Débat sur la Constitution: Jean Enoc Bah répond à Docteur Doumbia Major

Débat sur la Constitution: Jean Enoc Bah répond à Docteur Doumbia Major

A mon avis, et ce, après lecture de plusieurs constitutions dont celle des grandes démocraties en l’occurrence la France et les USA, aucune constitution n’est écrite pour être inclusive à tous points de vue. Et le point focal de toutes ces constitutions reste les dispositions relatives à l’éligibilité à la magistrature suprême. Ainsi aux USA, nul, américain ne peut être éligible à la présidence de la République s’il n’est né sur le sol américain.

Quand je reviens en Afrique, la constitution du Burkina Faso stipule en la même disposition constitutionnelle, que ne peut être candidat à la Présidence du Burkina Faso, tout citoyen burkinabé, né de père et de mère Burkinabé eux-mêmes Burkinabè d’origine. Donc textuellement la même formulation que l’article 35 de la constitution Ivoirienne. Pourquoi donc mettre en cause forcément la constitution Ivoirienne et la traiter le plus souvent de constitution haineuse, qui exclut une partie d’ivoiriens à la course présidentielle alors que toutes les constitutions au monde en font autant?

Deuxièmement, dans un pays de forte immigration comme la Côte d’ivoire, où même il n’y a jusque-là pas de politique efficace de contrôle et de suivi de cette immigration, pourquoi des ivoiriens peuvent-ils se plaindre de ce que leur constitution protège exclusivement cette fonction ? Qui peut-il aujourd’hui me citer deux pays au monde où la nationalité s’acquiert par simple déclaration du pétitionnaire, en dehors de la Côte d’ivoire de l’après-guerre de conquête ? Pourquoi au Burkina Faso, seul un burkinabé né de père et de mère eux-mêmes burkinabè d’origine doivent-ils briguer la magistrature suprême alors qu’en Côte d’ivoire cette disposition doit être mise en cause ? Où alors comme le dirait l’autre, la C.I n’a pas de propriétaire et elle ne doit pas en avoir ?

Même en occident aujourd’hui, la politique de lutte contre l’immigration se corse de jour en jour. Mais en Côte d’ivoire, malgré le flux incontrôlé d’immigrants, il est quasi impossible à l’état de mettre en place une réglementation en la matière. Dans quel pays au monde où les citoyens ne sont pas catégorisés en termes de Citoyens d’origine et de nationalité ? Pourquoi des frères ivoiriens veulent ils jouer à la place des ambassadeurs et autres représentations consulaires en matière de défense de leurs compatriotes ?

Toutes ces questions méritent que des réponses soient données. Mais en attendant, je tiens à souligner que mon parti reproche clairement à l’avant-projet de constitution actuelle de consacrer nettement un véritable recul démocratique. A ce 21ème siècle, abrogé la disposition constitutionnelle relative à la limitation d’âge, ouvrir la possibilité au Président de la République de manipuler le pays et ses institutions, refuser de consacrer une véritable séparation des pouvoirs à travers des institutions fortes, n’est rien d’autre que revenir à la monarchie. C’est un déni de démocratie que nul citoyen de notre temps ne peut accepter (…)

Nous y reviendrons.

Jean Enoc Bah

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