Des clients d’HSBC finançaient Al-Qaeda

Des clients d’HSBC finançaient Al-Qaeda

« Des clients d’HSBC finançaient Al-Qaeda (…) malgré une politique de démantèlement des financements du terrorisme, lancée par la banque à partir de 2003. Dans au moins trois cas, il s’avère que HSBC a poursuivi la relation bancaire avec des clients soupçonnés publiquement d’avoir financé le terrorisme ». 

Ou comment conjuguer dans l’esprit du lecteur formaté les deux grandes préoccupations des gouvernements atlantistes : la soi-disant “guerre au terrorisme” (à la fois à usage international et domestique, les nouveaux “patriot acts”) et la lutte contre la fraude fiscale que l’on feint de découvrir (voir les investigations et livres de Denis Robert sur “clearstream”, dont un film s’en inspirant sort en ce moment), parce qu’il faut faire rentrer du fric dans les budgets occidentaux en faillite … 

A noter que l’on ne touche pas à l’argent des “véritables maîtres”. Des gouvernements comme le belge ont en effet produit de véritables organisations d’ingéniérie fiscale (le terme quand l’éludation de l’impôt concerne les grands groupes économiques) pour que les multinationales ne paient pas d’impôts (*) … 

LA BELLE HISTOIRE DE « LA CHAINE D’OR » : MAIS QUE NOUS CONTENT LES MEDIAS DE L’OTAN ? 

Ecoutons Libération : « On l’appelait «la chaîne d’or» d’Oussama ben Laden. Certains des bienfaiteurs de l’organisation terroriste étaient clients de la branche suisse de la banque. Tout commence en mars 2002. Nous sommes six mois après le 11 Septembre et les Etats-Unis emploient les grands moyens pour démanteler le réseau financier d’Al-Qaeda. Au cours d’un raid avec les forces bosniaques à Sarajevo, les enquêteurs tombent sur une liste de 20 noms qu’ils vont appeler la «Chaîne d’or» («Golden Chain»). Ce sont les supposés plus grands donateurs de l’organisation terroriste Al-Qaeda ».

Libé nous parle aussi de « HSBC : Les 20 plus gros donateurs d’Al-Qaeda » … 

Infos reprises d’une enquête de la presse suisse : « Selon des informations du quotidien suisse Tages Anzeiger, certains de ces bienfaiteurs étaient clients de la banque HSBC en Suisse. Ils feraient partie des cercles influents et des milieux d’affaires d’Arabie saoudite. La question est donc de savoir si la banque était au courant des activités illicites et terroristes de ces clients ».  

« Les membres de la Chaîne d’or restent plusieurs années clients de la banque HSBC, ajoute Libération. On parle de sommes entre 70 et 200 millions de dollars, sur leurs comptes entre 2006 et 2007, malgré une politique de démantèlement des financements du terrorisme, lancée par la banque à partir de 2003. Dans au moins trois cas, il s’avère que HSBC a poursuivi la relation bancaire avec des clients soupçonnés publiquement d’avoir financé le terrorisme ». 

Allons ensuite sur Le monde. Le quotidien atlantiste nous explique la belle histoire de « la chaîne d’or ». Extraits : « Quand des unités spéciales bosniaques ont pris d’assaut les bureaux d’une mystérieuse fondation à Sarajevo, en 2002, outre des armes et des explosifs, elles y ont découvert un disque dur au contenu fort instructif. Il comprenait notamment un dossier intitulé, en arabe, « Histoire d’Oussama ». Celui-ci contenait plusieurs textes, en partie scannés, dont certains portaient des passages écrits de la main d’Oussama Ben Laden. Il incluait également une liste de vingt noms qui a abasourdi les enquêteurs et les services secrets.

Comme l’a par la suite confirmé un ancien membre d’Al-Qaida, ces noms étaient ceux des principaux financiers de l’organisation terroriste. Oussama Ben Laden aurait surnommé ce cercle la « Golden Chain » (…) Il se trouve qu’une partie des personnes mentionnées dans cette liste, de nationalité saoudienne, étaient aussi des clients de HSBC à Genève, comme l’attestent les documents obtenus par Le Monde et partagés avec l’ICIJ et ses partenaires. De fait, selon un rapport du Sénat américain de 2012, HSBC a longtemps été « une des banques internationales les plus actives en Arabie saoudite ». Aux Etats-Unis, l’établissement doit sans cesse se justifier. On lui reproche de ne pas assez contrôler ses clients et de se montrer trop laxiste face au blanchiment d’argent et aux personnes soupçonnées d’activités terroristes. Et HSBC a promis de s’amender. Mais les actes ont-ils suivi ? Le risque d’avoir affaire à des éminences grises du terrorisme n’a pas disparu » … 

Luc MICHEL 

(avec Libération – Le Monde – Tages Anzeiger)

 

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