Des avocats américains, français, canadiens, juifs… se bousculent pour défendre Blé Goudé

Des avocats américains, français, canadiens, juifs… se bousculent pour défendre Blé Goudé

En quittant Abidjan, samedi dernier, en direction de la Haye, le ministre Charles Blé Goudé savait qu’il ne serait jamais seul dans cette nouvelle épreuve que lui impose son destin. A l’image du célèbre « you’ll never walk alone (ndlr : tu ne marcheras jamais seul) des supporters du club anglais, Liverpool FC à leur équipe, Il était assuré de compter sur le soutien indéfectible de parents, amis et autres admirateurs disséminés aux quatre coins de la planète. Ce qu’il savait moins, en revanche, c’était la grande mobilisation des avocats qui se bousculent depuis hier, pour défendre sa cause.

En effet, si on en croit un membre du collectif des avocats du président du Cojep, joint hier au téléphone, ses équipiers et lui, ploient sous le poids des sollicitations de confrères en vue d’apporter leur science à la défense du ministre Charles Blé Goudé. Leurs téléphones ne font que crépiter depuis les premières heures de la matinée d’hier. Fait notable, les demandes proviennent de presque tous les continents. On a ainsi des avocats américains, français, canadiens, juifs, sénégalais, congolais, camerounais etc., qui proposeraient déjà leurs services pour plaider la cause, disent-ils, d’une « victime innocente » de la mafia internationale qui se cache derrière le rideau de la Cour pénale internationale (CPI). Selon notre interlocuteur, il appartient en définitive à Blé Goudé de choisir les avocats avec lesquels il voudra bien travailler.

Dans ce sens, toutes les sollicitations enregistrées jusque-là, à Abidjan, seront transmises au nouveau pensionnaire du pénitencier de la CPI qui en discutera bien évidemment avec ses conseils avant de trancher. En attendant de s’élargir dans les prochains jours, le collectif des avocats de l’ancien leader-étudiant travaille en ce moment d’arrache-pied et en totale fusion avec Me Kaufman, l’avocat de Blé à la CPI. Dans cette optique, un ou deux avocats ivoiriens sont annoncés prochainement aux côtés de ce dernier pour peaufiner la stratégie de leur client. Dans la distribution des rôles, les ivoiriens auront à charge de fournir la matière tandis que Kaufman lui, apportera la technique en fin connaisseur des rouages de la juridiction internationale sise à la Haye, aux Pays-Bas. S’exprimant hier, sur les antennes de la radio onusienne à Abidjan, ce dernier, au sortir de sa prise de contact avec le ministre Charles Blé Goudé, a indiqué avoir trouvé son client, amaigri et lessivé par les conditions inhumaines de détention à Abidjan, mais avec un moral fort.

L’avocat a dit également, avoir grande confiance en la justice pour faire triompher la vérité, même s’il a refusé de lever un coin de voile sur sa stratégie d’attaque. Notons que selon un communiqué mis en ligne hier, sur le site officiel de la Cour pénale internationale (CPI), l’audience de comparution initiale du jeune tribun ivoirien se tiendra le jeudi 27 mars 2014 à 10 heures (heure locale de la Haye).A cette occasion, Mme Silvia Fernandez, le juge unique de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI), vérifiera l’identité du ministre Blé Goudé et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. Ce dernier sera informé des charges portées à son encontre et sera fixé sur la date de l’audience de confirmation des charges qui n’interviendra pas avant six mois.

Pour rappel, le leader de la galaxie patriotique, sous le président Laurent Gbagbo, est poursuivi devant la CPI en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs d’inculpation, à savoir, «meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains » qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, suite au contentieux électoral du scrutin présidentiel de novembre 2010, né du refus de Ouattara de se plier à l’arrêt du Conseil constitutionnel, déclarant Laurent Gbagbo vainqueur du second tour de la présidentielle. Une crise qui se dénouera dans le sang, le 11 avril 2011, après plusieurs jours de bombardements intensifs et sans relâche de la résidence présidentielle, par la chasse francoonusienne, actionnée par un Nicolas Sarkozy hallucinant de brutalité.

Et cela, en réponse à la proposition de l’ex-chef de l’Etat ivoirien de recompter plutôt les voix comme il est de tradition en démocratie. Vu de Paris, à cette époque, c’était un luxe occidental que l’on ne pouvait accorder au nègre Gbagbo. Il s’en suivra l’arrestation des Gbagbo, dans les ruines de leur résidence, le détour à l’hôtel du Golf, la longue et difficile détention à Korhogo pour l’époux,- qui atterrira finalement à la CPI-, pendant que la femme est toujours en détention à Odienné. Pour revenir à Charles Blé Goudé, de nombreux convois sont annoncés au départ des principales capitales européennes, pour apporter un soutien massif au « Général de la rue », qui comparaît ce jeudi, à la Haye.

Source: Aujourd’hui

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