De La Haye à Abidjan, Bruxelles et Paris que le vuvuzela s’estompe (Par Armand Iré)

De La Haye à Abidjan, Bruxelles et Paris que le vuvuzela s’estompe (Par Armand Iré)

Quand ce que tu as à dire peut être une lueur pour éclairer la lanterne des éloignés du lanterneau politique, il serait criminel de te taire.

De La Haye a Abidjan en passant par Paris et Bruxelles, il est grand temps que cesse le vuvuzela pour qu’on aille à l’essentiel. J’ai annoncé que j’allais parler ce mercredi 22 avril 2015. En tout état de cause et estimant qu’il serait plus utile à la lutte de parler que de me taire, voici mon adresse.
Elle s’articule uniquement autour de la crise au FPI et de ses ramifications.

La crise au FPI a douché les espoirs de plusieurs ivoiriens qui ont placé leur survie dans ce parti précurseur de la démocratie en Cote d’Ivoire. Un parti longtemps avant-gardiste conduit par un homme au charisme rassembleur : Laurent Gbagbo. Le 11 avril 2011, les chars français et onusiens annihilaient pour une durée indéterminée, la détermination des ivoiriens à maintenir les acquis démocratiques et à lutter par tous les moyens contre une aliénation et une perte de souveraineté. Nous venions de perdre une guerre après une victoire dans les urnes. Vaincus, brisés et désespérés nous continuons de subir les désidératas inhumains des vainqueurs internes et externes.

La réorganisation du Front populaire ivoirien-FPI- momentanément décapité par cet uppercut de la France de Sarkozy et de l’Onu a donné du baume au cœur des ivoiriens dans leur majorité. Méthodiquement mais fermement l’équipe reconstituée après le départ pour divergences idéologiques et linéaires de Mamadou Koulibaly, s’opposera au régime d’Abidjan. Boycott des élections locales, mise sur la table des discussions de points préalables comme la libération des prisonniers politiques et une commission électorale indépendante crédible etc…

Cette équipe conduira une offensive diplomatique qui la conduira à l’Elysée et dans plusieurs chancelleries. L’Onuci, la mission de « paix » onusienne établie de manière presque pérenne à Abidjan a été obligée de sortir de sa tour d’ivoire pour entamer des consultations avec le parti de Laurent Gbagbo.

Ce schéma politique a donné des fruits dont les plus visibles ont été la libération de plusieurs détenus politiques dont Pascal Affi N’guessan le président actuel de l’une des factions de ce parti. Aujourd’hui M. Affi N’guessan choisi de régler ses comptes avec ses camarades devant la justice ivoirienne et est celui-là même qui œuvre pour que ceux qui le gène dans sa mainmise sur le parti, croupissent en prison. Lui que le combat des autres a sorti de taule !

Dans ce paysage de l’absurde et du déni, il aurait été conséquent pour plusieurs acteurs politiques ivoiriens se disant proches de Laurent Gbagbo d’interpeller ce président de parti qui d’un coup découvre à la justice ivoirienne des vertus au point que par 6 fois, il dépose son parti au palais de justice. Cet homme doit être excommunié de la gauche ivoirienne et même banni du FPI. Son comportement politique abject est indigne même d’un parti de droite. On se souvient de la crise à l’UMP entre Copé et Fillon.

Ce dernier a menacé à plusieurs reprises de saisir la justice sans franchir le rubicond car il savait qu’en franchissant cette ligne rouge, il signait sa mort politique. M. Affi a signé sa mort politique et tous ceux qui par leurs interventions maladroites tentent de le remettre en selle n’ont rien compris à la volonté de la majorité des ivoiriens et vont aussi signer la leur s’ils n’y prennent garde…

De quelle communauté internationale parle t-on?! Celle qui a coûté des sommes faramineuses au contribuable ivoirien dans la cour effrénée à elle faite par l’administration Gbagbo?! Laurent Gbagbo est allé jusqu’à l’Onu pour implorer le désarmement des rebelles. Claude Guéant alors tout-puissant secrétaire général de l’Elysée à fait le voyage d’Abidjan pour nous a t-on dit rassurer que la France ne s’ingérerait plus dans les affaires internes ivoiriennes et qu’il fallait aller aux élections le plus rapidement possible.

Une chose est limpide comme de l’eau de roche: depuis la mort de Félix Houphouet-Boigny, les ténors du monde ont décidé qu’Allassane Ouattara devait diriger coûte que coûte notre pays même si pour cela il fallait traverser la rivière de sang des ivoiriens et c’est qui a été fait. Laurent Gbagbo ne s’est jamais braqué contre la communauté internationale.

Le 11 avril 2015, lors de la commémoration du triste 11 avril 2011, date du piétinement de la Constitution ivoirienne, des ivoiriens ont réussi à pénétré le Constitutionnel français et à y déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des nombreux morts de la crise ivoirienne. Aucune réaction de nos différents leaders, aucune note d’encouragement, ni de sympathie alors qu’en permettant cela, la France que vous courtisez tant envoie un signal bien visible au pouvoir d’Abidjan. Hé oui ! On a réussi à pénétrer le saint des saint des institutions françaises sans que cela ne vous émeuve, englués que vous êtes dans vos petits calculs.

De La Haye à Abidjan, Bruxelles et Paris que le vuvuzela s’estompe.

Dans cette atmosphère énervante et inquiétante ou le pouvoir ivoirien choisit son opposition, le ministre Charles Blé Goudé, président du Cojep est à sa deuxième intervention sur cette crise. Normal il est un acteur majeur de la vie politique ivoirienne. La seule chose qui me rend perplexe c’est le sens de ses interventions et le comportement de ceux qui les amplifient. Ses déclarations viennent-ils vraiment de Charles Blé Goudé codétenu de Laurent Gbagbo, Gbagboiste certifié et « fier de l’être » ou des individus autour de lui, les lui font endosser pour un agenda qu’ils sont les seuls à maitriser ?

Ulcéré par la charivari orchestré par sa deuxième déclaration sur la crise au FPI qu’il faut être franc et le dire, remet M. Affi en selle, j’accuse. J’accuse trois personnes proches de lui : Mambo Abbé qui selon ses souhaits est pratiquement seul désormais à la barre de la communication du ministre, Patrice Saraka son porte-parole et son amie Hanny Tchelley Etibou.

La communication politique fille de la communication est un vaste champ aux contours immaîtrisables. Comme le dit un philosophe français parlant de communication « ce terme recouvre trop de pratiques, nécessairement disparaitrais, indéfiniment ouvertes et non dénombrables ». Tout le monde s’érige en communicateur autour de nos leaders. Chacun y va de son inculture et de son égo pour faire endosser au chef des actes inopportuns.

Charles Blé Goudé à travers les réactions de ces trois personnes proches de lui après sa dernière prétendue déclaration sur la crise au FPI est apparu aux yeux des observateurs comme un gamin qui trépigne lorsqu’on lui arrache un jouet. Parce que pour une fois, une bonne frange des ivoiriens n’a pas été d’accord avec sa sortie, alors on nous apprend qu’il est brisé et qu’il accuse et qu’il s’effondre et pleure. Non, non et non. Ce n’est pas cette image que j’ai de ce leader et ce trio ne réussira pas à casser l’aura de ce meneur parce qu’il (ce trio) veut faire son show sur les réseaux sociaux et surtout sur facebook.

A titre personnel, je suis dans un train de banlieue lorsque je reçois un appel de M. Mambo Abbé qui me supplie pratiquement de ne pas intervenir dans ce qu’il appelle « mon palabre que j’ai commencé sur facebook ». Mais diantre frère, tu n’as pas à faire palabre sur facebook parce que des proGbagbo contestent la sortie de ton chef et doute du fait que cela vienne vraiment de lui. N’est-ce pas que le doute est d’actualité désormais dans notre camp et que la candidature de Gbagbo à la tête du FPI est banalisée et sa signature soumis à un graphologue parce qu’il est détenu ?

Patrice Saraka lui ira carrément s’en prendre nommément à un cybernaute qui dans la guéguerre entre proAffi et proGbagbo sur les réseaux sociaux a juste cherché à savoir si le courrier venait vraiment du Général de la rue. Ce cybernaute n’indexait nullement le ministre, mais réglait ses comptes à M. Affi et ses suiveurs qui contestent le courrier de Gbagbo. Mais bon ce n’est pas tout le monde qui maitrise les subtilités de la communication et les sorties multiples de M. Saraka ont plus exposé Charles Blé Goudé et nullement contribué à rehausser son image.

Il est grand temps qu’on aille à l’essentiel. Que le vuvuzela inutile s’estompe. On peut communiquer sur nos visites aux détenus de la communauté internationale pour que le monde entier sache qu’ils ne sont pas abandonnés mais il est plus utile d’aller prendre des consignes et ensuite de bosser en silence comme le font plusieurs personnes qui y vont dans un anonymat total et qui œuvrent discrètement à travers divers réseaux pour faire bouger les lignes.

De notre efficacité et de notre capacité à travailler en synergie, en équipe dépend la crédibilité de nos leaders. Que ceux qui vont à La Haye y aillent avec des solutions et en ressortent avec des solutions pour nous sortir de cette situation. La mauvaise communication faite par Mambo, Saraka et Hanny sur la prétendue sortie du ministre Charles Blé Goudé a noyé l’importante rencontre européenne du Cojep qui a eu lieu ces jours-ci à La Haye. C’est ensemble qu’on devient incontournable, seul nul n’est indispensable.

Désormais que notre mot d’ordre et nos actes concourent vers un seul but : 2015 que Ouattara dégage et que les ivoiriens se réconcilient véritablement.

Armand Iré

Journaliste-écrivain

Réfugié politique

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