Dernières angoisses de sa chute, l’ostracisme devient la bouée de Ouattara (Par Bécan Tiékpa Alice-Rosine)

Dernières angoisses de sa chute, l’ostracisme devient la bouée de Ouattara (Par Bécan Tiékpa Alice-Rosine)

Le lundi 6 avril 2015, Alassane Dramane Ouattara a enfilé au bout de son carquois sa flèche, la plus empoisonnée, contre son pire ennemi (Charles Konan Banny) à abattre, coûte que coûte, avant la présidentielle d’octobre 2015. Cette flèche redoutable, ouvragée par l’artilleur au venin tyrannique le plus craint de la pauvre Côte d’Ivoire, n’a jusque-là, jamais manqué sa cible. Henri Konan Bédié, Guéi Robert et Laurent Gbagbo en savent quelque chose. Mais au-delà, l’homme n’a aucune étoffe de dirigeant ni de manageur. Son seul instrument, c’est la vanité ou l’épouvante.

Le Président Gbagbo le disait immédiatement après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2010. Il l’avait dit pendant sa bunkérisation et l’avait répété à l’hôtel du Golf, après sa capture. Mais, immergé dans la cacophonie des versions et dans la brume des poudres de chevrotines et celles d’autres armes de guerre qui inondaient l’atmosphère ivoirienne, aucun de nous ne pouvait croire ce que Gbagbo disait. Je me rappelle ces phrases du Président Gbagbo comme si c’était hier : « Ouattara n’a pas gagné les élections, Ouattara ne peut pas gagner les élections, c’est moi qui les ai gagnées ».

Youssouf Bakayoko, le président problématique de la CEI, tiré par la peau du cou, parachuté au Golf Hôtel et, après plusieurs gorgées d’eau pour se remettre de sa phobie, a pu non sans nasiller, proclamer les résultats. Ouattara soutenu par le PDCI-RHDP obtient 54% des suffrages contre 46% pour Gbagbo. Une différence de 4 points d’écart ! Qui a vraiment gagné cette présidentielle ? La réponse se trouve dans le ventre de l’histoire et dans l’intimité de la conscience des principaux acteurs que sont la communauté internationale, Nicolas Sarkozy, Alassane Dramane Ouattara et celle de Dieu. Le Professeur Tiburce Koffi, l’érudit et l’écrivain-journaliste a rappelé, sous d’autres compositions lexicales, que Ouattara ne peut gagner d’élections en Côte d’Ivoire, dans son livre ‘’Non à l’Appel de Daoukro’’.

Ostracisme

A la présidentielle de 2010, aucun des candidats en lice n’a eu droit de cité au Nord du pays. Cet espace géographique ainsi nettoyé, à coup de dozos et de rebelles, des ‘’boyrodjans et boussoumanis’’, la mafia politique s’y est faite reine. Et les bourrages d’urnes une norme dramanocratique. Dans cette grisaille, Henri Konan Bédié a été isolé par ses propres délégués. Ceux-ci ont été achetés selon leurs sortes par le chef rebelle. Ainsi, ils ont disparu des QG-PDCI avec les PV au profit de ce maître chanteur, au terme du 1er tour. Bédié était complètement avachi et son seul salut fut son appel au report de voix à qui nous savons tous. Cet appel était soutenu par un discours pathétique qui le disputait à l’étourderie.

Ouattara parvenu au pouvoir applique le non-droit et les dérives tyranniques qu’il reprochait, hier, à Gbagbo. A la différence, Gbagbo n’a jamais fait de coup d’Etat ni formé et conduit une rébellion contre sa patrie et ses populations. Il n’y a point de MFA, point de PDCI-RDA, point de FPI, dans leurs versions originales dans le jeu politique en cette année électorale de 2015. Certains vendus et froussards desdits partis politiques se sont pliés moutonnement à ce diktat. Pas question disent les autres les plus nombreux intellectuellement affranchis. Et, dont la conscience affinée leur renvoie la dignité comme essence de leur être.

Epouvante

Lorsque le chef en arrive à brandir la justice, la terreur et la menace des armes comme instruments de gouvernance, c’est qu’il a pris conscience que la longévité de son pouvoir limite son horizon, juste, au bout de son nez. En effet, depuis ce lundi 6 avril 2015, par la volonté d’Alassane Dramane Ouattara, le Président Charles Konan Banny n’a plus de sécurité rapprochée. Ce grand homme d’Etat (Gouverneur de la BCAO pendant près de 20 ans, avant cela Directeur National de l’Agence principale d’Abidjan, 1er Ministre désigné par la Communauté Internationale parmi plusieurs prétendants de hautes qualités et de grandes compétences et, Président de la CDVR).

Toutes ces hautes fonctions exercées, de par la loi ivoirienne, confèrent au concerné une sécurité rapprochée sur le cachet de l’Etat. Cependant, aujourd’hui, parce qu’il a pris l’initiative d’exercer son droit Civique, en faisant acte de candidature à la présidentielle, le RDR, son chef et leur argentivore allié Bédié, croient avoir réduit Charles Banny à un moins que rien. Et pourtant, ces illuminés de nos temps maussades ne doivent leur existence royale qu’au moyen des armes, au mépris de tous autres mérites républicains.

Vanité des vanités

Si Charles Banny le désire bien, il peut en formuler la demande. Mais celui qui fournit les hommes à la sécurité des personnalités peut accepter ou refuser cette demande. Ainsi, on entend engager le Président Charles Banny dans un cul de sac. Bon Dieu, Houphouët est vraiment mort et Bédié ne fut pas le meilleur choix pour sa succession. Henri Konan Bédié que Soro Guillaume, Adama Bictogo et les Zié Daouda-Abonouan Empirus consorts, décrivent comme étant une ‘’gourmandise veule’’ d’argent de toutes origines, s’est acoquiné avec des usurpateurs, des tyrans et voyous d’Etat.

Le Président Banny Charles ne se rabaissera pas, outre mesure, pour faire cette honteuse demande de sécurité rapprochée à sa personne. Le fait pour Charles Banny de candidater pour des consultations présidentielles est-il un crime de Lèse-majesté, dans son propre pays ? La construction de ce pays ne porte-t-elle pas aussi la sueur de ses efforts et son intelligence ? Pourquoi veut-on que des intrus viennent le soumettre ? A ce sujet, lisons une réflexion de Bédié Konan Henri-Aimé à un de ses moment-lumières.

Comme le disait Bédié

« Ouattara n’est pas des nôtres, il incarne le jeu des ambitions. En vérité, il se trouvait totalement en porte à faux avec sa conscience. Il savait qu’un contrat moral le liait à Houphouët. Le président, en le recevant pour lui définir la nature de sa mission (primature 1990-1993), lui avait clairement laissé entendre que l’action qu’il serait amené à conduire excluait toute dimension politique. Le premier ministre lui-même est venu, à la demande d’Houphouët, me le répéter à ma résidence, en présence de témoins, l’Ambassadeur Ahoua N’Guetta » ; In Les chemins de ma vie, P.138.

Petite idée de Ouattara

Quelle petite idée Ouattara Dramane a-t-il derrière la tête, en enlevant la sécurité rapprochée à Banny ? Trois ordres de réponses peuvent alimenter nos attentes :

le faisant, Ouattara attend que Charles Banny soit anxieux, apeuré et pleurniche pour aller s’aplatir à ses pieds. Ainsi, pour lui demander de rétablir sa sécurité rapprochée,

Ouattara veut que le président Charles Banny aille voir Bédié pour lui demander sa protection ou ses entregents. Celui-ci mettra Ahoussou Jeannot en scène aux fins de réconforter et de rassurer Banny quant à la mansuétude de leur grand chef. Après, Ahoussou battra la mobilisation de la chefferie traditionnelle baoulée et, à coup sûr, le Roi des N’Zima s’invitera à la fête. Cette colonie ainsi constituée ira rencontrer Ouattara et, lui demander de pardonner à Charles Banny sa faute juvénile.

ou encore, Ahoussou Jeannot conduira la délégation des chefs devant Ouattara. Il plantera le décor du cirque dans la salle, pendant que Banny sera blotti derrière les chefs, reniflant ses remords. Puis le porte parole des chefs dira : nanan Allagnissan, nanan Bédié nous a fait venir ici par son porte-canne Ahoussou Jeannot pour te demander pardon. Et, que Charles Konan Banny retire, ici et maintenant, sa candidature à la présidentielle. Ouattara ainsi ragaillardi, accordera le pardon princier au puiné de Banny qui n’a aucune part à l’héritage. Dès lors, Alassane Dramane Ouattara aura obtenu l’humiliation que le président Charles Konan Banny mérite.

Sciage d’une des deux branches qui le tiennent encore

Apihitooo, le président Charles Konan Banny sera protégé par l’immense ciel de Dieu. Il n’a pas les mains souillées par le sang de ses concitoyens. Il ne s’est jamais prévalu d’une autre nationalité ; l’article 35 de notre loi fondamentale ne jure donc pas contre lui. Banny Charles n’a jamais braqué de banques. Il n’a jamais menti sur ses origines ni importer des mercenaires contre sa patrie. Charles Konan Banny est d’extraction noble, il ne traine pas de casserole de crimes économiques ni de sang ni contre l’humanité. Il jouit, de ce fait, d’une virginité étique et morale puritaine. Qui lui en voudra au point de lui ôter la vie ?

Et si, par l’absurde il arrivait une agression physique ou toute autre chose délictuelle à Charles Konan Banny, Alassane Dramane Ouattara sera le premier présumé coupable et, il en fournira les justificatifs à la Communauté internationale et nationale. Je constate au demeurant que les complots des 16 milliards de la CDVR, les supposés milliards sur les comptes de Sylvain Oka et les 500 millions sur ceux d’Aloco Arthur n’ont pas pu asseoir la conviction du brave-tchè quant à sa réélection au 1er tour de la présidentielle. Sa prétendue dislocation du PDCI-RDA, du FPI et du MFA a aussi fait long feu (foiré).

Le verrouillage du système électoral ne rassure pas non plus le candidat jurisprudentiel. Ouattara et Bédié redoutent d’affronter Banny à la régulière. Car, il les battra à plate-couture, d’où leur inimitié mortelle qu’ils vouent à ce citoyen honnête. Banny Charles ne parlera pas face à cet excès d’ostracisme. Il est serein, une sérénité qui fait les grands hommes et il est un président en devenir en octobre électoral de 2015 prochain. Entre-nous, quel est le mérite de Outtara aussi bien au plan universitaire que professionnel face à Banny ? Car en l’espèce, Ouattara doit sa présence au FMI à la peur et au manque de visions de Bédié. Ce dernier a jugé bon d’éloigner Ouattara du pays, en le jetant au FMI, afin qu’il puisse gouverner tranquillement.

Parvenu à la tête de notre beau pays, Ouattara doit cette victoire à son coup d’Etat de 1999, à sa rébellion meurtrière de 2002 et à sa guerre postélectorale de 2010. Tout cela, avec l’appui de la communauté internationale, de Blaise Compaoré, de ses mercenaires et du RHDP. Conscient qu’il est de sa vacuité personnelle, Ouattara est en ce moment rivé à son chrono pour voir compter, si rapidement, les minutes de sa chute. Il vit donc les dernières angoisses de sa fin de règne. Par le retrait de la sécurité rapprochée du président Charles Banny, non seulement il vient de scier la branche sur laquelle il met ses pieds pour son équilibre aérien. Il vient encore ce samedi 11 avril 2015 d’entamer celle qui lui reste où il est précairement assis.

En effet, en traitant la communauté internationale qui l’a fait roi de bête relativement à la justice des vainqueurs et, en lui rappelant que l’esclavage a été pire que la rébellion relativement à la réclame des rebelles par la CPI ; tous les coupables des tueries seront jugés ici dit-il. Mais aussi, Ouattara devient le plus grand vigile du Président Charles Banny, en même temps, qu’il le rend puissant, populaire et le conduit sans efforts au perchoir suprême de la République ivoirienne. Quelle providence, bon Dieu ?

Bécan Tiékpa Alice-Rosine

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