Décès de la mère de Laurent Gbagbo: Dépuis Accra, Kadet Bertin fait des révélations «Maman Gado avait pressenti sa fin»

Décès de la mère de Laurent Gbagbo: Dépuis Accra, Kadet Bertin fait des révélations «Maman Gado avait pressenti sa fin»

L’ex-ministre de la Défense puis conseiller spécial du président Laurent Gbagbo pleure dame Gado Marguerite, mère de Gbagbo, décédée le 15 octobre dernier. De son exil au Ghana, Bertin Kadet parle de la vieille ainsi que des rapports de celle-ci avec les exilés politiques. M. Kadet évoque également la question de son retour en Côte d’Ivoire.

Notre Voie : La mère du président Gbagbo, la nonagénaire, Gado Marguerite, est décédée le mercredi 15 octobre 2014 à Yamoussoukro alors qu’on la transferait dans son village à Blouzon (S/P de Ouragahio). Cette mort vous a-telle surpris, vous qui étiez en exil avec elle ? Je précise que Vous êtes toujours en exil au Ghana…

Bertin Kadet : Notre mamie nous a malheureusement quittés, c’est en effet la triste réalité. La mort surprend toujours ses victimes, elle ne prévient jamais. Je suis d’autant plus attristé par cette triste nouvelle que je pense à la situation du Président laurent Gbagbo. Lui qui est généreux et qui a toujours été compatissant à l’égard d’autrui, c’était l’occasion de lui rendre hommage devant la dépouille de sa génitrice. Hélas, trois fois hélas! Rien qu’en pensant au Président Gbagbo, je suis inconsolable devant ce qui semble un grand vide pour moi. Cependant, la vieille Gado s’en est allée en ayant pleinement vécu sa vie ; elle a vécu plus de 90 ans, un âge canonique, et s’est éteinte sur la terre de Côte d’Ivoire, après trois ans d’exil passé au Ghana. Je voudrais humblement m’incliner devant sa mémoire, et je voudrais surtout la remercier d’avoir eu pitié de nous, réfugiés ivoiriens au Ghana car, comment aurions-nous pu faire si elle était décédée dans nos mains à l’étranger ?

Notre Voie : Comment se portaitelle dans cet exil de plus de trois années ?

B.K : Elle se portait très bien, c’est une dame dotée d’une robustesse légendaire, et qui jouit d’une santé physique et morale remarquable. Durant toutes ces années d’exil, elle n’a jamais été un sujet d’inquiétude.

Notre Voie : Bénéficiait-elle de la solidarité des cadres et militants du FPI ou des pro-Gbagbo exilés au Ghana ?

BK : Evidemment, la solidarité des ivoiriens en exil ne lui a jamais fait défaut. Les médecins ivoiriens en exil ont toujours veillé sur sa santé en étant à ses soins, les religieux ivoiriens en exil entretenaient constamment sa foi chrétienne, et en mai dernier, tous les exilés venaient de la couvrir de présents, à l’occasion de la fête des mères. En retour, la vieille Gado les a toujours couverts de ses généreuses bénédictions.

Notre Voie : Est-ce vrai que la mère du Président Gbagbo n’était pas informée pendant longtemps de la détention de son fils à La Haye ?

B.K : Dans mes rapports avec elle, je ne gère pas ce genre d’informations.

Notre Voie : Une mère ne peut cependant rien ignorer de son fils. Quand a-t-elle été informée et comment ?

B.K : Je ne sais pas ce que je dois vous répondre, surtout lorsqu’une vieille personne de près de cent ans réussit à fuir les bombardements et les pillages de sa résidence à Gnaliépa
pour se retrouver en exil à l’étranger.

Notre Voie : Comment a-t-elle réagi ?

B.K : Ce que je peux vous dire, c’est qu’à Accra, la vieille Gado est restée discrète et tranquille chez elle pendant plus de trois ans, sans jamais se plaindre de quoi que ce soit. Mieux, elle priait quotidiennement pour les ivoiriens et pour son pays, la Côte d’Ivoire. Lorsqu’elle a exprimé le besoin d’y retourner, et que son voeu a été exhaussé, elle a rejoint les siens dans l’au-delà sans crier gare et ce, trois jours après son arrivée dans sa famille. C’est comme si elle avait pressenti sa fin proche.elle a donc porté sa croix avec dignité. Je voudrais saluer avec le plus grand respect cette attitude de dignité qui demeure pour nous un enseignement précieux qui surprend souvent les visiteurs non avertis. Maman Gado s’est toujours préoccupée de savoir si ses hôtes ont mangé; elle exige qu’on leur donne à manger et à boire. Chez elle, il y a constamment à manger et à boire. Je voudrais saluer ici la bonté, l’humilité et l’altruisme incarnés en cette dame. En vérité, maman Gado a passé son existence à aimer et à donner, sans jamais rien réclamer en retour. Sa vie est une leçon pour chacun de nous.

Notre Voie : Votre parti, le FPI, traverse depuis plusieurs mois, une crise profonde qui mine la direction du parti. Quelle lecture faitesvous de cette crise ?

B.K : Je ne souhaite pas mélanger les choses. Je veux pleurer maman Gado aujourd’hui. Nous ferons la politique après.

Notre Voie : Envisagez-vous de rentrer au pays à l’instar de certains cadres du FPI qui vivaient en exil ? Quand se fera ce retour ?

B.K : tout dépendra du programme des obsèques de la défunte, et là, ce ne sera pas le cadre du fpi qui va rentrer mais, un « fils » en deuil qui vient pleurer et enterrer « sa mère » comme l’exige la tradition africaine.

Notre Voie : Allez-vous informer le régime Ouattara si vous deviez rentrer ?

B.K : Certainement. Je ne peux pas débarquer en Côte d’Ivoire sans informer ceux qui la dirigent, même si c’est mon pays et que les autorités ivoiriennes ont demandé aux exilés de rentrer. J’ai été un responsable de l’administration publique ivoirienne, et je sais au moins comment les administrations fonctionnent. Pour l’instant j’attends de voir .

Source: Notre Voie

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