Déchets toxiques: Voici l’incroyable film des opérations atypiques de vol aux guichets de deux banques ivoiriennes

Déchets toxiques: Voici l’incroyable film des opérations atypiques de vol aux guichets de deux banques ivoiriennes

Les  faits sous-spécifiés  mettent en évidence des infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux,  à savoir, le faux et usage de faux de détournement de fonds et complicité. Ces faits mettent également en évidence des indices graves et concordants de blanchiment de capitaux et complicité à la charge de Gohourou Ziallo Claude François, Awa N’diaye, Koné Cheick Oumar, Access Bank, aujourd’hui Afriland First Bank et autres.

Des pièces à conviction qui ont permis au juge d’instruction  conformément à l’article 29 de la Loi n°2005-554 du 2 décembre 2005 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux d’ouvrir des poursuites contre les accusés. ‘‘5minutesinfos.net’’ vous conduit au cœur de l’effroyable opération. Détails par détails.

NFRACTION DETECTEES  : blanchiment de capitaux ; personnes en cause : Koné Cheick Oumar, Awa N’diaye, Gohourou Ziallo Claude François, Access Bank (devenue AFRILAND FIRST Bank), Adama Bictogo : Montant en jeu : 4.658.000.000 FCFA. 

Le  puzzle dépiécé

A l’issue d’un accord transactionnel avec  la société  Trafigura, le cabinet anglais LEIGH DAY & CO avait obtenu le transfert de la somme de vingt deux milliards cinq cent millions-22.500.000.000 de francs CFA sur le compte n° 011153217645 86 logé à la SGBCI pour l’indemnisation de vingt neuf mille six cent vingt quatre (29.624) victimes des déchets toxiques déversés par cette société courant année 2006 dans la ville d’Abidjan.

Une association  de victimes dénommée Coordination nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire-Cnvdtci,  demandait et obtenait par décision judicaire, le pouvoir de procéder à la gestion et à la distribution des fonds aux vingt neuf mille six cent vingt quatre (29.624) victimes identifiées.

Pour veiller sur les intérêts de ses clients, le cabinet Leigh Day & Co signait un  protocole de règlement amiable et transactionnel, avec la Cnvdtci afin de mettre en place un processus conjoint de vérification  de l’identité des victimes devant permettre le paiement de celles-ci, par la Cnvdtci. Ce qui permit de dédommager vingt trois mille (23.000) victimes entre le 1er  et le 21 mars 2010 à partir du compte de la SGBCI.

Les paiements ayant été suspendus pendant plus d’une année alors que plus de six mille (6000) n’avaient pas été indemnisées, la SCPA Klemet-Sawadogo-Kouadio, agissant pour le compte du cabinet Leigh Day &Co, a obtenu du président du tribunal de première instance  d’Abidjan, une ordonnance aux fins de saisies conservatoires  sur les comptes éventuels de la Cnvdtci pour rendre indisponibles les fonds pouvant encore s’y trouver et prémunir les clients de Leigh Day & Co contre le risque de détournement de leur dédommagement.

Les recherches effectuées à cet effet permettaient d’identifier  le compte n°000949910501-14, ouvert dans les livres d’ACCESS-BANK (aujourd’hui devenue AFRILAND FIRST Bank) au nom de la Cnvdtci sur lequel ladite structure a fait virer  à partir du compte de la SGBCI la somme de quatre milliards six cent cinquante huit millions  (4.658.000.000) de francs CFA.

L’examen des relevés faisait  apparaître que le compte de la Cnvdtci à ACCESS BANK (AFRILAND FIRST Bank) avait été clôturé, le 23 mai 2011, après avoir été entièrement vidé de la somme de quatre milliards six cent cinquante huit millions (4.658.000.000) de francs CFA au moyen d’importants retraits en espèce effectués par des personnes ne figurant pas sur la liste de victimes.

Nantis de ses informations, les services d’enquêtes de la police économique ont mené des investigations qui ont révélé les faits suivants.

 La Cnvdtci est enregistrée suivant le récépissé de dépôt n°1829/pa/sg/d1, du 1er septembre 2009. L’insertion au journal officiel (J.O.)  est intervenue le 3 novembre 2009, mais avec un récépissé de dépôt n° 829/pa/sg/d1, du 1er septembre 2009, différent de celui produit par la préfecture d’Abidjan.

Ensuite, au mois d’août de la même année, le nommé Gohourou Claude a prétendu avoir fait légaliser à la Mairie de Cocody le procès verbal de l’assemblée générale constitutive de cette association, qui se serait tenue, le 5 février 2009. Les vérifications faites auprès de ladite Mairie, n’ont pas permis de retrouver les traces de l’attestation sur l’honneur n°83410 du 11 août 2009 dans le registre de légalisation de l’état civil.

Enfin, le dossier de ladite association transmis par la Préfecture  d’Abidjan à la direction générale de la police nationale (Direction des renseignements généraux), n’a pas fait l’objet d’instruction. Ses responsables n’ayant pas répondu à l’invitation du service en charge de l’enquête administrative.

Les principaux responsables de l’association identifiés sont : Gohourou Ziallo Claude François, Brou Marie Louise, Guéhi Singnah Honoré, Gabo Richmond Adjé Jean-Claude, Belem Sanoussa, Zérégbé Thierry. A  cette liste s’ajoutent les nommés Agnin Kadio Mathurin et Digbeu Léocadie, pour constituer le bureau exécutif de l’association.

Toutefois, les nommés  Agnin Adjé Jean-Claude, menuisier et Agnin Kadio Mathurin cités comme ayant participé à l’assemblée générale constitutive de l’association, ont soutenu n’avoir jamais participé à une quelconque assemblée générale et n’ont jamais signé  par conséquent aucun procès-verbal.

Aux termes de la première phase de paiement, l’examen des relevés a fait ressortir la somme de huit cents trente millions deux cent trente quatre mille (830.234 000)de francs CFA payée à des personnes qui ne figuraient pas sur la liste des victimes, au moyen de mille cent quarante deux (1 142) chèques  signés par la Cnvdtci en dehors de la procédure de vérification d’identité mise en place.

Interpellée, la Cnvdtci n’est pas parvenue à justifier l’utilisation de cette somme et a préféré, de façon unilatérale mettre fin à sa collaboration avec Leigh Day & Co. Décidant de conduire seule le processus de vérification et de paiement.

Le processus d’indemnisation a d’ailleurs été interrompu sans que six mille six cent vingt quatre (6.624) victimes restantes ne soient payées.

Déconcertantes découvertes

Par exploits en date du 24 mars 2010, de Maître Séka Monney Lucien,  Huissier de justice près la Cour d‘Appel d’Abidjan, la Cnvdtci a ordonné à la SGBCI le virement de la somme de quatre milliards six cent cinquante huit millions (4.658.000.000) de francs CFA, représentant l’indemnisation des six mille six cent vingt quatre (6624) victimes restantes, sur le compte n°A0106 01001 00094910501 14, ouvert d ans les livres d’ACCESS BANK (devenue AFRILAND FIRST Bank) en son nom.

Sur ce compte, ouvert le 22 mars 2010,  soit deux jours avant le virement, monsieur Gohourou Ziallo Claude président de la Cnvdtci et madame Digbeu Léocadie, Trésorier général de ladite association ont donné pour de signature seul ou conjointement à Maître MINTA Daouda Traoré, Avocat à la Cour, leur Conseil.  Ce dernier avait également procuration pour faire des retraits  directement à la Trésorerie de l’association.

Toutefois tous les chèques étaient signés conjointement par Gohourou Ziallo Claude François et Digbeu Léocadie, respectivement président et trésorier  général de la coordination.

Après avoir reçu le 24 mars 2010 les quatre milliards six cent cinquante huit millions (4. 658. 000.000) de francs CFA sur le compte de la Cnvdtci destinés à l’indemnisation des victimes, le nommé Gohourou Claude a émis plusieurs  chèques pour des montants allant de cent millions (100.000.000) de francs CFA à cinq cent millions (500.000.000) de francs CFA, à l’ordre des personnes de professions modestes : mécaniciens, boxeur, menuiser, chauffeur, magasinier, qui se sont faits payer au guichet d’ACCESS BANK (aujourd’hui AFRILAND FIRST Bank) au cours de la période allant du 25 mars au 23 juin 2010 sans que la banque ne s’interroge sur le caractère atypique de ces opérations.

D’incroyables opérations atypiques au guichet d’ACCES BANK aujourd’hui   AFRILAND FIRST Bank

Les bénéficiaires des chèques sont :

N’DRAMAN Aman Jean Serge, né le 11-10- 1972 à Aboisso, Cni n° 990730302137 du 18/7/1999. Celui-ci a retiré, entre le 25 mars et le 7 avril 2010 respectivement :

500.000.000FCFA; 200.000.000FCFA; 300.000.000FCFA; 200.000.000FCFA; 150.000.000FCFA et 350.000.000FCFA soit un total de un  milliard sept cent millions (1.700.000.000) de francs CFA.

AMADOU Ouattara, né le 12-8-1966 à Ouatté S/P de Tanda, chauffeur, domicilié à Angré-cocody. Il a retiré :

300.000.000FCFA; 20.000.000. Soit trois cent vingt millions (320.000.000) de francs CFA.

KAMBIRE Konséo, né en 1979 à Manga, boxeur de nationalité burkinabé, domicilié Plateau-Dokui. Il a fait trois retraits :

472.000.000FCFA; 350.000.000FCFA; 75.000.000FCFA. Soit huit cent quatre vingt dix-sept millions (897.000.000) de francs CFGA.

DIALLO Moctar, né le 29-8-1971 à Grand-Bassam, mécanicien, domicilié à Koumassi Kankankoura cni n°9701306050225 du 30 1er  1997 ; il a encaissé trois chèques:

136.000.000FCFA ; 250.000.000FCFA ; 100.000.000FCFA, soit quatre cent quatre vingt  six  millions (486.000.000) de francs CFA.

LAIKONE Bouréima, né le 3-5-1975 à port-Bouët, chauffeur. Il a retiré un chèque d’un montant de 300.000.000 FCFA-trois cent millions de francs CFA.

MLBA Consulting.

Un chèque de six cent millions de francs CFA-600.000.000dde FCFA,  émis par la Cnvdtci  à l’ordre de cette société appartenant à Adama Bictogo (ce qui lui a valu sa radiation du gouvernement ivoirien dès l’éclatement du scandale, alors qu’il était ministre de Alassane Ouattara. Il est député ivoirien).

Le solde du compte est déficitaire de quarante cinq mille huit cent dix-neuf (45 819) de francs CFA,  à la date du 22 novembre 2011.

Les recherches ont permis de découvrir le compte n°A0106 01001 000951910601 37, ouvert d ans la même banque-ACCESS BANK (devenue AFRILAND FIRST Bank) au nom de dame Awa N’diaye, née le 31-8-1965 à Rufisque-Sénégal, directrice de la société African International Trading (A.I.T), sise au II Plateau-Cocody, naturalisée ivoirienne par décret 2007-808 du31-12-2007, publié au journal officiel n°34 du jeudi  21 août 2008.

Ce compte entretenait une curieuse relation avec celui de la Cnvdtci. En fait, les deux comptes ont été ouverts le même jour, soit le 22 mars 2010. Ensuite, l’adresse postale du premier compte est 21BP1792 Abidjan 21, tandis que celle du second compte  est le 05BP1419 Abidjan05. Mais curieusement, sur les relevés des deux comptes, il est mentionné l’adresse postale de celui de dame Awa N’diaye.

En d’autres termes, le compte de la Cnvdtci, a deux adresses différentes sur le relevé et sur le chéquier délivré par ACCESS BANK (devenue AFRILAND FIRST Bank).

Enfin, l’on relève que le chèque de trois cent cinquante millions (350.000.000) de francs CFA encaissé par le nommé N’draman Jean serge sur le compte de la Cnvdtci a été confirmé par dame Awa N’diaye, avant paiement, alors même qu’elle n’avait pas droit de signature sur ledit compte. Conclusion: les opérations effectuées sur les deux comptes étaient donc liées.

En effet, le système mis en place consistait  à recruter des ‘’bénéficiaires’’ de ces chèques qui ne sont en réalité que des comparses des responsables de la Cnvdtci pour effectuer les différentes opérations. Les sommes retirées par ceux-ci sur le premier compte étaient immédiatement déposées sur le second.

Au total, les versements et les autres remises de chèques reçus  au crédit du compte de dame Awa N’diaye se sont élevés à la somme de  deux milliards  quatre cent  soixante six millions huit cent huit mille huit cent  quatre  vingt neuf (20.466.808.889) de francs CFA.

Les opérations dame AWA N’diaye

Après avoir reçu ces versements sur son compte, dame Awa N’diaye a aussitôt émis plusieurs chèques à l’ordre de personnes tant physiques que morales dont :

MOPOHOU Ivan Wenceslas, né le 30-3-1977 à Bouaké : 1.600.000FCFA.

GRAHI Yao Valère, né le 9-12-1966 à Kouassi Périta S/P Bouaflé : 3.067.500FCFA.

KONE Mamadou, né le 6-10-1975 à Abidjan : 5.000.000FCFA.

SANGARE Zakaria, né le 1er mai 1947 à Daloa, responsable de sécurité : 7. 669 000FCFA

KOIZAN Amoin Mathias,  né le 7-10-1943 à Aboisso, directeur de société : 17.000.000FCFA.

AWA N’diaye : transfert de 52.476.560FCFA pour l’achat d’un bien immobilier à Paris (on est bien servi que par soi).

N’DIAYE Thiéyacine, administrateur à la société African International Trading-A.I.T :65.000.000FCFA. On est toujours mieux servis que par soi, car cette société appartient à Awa N’diaye elle-même.

AMADOU Ouattara, connu pour avoir déjà retiré 320 millions sur le compte de la Cnvdtci : 201.000.000FCFA.

SARR DAM : 200.000.000FCFA.

KONE CHEICK OUMAR : 528.000.000FCFA.

AU TITRE DES PERSONNES MORALES

L’on relève, d’abord, la société KONECO GROUP qui a bénéficié de la somme de trois cent vingt un millions cinq cent mille (:321.5000.0000) de FCFA à travers plusieurs autres entreprises. Les investigations ont révélé que le KONECO GROUP était un holding constitué de huit sociétés appartenant à KONE Cheick Oumar, ce sont :

BR GAMIN Africa Loterie ; CALL Ivoire, CENTRE d’Appel ; SNC Finances, Transfert d’argent Western Union ; N.I.S. Biométrie, Identification et Sécurisation ; KONECO FORCE, Assistance, Sécurité et garde Rapprochée ; Djamanan Tour Agence de Voyage et Tourisme ; KONECO Imprim Infographie et La Grande 8 Restaurant-Billard. Avec un capital de trois cent dix millions (310.000.0000) de francs CFA, le GROUP KONECO, créé en juillet 2011, emploie près de mille (1000) personnes. Son siège social est situé à Abidjan-Plateau, immeuble les Harmonies. Avec Koné Cheick Oumar comme le président.

La société B.R. Gaming Africa-Loterie (BRGA) est une société anonyme avec conseil d’administration.  Siège social Abidjan-Cocody. Depuis 21 décembre 2009 monsieur Gaétan de Longeaux est le Directeur général adjoint. La société CALL Ivoire est devenue une société anonyme depuis le 1er juillet 2011. Koné Cheick Oumar en est l’associé unique. Depuis le 1er juillet 2011 l’associé unique a augmenté le capital d’un million de FCFA pour le porter à  cent cinquante millions(150.000.000) de francs CFA, soit une augmentation de cent quarante neuf millions de francs CFA.

La société SNC Finances est le premier agent Western Union en Côte d’Ivoire.  C’est  une société anonyme au capital d’un milliard sept cent quatre millions huit cents mille (1. 704.800.000) de francs CFA dont  les actions sont exclusivement détenues par des Ivoiriens. Depuis janvier 2010, elle a été rachetée par KONE Cheick Oumar qui en est le président directeur général. Il représente Distrimat  Finances. Les autres actionnaires sont CAMARA Vazoumana qui est le directeur général et SISSOKO François. Le nommé MOPOHOU Ivan Wenceslas est le directeur financier. Ce dernier a déjà bénéficié d’un chèque d’un montant d’un million six cent mille émis par Awa N’diaye.

La Société Nationale d’Identification et de Sécurité-N.I.S.  a été créée en juillet 2007 avec un capital  de 5.000.000 millions FCFA. En 2009 elle a été rachetée par KONE Cheick Oumar qui en est l’associé unique. Au cours de l’année scolaire 2008-2009, cette société sera désignée par le ministère de l’Education nationale dirigée alors par Gilbert Bleu Lainé pour conduire le projet d’identification de tous élèves, en vue de la sécurisation du système éducatif à travers un fichier électronique.

En 2010, face à la lenteur de l’opération qui ne racontait pas l’adhésion des élèves, KONE Cheick Oumar a associé la FESCI-Fédération des élèves et étudiants de côte d’Ivoire, aux méthodes de persuasion  très enviables, à travers ses coordonnateurs généraux.  Depuis le 1er juillet 2011 l’associé unique l’a transformée en société anonyme et a porté le capital de  5000.000FCFA à 35.350.000FCFA, soit une augmentation de 30.350.000FCFA.

La Société DJAMANAN Tour, est une agence de voyage et de tourisme. Depuis le 27 juin 2011, les associés l’ont transformée en société anonyme et ont augmenté le capital qui passe d’un million de francs CFA à 25.000.000FCFA. La société EKOMA qui reçu la somme de 10.000.000FCFA est identifiable.

ADAMA BICTOGO dans les déchets

Un chèque de six cent millions (600.000.000) de francs CFA a été émis à l’ordre de MLBA-Consulting. Cette société qui selon son objet, est spécialisée notamment dans les opérations de  conseils et de consultations en matière commerciale et industrielle appartient à l’ex-ministre demis du gouvernement Ouattara ADAMA Bictogo. Créée en 2008 avec un capital d’un million de francs CFA, MLBA-Consulting a débuté ses activités le 1er juin 2008. ADAMA Bictogo en est le gérant.

Elle est restée sans activité jusqu’en septembre 2011 avant que ses statuts ne soient enregistrés en désignant Coffi Laurent comme le directeur et associé unique. Le registre de commerce actualisé le 4-10-2011 de l’entreprise MLBA Consulting, indique COFFI Laurent comme  le gérant. ADAMA Bictogo avait tous pouvoirs de signature sur le compte n°22085740007, ouvert dans les livres de la Banque de l’Atlantique de Côte d’Ivoire depuis 2008 au nom de l’entreprise. Parla suite il a donné procuration le 12 juin 2010 à mesdemoiselles BEDA Kadiatou Sopie et KOUAME Acko Christelle, pour signer conjointement sur ledit compte.

Il a aussi étendu ce pouvoir de signature le 5aopût 2011 aux nommés COFFI Laurent et BICTGO Dramane, son jeune frère ne en 1975.

S’agissant des opérations sur le compte, il est avéré que le chèque n°5279752 d’un montant de six cent millions (600.000.000) de francs CFA, émis par Gohourou Ziallo Claude François de la Cnvdtci, a été effectivement encaissé par la société MLBA Consulting.

Il s’en est suivi plusieurs retraits d’espèces effectués essentiellement par dame BEDA Kadiatou Sopie et des paiements chèques émis à l’ordre de personnes physiques ou morales. Au 21 février 2012, le solde du compte est débiteur d’un montant 279.234 FCFA.

L’on note par ailleurs que Gohourou Ziallo Claude François bénéficiait, lors des opérations de vérification et de paiement des victimes de l’assistance permanente et active BAYOGO Ahmed Bakary, travaillant à l’université de Cocody et informaticien  de la Cnvdtci et surtout de SORO Doh Alias  ’’DOCSY’’, chargé des finances de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire.

Les informations recueillies font d’ailleurs état  de ce qu’une importante partie des sommes retirées était remise à ce représentant de la FESCI, qui était constamment aux côtés de Gohourou Claude au moment des retraits dont certains se faisaient tard dans la soirée, après la fermeture de l’établissement.

Toutes ces opérations, grossièrement suspectes ont été effectuées sans que les responsables d’ACCESS BANK (devenue Afriland First Bank), ne s’interrogent sur leur caractère  atypique. Ils ont même autorisé le paiement d’un chèque d’un montant de trois cent cinquante millions (350.000.000) de francs CFA émis par Gohourou Claude à l’ordre de N’DRAMAN Serge sur le compte de la Cnvdtci et confirmé par dame Awa N’diaye alors même que celle-ci n’avait pas droit de signature sur ledit compte.

De plus, ils ont permis au compte de Awa Ndiaye de fonctionner jusqu’au solde négatif de soixante onze millions cent quarante neuf trois cent trente neuf (71. 149.339) FCFA.

Enfin, l’on relève quatre transactions particulières  à partir du compte Awa N’diaye avec le nommé SARR Dam, les sociétés KONECO force, nationale d’Identification et sécurisation (N.I.S.) et SNC Finances.

Quatre précieuses opérations

La première transaction : porte sur un montant de deux cent millions (200 000 000) de francs CFA que le nommé SARR Dam a perçu du compte de AWA N’diaye le 19 mai 2010.le 28 du même mois, SARR Dam a émis un chèque de  cinq millions (5000 000) de francs CFA à l’ordre d’Awa N’diaye.

Trois jours plus tard, soit le  31 mai 2010, encore SARR Dam émet à nouveau un chèque de deux cent millions (200.000.000) FCFA à l’ordre d’AWA N’diaye.

La deuxième transaction : porte sur un paiement d’un  million de francs CFA d’AWA N’diaye à KONECO Force, le 14 mai 2010, suivi d’un paiement de cent millions (100.000 000) de francs CFA de KONECO Force à AWA N’diaye, le 4 juin 2010.

La troisième transaction : consiste au paiement  d’un chèque de cent millions (100.000 000) de francs CFA du compte AWA N’diaye à N.I.S., le 31 mai 2010. Quelques jours plus tard, soit le 8 juin 2010, N.I.S. a versé au crédit du compte AWA N’diaye la somme de cinquante millions (50.000 000) de francs CFA.

La quatrième transaction : la société SNC Finances a versé au crédit du compte AWA N’Diaye, la somme de quatre millions neuf cent vingt mille (4 820 000) de francs CFA.

Il est révélé que toutes les quatre transactions décrites se sont déroulées au sein d’ACCESS BANK (devenue Afriland First Bank), où les différents acteurs ont ouvert leurs comptes.

 

L’orchestre

Après avoir perçu sur le compte ouvert à son nom plus de la moitié : 2.466.808.889 FCFA des quatre milliards six cent cinquante huit millions (4.658.000.000) FCFA, dame AWA N’diaye a fait mettre en place deux dépôts à terme (DAT). L’un d’une durée de six mois et l’autre d’un an avec un montant cumulé d’un milliard (1.000.000.000) de francs CFA.

Ces fonds ont servi de garanties auprès d’ACCESS BANK ((devenue Afriland First Bank) qui, à la demande d’AWA N’Diaye, a consenti une ligne de crédits à quatre sociétés appartenant  à KONE Cheick Oumar.

Ce sont SNC Finances qui  a reçu un financement de quatre cent millions (400.000.000) FCFA contre un DAT du même montant. Djamana Tour pour cent millions (100.000.000) FCFA contre un DAT du même montant. N.I.S  pour quatre cent cinquante millions (450.000.000) FCFA contre un DAT de cent millions (100.000.000) FCFA.

KONECO Force pour cinq cent cinquante millions (550.000.000) FCFA contre un DAT de  deux cent millions (200.000.000) FCFA. CALLK Ivoire pour six cent cinquante millions (650.000.000) FCFA contre un DAT de deux cent  millions(200.000.000) de francs CFA.

Le dépôt à terme a permis à Koné Cheick Oumar d’obtenir des financements d’un montant global de un milliard cent cinquante millions (1.150.000.000) de francs CFA pour ses quatre entreprises et pour la création du Groupe KONECO.

Les bénéficiaires des fonds des victimes

Gohourou Ziallo Claude François : il n’a pu justifier le paiement de la somme de huit cent millions deux cent trente quatre mille (830.234 000) de francs CFA payée à des individus qui ne figuraient pas sur la liste des victimes identifiées.

Awa Nd’iaye : elle a ouvert un compte qui a servi de réceptionner la moitié de fonds : 2.466.808 889 FCFA détournés. Ce compte n’était en réalité qu’un compte de passage pour servir de  moyen à une insidieuse opération de blanchiment de capitaux au profit de KONE Cheick Oumar. 1. 756.000.000FCFA a été entièrement transféré dans le patrimoine de celui-ci à travers l’ensemble des huit entreprises qui composent son groupe KONECO.

Le compte de Awa N’diaye a servi malicieusement  à couper les fonds de leur origine illicite. Elle a également spéculé à son propre profit en octroyant des prêts à court terme à des personnes moyennant commissions.

KONE Cheick Oumar : il a reçu le paiement injustifié d’un chèque d’un montant de 528 millions de francs CFA tiré du compte de la Cnvdtci à ACESSS BANK (devenue AFRILAND FIRST Bank). Il apparait comme le principal bénéficiaire des fonds qui ont transité sur le compte de dame AWA N’diaye.

Avec ces fonds il a recapitalisé trois sociétés lui appartenant, pour un montant global de 203.350.000FCFA en les faisant passer  de Société A Responsabilité Limitée (SARL) à Société anonyme (SA). Il a obtenu une ligne de crédit d’un milliard cent cinquante millions (1.150.000.000) FCFA auprès d’ACCESS BANK (devenue AFRILAND FIRST Bank),  suite au dépôt à terme d’un milliard effectué par dame Awa dans cette banque. KONE Cheick Oumar a réintroduit les fonds détournés au préjudice des victimes des déchets toxiques dans l’économie légale.

 La société MLBA Consulting : elle appartient à ADAMA BICTGO ex-ministre remercié par Alassane Ouattara dès le déclenchement de ce scandale financier portant sur les fonds alloués à l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. Il a reçu par chèque émis par Gohourou Ziallo Claude François sur son compte ouvert à  la Banque de l’Atlantique la somme de six cent millions (600.000 000) FCFA. Cette dit-on représentaient le paiement de frais d’honoraires de l’intermédiation effectuée par le sieur Adama Bictogo.

ACCESS Bank : Peut raisonnablement rechercher les coupables et  auteur de détournement de ces fonds des victimes  des déchets toxique et omettre toute la responsabilité active et toute entière de ACCESS BANK, devenue aujourd’hui par la magie des écritures AFRILAND FIRST Bank ?Elle a manqué aux obligations de vigilance et de déclaration de soupçon que lui impose la Loi n°2005-554 du 2 décembre 2005 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux en laissant d’effectuer à ses guichets des opérations en espèces portant sur des montants très importants et dans des circonstances inhabituelles.

Une complicité sans équivoque qui l’installe sur le même banc que les autres coupables de blanchiment de capitaux et de détournement de 4.658.000.000 FCFA destinés aux victimes des déchets toxiques à Abidjan.

 La colère des victimes et Alassane Ouattara

Devant de tels actes manifestes  de détournement et de blanchiment de fonds, donc, crime économique, il ne se passe plus de semaines sans que les victimes de cette machine d’une rare alchimie du faux ne battent le pavée aux encablures du palais présidentiel d’Abidjan.

Au regard des faits susmentionnés il est clair que les fonds alloués aux victimes des déchets toxiques n’ont pas servi  pour leur cause. Ce sont dix neuf (19), chèques d’un montant unitaire de sept cent vingt sept mille (727 000) de francs CFA émis pour le paiement  des victimes, quatorze (14) ont été rejetés ou annulés.

Seuls cinq bénéficiaires légitimes ont pu être payés pour un montant de total de trois millions six cent trente mille (3.635 000) FCFA. Et pourtant le solde du compte était débiteur au 22 novembre 2011 de  45 819 FCFA. Les personnes qui ont bénéficié des autres chèques ne figuraient pas sur la liste des victimes identifiées.

Au total, la somme de quatre milliards six cent cinquante huit millions  (4.658.000.000) FCFA destinés à l’indemnisation des six mille six cent vingt quatre (6.621) victimes à été virée par les responsables de la Cnvdtci dans le patrimoine de personnes qui n’étaient pas concernées par le processus d’indemnisation des victimes au moyen de transactions financières complexes et atypiques.

En attenant le délibéré du procès qui les  oppose au Réseau national des victimes des déchets toxiques de Cote d’Ivoire, pour blanchiment de capitaux et de détournement de 4.658.000.000 FCFA destinés aux victimes des déchets toxiques à Abidjan, et renvoyé au 14 novembre 2014 prochain.

Par HERVE MAKRE

Source: 5minutesinfos.net

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE