal intentionnées pourraient profiter de leur état de faiblesse pour créer quelque chose d’encore plus grave que ce que nous avons vécu.

Propos recueillis par Daouda Coulibaly et Maxence Peniguet

Source: Ivoire Justice

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One comment

  1. Ah ah ah! tu vlais une identité mon œil vaaa
    On t’ a dit que le nom OUATTARA est d’ origine Ivoirien?
    Raconte ta vrai vie, pr te faire cprendre.
    Tu es de parents Burkinabe, né en COTE D’ IVOIRE c’ est ca la vérité.
    Si tu avais été au Sénégal avec le même nom, tu aurais dit la mm chose.
    Recherche d’ identité.
    Ce ki est certain, il y’ aura bel et bien un match retour
    Tu ferais mieux de t’ entraîner chaq jour, pcq l’ armée Française et l’ ONUCI, ne seront pas la, pr faire le sale boulot pr vous.

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