De la fable en plein jour sans gêne et au cœur de l’Elysée

De la fable en plein jour sans gêne et au cœur de l’Elysée

« Les élections d’octobre 2015 seront totalement apaisées, totalement transparentes, totalement ouvertes ; la Côte d’Ivoire veut donner l’exemple, après cette longue crise qu’elle a connue, personne ne sera exclu de candidature… ». Ainsi s’est exprimé le chef de l’Etat ivoirien, à sa sortie d’audience avec le président Français, le mardi 16 juin 2015 à Paris.

Si ces propos, contraires à nos vécus quotidiens en souffrance sur le fil de l’épée, provenaient de la bouche du Professeur Francis Wodié, de madame Madeleine Tchicaya, de Maître Jean Konan Banny ou d’autres illustres personnalités dont monsieur Bernard Blin Dadié, je m’en serais voulu de les avoir écoutés. Bien au contraire, je m’en suis délectée et rendue compte que je ne rêvassais pas. J’ai conforté ma conviction sur le fait que la denrée de prédilection de notre cher président est la parole manipulée. Celle-ci qui se pose comme de la bile enrobée de miel qu’on sert à des gâteux. Mon indignation est d’autant plus grande que ces affirmations, dosées de somnifère, sont débitées par celui-là même dont l’entrée en politique dans notre beau pays sonne le chaos !

De fait, cette entrée en politique a entrainé, l’irrévérence vis-à-vis des institutions de la République, les divisions ethnico-religieuses, la chienlit, le coup d’Etat militaire, la rébellion armée, la guerre et les tueries à tout va. En intellectuelle, pinailler sur des effets produits est de faible pertinence. Mais, en analyser les causes ou les préalables qui les ont produits mérite la justesse de l’exercice. Pour ce faire, j’invite à apprécier cette suite de faits liés, entre eux, pour mieux découvrir le lapsus qui nous a été servi, sur le perron de l’Elysée, dans sa grossièreté frissonnante.

L’éligibilité à la présidence de la République : la base juridique de l’autorisation de la candidature exceptionnelle dont ont bénéficié monsieur Henri Konan Bédié (forclos par l’âge) et monsieur Alassane Ouattara (forclos par ses dossiers d’Etat civil moins convaincants sur ses origines ivoiriennes en plus de s’être prévalu d’une autre nationalité) en 2010, est inspirée et soutenue par la communauté internationale. En effet, s’appuyant sur les dispositions de l’article 48 de la constitution, le président Laurent Gbagbo a pris une décision présidentielle le 5 mai 2005, de façon exceptionnelle et uniquement pour la présidentielle de 2010.

L’article 48 dispose que lorsque les Institutions, l’Indépendance de la République, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République peut user de cet article pour repêcher et rendre éligibles ce type de candidats présentés par les partis politiques signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Même s’il est un truisme d’admettre le contraire, le RDR et son chef clament haut et fort que notre pays a retrouvé sa normalité. Dès lors, l’arrangement politico juridique international ne doit plus être de mise. Ce sont donc des candidats normaux qui doivent être alignés, pour la course au pouvoir, sur la berge constitutionnelle ivoirienne dans sa plus stricte application. Or en l’espèce, ledit article 35 met en noyade, dans les eaux profondes de la constitution ivoirienne, le candidat unique du RDR-RHDP.

Bien d’autres Ivoiriens tombent sous le coup du même article de la loi fondamentale ivoirienne. Ainsi qu’en faisant partie, le ministre Danielle Boni-Claverie, présidente de l’URD l’a reconnu avec fairplay et avec une grandeur d’esprit civique et citoyenne dans sa conférence de presse du jeudi 18 juin 2015. Malgré cela, c’est Alassane Dramane Ouattara, toujours la même épouvante du peuple, qui force la mécanique pour dicter les règles du jeu, comment le comprendre ? En tout cas, l’homme ne coupe pas les cheveux en quatre pour échafauder ces bouées de sauvetage taillées à sa mesure ainsi qu’il suit.

Après le départ forcé du Professeur Francis Wodié de la tête du Conseil Constitutionnel, cette institution cardinale dans l’élection présidentielle est composée, à 100%, par les membres du RDR et contrôlée par le président Alassane Ouattara, candidat de la jurisprudence( ?) De plus, le président de l’institution est issu des rangs des forces nouvelles et membre actif du RDR. Subséquemment, cela ne présage aucune application rigoureuse du droit dans l’arbitrage de la future élection présidentielle.

Si le président-candidat et son gouvernement sont représentés à 90% dans la Commission Electorale Indépendante (CEI), l’opposition significative (CNC, FPI-GBAGBO représentée par le Professeur Aboudramane Sangaré, le MFA original représenté par monsieur Anaky Kobena, le PIT original représenté par le Docteur Aka Ahizi et les candidats déclarés) n’y figurent pas. Les 10% de sièges restants sont occupés par l’opposition d’accompagnement dirigée par des figurants choisis par monsieur Alassane Ouattara pour lui donner, in fine, un vernis d’élu démocratique. L’on note comme faiblesses, dans cette institution, le déséquilibre des représentations ; ce qui viole les dispositions de l’article 33 de la Constitution.

Le mandat de six ans non renouvelable du président de la CEI prendra fin le 25 février 2016 mais, vu les conditions dans lesquelles il a proclamé les résultats du second tour de la présidentielle de 2010 avec son corolaire de 3000 morts, monsieur Youssouf Bakayoko n’est plus la garantie d’une parfaite crédibilité. Aussi, n’est-il pas impérieux d’envisager une solution d’accommodation ? Soit le remplacer, à l’instar du Pr. Paul Yao N’Dré qui a été démis de son poste de Président du Conseil Constitutionnel selon les humeurs d’Alassane Ouattara, alors que son mandat n’était pas encore échu, soit le maintenir à la tête d’une CEI impérativement recomposée et rigoureusement indépendante avec un équilibre de représentativité consensuelle de toutes les parties y compris les candidats déclarés. Dans sa conception originelle, la CEI n’est pas indépendante. Car, sur les 17 membres actuels de la CEI, 14 répondent du pouvoir exécutif et les 3 autres sont des ‘’instruments d’accréditation’’. Dans sa conception politique, elle n’est pas indépendante non plus car, les candidats déclarés ne sont représentés nulle part.

La mise à jour du fichier électoral a été exclusivement à l’initiative du chef de l’Etat sans y associer les partis politiques de l’opposition significative et les candidats déclarés. L’opérateur technique choisi par le chef de l’Etat est Safran Morpho, cette appellation n’est qu’une simple couche de cosmétique passée sur Sagem Sécurité avec son patron Sidi Kagnassi. Il ne faut pas oublier que c’est ce monsieur qui a batifolé avec ce travail de fichier électoral confligène en 2010.

Les sites d’enrôlement sur les listes électorales sont installés dans les zones à forte densité d’électeurs du parti du président-candidat. Dans les autres zones que celui-ci juge ne pas lui être acquises, les agents d’enrôlement et les sites sont des météores. Toute chose pour exclure la plus grande majorité de la population des listes électorales.

Les opposants et les partis politiques qui ont une vision contraire à la candidature unique du chef de l’Etat sortant sont victimes d’ostracisme. Ils sont continuellement embastillés par le pouvoir dont les bras prolongés sont la justice, les forces de l’ordre et les forces non conventionnelles (dozos, millices armées et microbes que RFI assimile aux rebelles).

La consécration de la division des partis politiques, qu’ils soient de l’opposition ou du RHDP au pouvoir est nette. La société civile subit l’épouvante des menaces et des intimidations aussi, s’enferme-t-elle dans un mutisme, un immobilisme et une angoisse craintive au quotidien.

L’indice de sécurité est des plus tristes. Selon un rapport de l’ONU, il existe un 4ème bataillon militaire à Korhogo au sein duquel se trouve une poudrière bien fournie en matériels de guerre où viennent s’approvisionnés les terroristes Boko Haram et les Djihadistes. Le même rapport indique que l’accès à cette poudrière a été empêché plus de 40 fois aux forces de l’ONUCI. L’on comprend dès lors, l’attentat meurtrier de Boko Haram à SIKASSO (Mali) si près de la Côte d’Ivoire. Et, il ne se passe pas de jour sans qu’il n’y ait des enlèvements à domicile et des tueries de personnes dans les quatre coins du pays. L’on est, alors, en droit de s’interroger sur le type de président qu’est Alassane Dramane Ouattara (ADO) et s’il jouit de liens fusionnels avec le peuple ivoirien qu’il est pourtant sensé unir et protéger. Non, Ouattara déteste la Côte d’Ivoire. Or, il prétend l’aimer. Cet amour se manifeste en termes de pillage de ses ressources et Alassane Dramane Ouattara n’a que de la haine pour les Ivoiriens.

• Les média d’Etat sont interdits aux partis d’opposition significatifs, aux candidats déclarés qui reçoivent chaque jour, des menaces de mort, à la CNC et à la société civile. Il en va de même des espaces d’expression pour les meetings, marches…des mêmes entités qui doivent pourtant participer à la construction de la démocratie selon les normes internationales. Le pouvoir qualifie systématiquement des marches ou meetings pacifiques que l’opposition programme d’insurrection et les interdits. A contrario, le parti au pouvoir se donne tous les droits et moyens d’expression en tous lieux et en toutes circonstances.

Comment peut-on comprendre que depuis bientôt 5 années d’exercice du pouvoir par ce régime, des opposants politiques, leurs militants et des citoyens indignés soient en prison sans jugement ? Tout récemment, des Professeurs d’Universités tels que Hubert Oulaye et Sébastien Dano Djédjé ainsi qu’un Cadre du Trésor public, monsieur Justin Koua ont été arrêtés, bastonnés devant épouses et enfants et jetés dans des prisons. Ces lieux de détention sont de commodité vermoulue dans différentes villes du pays. Les motifs invoqués transpirent le non-droit et le terrorisme d’Etat. Les dernières assises au palais de justice contre les opposants ont été aussi lapidaires, iniques qu’elles frisent le ridicule. Par contre, des gens qui ont été jugés et condamnés à des peines allant de cinq à vingt ans d’emprisonnement sont en liberté et se pavanent. Affi N’Guessan Pascal, Marcel Gossio,Tapé Doh Lucien, Henri Amouzou, Angéline Kili, KONE Cheick Oumar… font partie de ces bagnards que le bon vouloir du chef de l’Etat a incorporés à son équipe de campagne.

• A 90%, les hauts emplois civils publics et privés, et militaires sont occupés par les ressortissants d’une seule région de la Côte d’Ivoire, dite favorable au chef de l’Etat. Même dans le contexte des indemnisations au titre de l’ADDR la mafia est célébrée, on y compte des vieillards hommes comme femmes de la même région parce qu’il s’agit de dilapider les deniers publics pour sa tribu. Il n’y a pas meilleure illustration de sa politique de rattrapage qu’Alassane Dramane Ouattara défend à cor et à cri.

• Au titre de l’insécurité ambiante, le président Bédié qui a si bien monnayé son appel controversé de Daoukro et grand sachant de ce qu’il a préparé avec son complice Ouattara (dans les goulags du président-candidat, des complots sont en préparation pour attenter à l’intégrité physique des candidats de poids déclarés), s’apprête à quitter le pays pour de longs mois à Paris. A preuves, il a fait avancer au weekend dernier l’enterrement d’une de ses parentes décédée à Daoukro. Dans le même filon, il a aussi fait convoyer par avion, environ 50 gros paquets d’effets personnels sur Paris. Cette fois-ci, Henri Konan Bédié devance le désordre qui a eu raison de lui en décembre 1999 et qui le hante depuis toujours. C’est le lieu d’attirer l’attention de la Communauté Internationale sur les mesures urgentes et vigoureuses à prendre pour la sécurité des candidats déclarés, ceux de l’opposition, des Leaders de la CNC, de leurs proches et de leurs militants.

• Au titre des pillages des ressources financières de l’Etat, allez-y voir à la Lonaci où les agents n’ont pas encore perçu leur salaire du mois de mai, la CECP/CNCE est une caisse noire de l’Etat au mépris de ses agents qui ne voient guère leurs revenus s’améliorer, la SIR, l’Ansut, l’Aigf et l’Artci, le Conseil Café-Cacao, la Pétroci, l’Agence Nationale de la BCEAO, les Impôts, les Douanes, le Trésor public, le Programme Présidentiel d’Urgence (PPU), le Fonds de jeunesse, les Ports Autonomes,…Quant à la 1ère Dame, à travers son ONG Children Of Africa, toucherait 500 millions par semaine, et tout récemment, le 1er ministre vient de signer un accord de subvention de 1 milliard 800 millions de FCFA, par an, au titre de son Hôpital mère-enfant de Bingerville.
Qu’en conclure ?

Comment Alassane Dramane Ouattara, président du RDR et de la République comprend-t-il la démocratie et le pluralisme politiques ? Et sous quel angle de l’intelligence entend-t-il réunir les conditions consensuelles pour des élections transparentes et ouvertes qui consacreront la paix sociale ? Etant donné que Ouattara se sait rejeter par la majorité des Ivoiriens et incapable de gouverner selon les normes consacrées, il se prépare comme à ses amour à brûler la Côte d’Ivoire avant de partir. Pour moi, tout ce qui précède jure avec les affirmations qui s’assimilent à de la fable du chef de l’Etat. Celui-ci s’illustre comme un prisonnier du tourment de sa soif de se maintenir au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels. Les Droits de l’homme et les Libertés individuelles sont violés au quotidien. Dans cette lancée, l’élection présidentielle de 2015 enfantera une épuration des membres des camps anti-candidature de Ouattara. Elle sera donc plus meurtrière que celle de 2010. Pour éviter cela, la sagesse et la raison commandent qu’on rabatte les cartes, il faut tout remettre à plat. A cet effet, vu que ce régime prospère plus dans le faux, la barbarie, la division et les tueries…et qu’il ne pourra jamais réconcilier les Ivoiriens dans la paix et la sécurité ; vu qu’il se signale comme une bretelle du djihadisme vers la Côte d’Ivoire, il est urgent que la Communauté Internationale, à travers l’ONU, envisage le mécanisme de passation des charges entre le régime actuel et un Conseil d’Etat pour assurer une transition démocratique de 3 à 4 ans dès octobre 2015, à la date de la fin du mandat constitutionnel de ce régime. Mes sondages d’opinion auprès des masses populaires et de certaines franges de la classe des élites le confirment. Je suis porteuse de la voix de ce grand peuple ivoirien qui est dans cette procure à qui la liberté d’expression est confisquée. Le président du MFA, Anaky Kobena, le turbo du RHDP des années d’héroïques combats démocratiques l’a déjà souhaitée pour une durée de 2 ans. La présidente de l’Urd, le ministre Danielle Boni-Claverie vient d’exprimer le même vœu pour une durée de 3 ans. Pour ce faire, il faut que le président du Conseil constitutionnel soit récusé et que cette institution soit mise aux normes ; que la CEI centrale et les CEI locales soient recomposées avec des présidents crédibles ; que les média d’Etat soient ouverts à tous avec des temps d’antenne répartis de façon équitable pour toutes les parties prenantes ; que l’INS remplace l’opérateur technique Safran Morpho dans la confection du fichier électoral ; que la réconciliation des Ivoiriens et des Ivoiriennes soit une réalité ainsi que la libération des prisonniers et le retour sécurisé des exilés ; que le désarmement soit totalement réalisé. Là-dessus, le régime actuel a échoué ; que la sécurisation du processus électoral et l’élection soient confiées aux forces de l’ONUCI appuyées par les militaires français ; que tous les citoyens ivoiriens puissent exercer, sans craintes, sans menaces, leur droit de vote partout sur l’ensemble du Territoire. Enfin, que madame Aïchatou Mindaoudou Souleymane, Représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire soit récusée. Il le faut, expressément, pour sa non crédibilité, son laxisme et son appréciation erronée et partisane des réalités du terrain. Aujourd’hui, les faits donnent raison à ma prescience, quand dans l’une de mes précédentes adresses, j’ai alerté l’opinion sur les affectivités sentimentales et financières qui la mettaient aux crochets de ce régime en place. Elle ne s’en cache plus comme en témoigne son dernier rapport à l’ONU, totalement biaisé et fantaisiste sur la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire. Pour un fonctionnaire international de ce rang et portant le label de l’ONU, de telles attitudes sont nauséeuses et lamentables de sa part !

IL S’AGIT BIEN DE LA FABLE EN PLEIN JOUR SANS GENE ET AU CŒUR DE L’ELYSEE.

Ampliations :

Le Président François Hollande de la République Française

Le Président Barack Obama des USA

Le Président de la République de Russie

Le Président de la République Populaire de Chine

La Grande Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne

Le Premier Ministre du Royaume Uni

Le Président Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud

Son Excellence Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l’ONU

La Présidente en exercice de l’Union Africaine (UA)

Le Président de la CEDEAO

La Présidente du Conseil de Sécurité de l’Union Africaine

Son Excellence Tabo M’Béki Ex-Président de l’Afrique du Sud

Son Excellence Olousegun Obasandjo, Ex-Président du Nigéria

Son Excellence John Kufor, ex-Président du Ghana

Son Excellence IBN Chambas Représentant Spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest

Son Excellence Aïchatou Mindaouda Souleymane (ONUCI)

Les chancelleries étrangères accréditées en Côte d’Ivoire

Les leaders des partis d’opposition

Les Leaders de la CNC

L’Institut National Démocratique (NDI)

Les Organisations de la société civile et de défense des Droits de l’Homme

Le Clergé Catholique

Le Cosim

L’association des Rois et Chefs Traditionnels

Bécan Tiékpa Alice-Rosine

rosinebecantie@gmail.com

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