Des milliers de paysans menacés de déguerpissement, le pire est à craindre

Plus de quinze mille (15 000) paysans installés dans la forêt classée de Sangoué, sous-préfecture de Diégonefla (Oumé), sont menacés de déguerpissement , a appris KOACI.COM auprès des sources sur place.

Selon nos informations, le déguerpissement est annoncé pour le 30 avril prochain, selon une note transmise aux occupants par l’Unité de Gestion Forestière (UGF).

« En prélude à l’arrivée imminente de la mission de déguerpissement des populations clandestinement installé en forêt classée de Sangoué, l’Unité de Gestion Forestière de Sangoué informe l’ensemble des usagers de ladite forêt, de la suspension des autorisations d’accès à compter du samedi 30 avril 2016 jusqu’à nouvel ordre. En conséquence l’accès à la forêt sera interdit à partir de cette date. L’UGF décline toute responsabilité de ce qui adviendrait aux usagers qui se hasarderont à accéder à la forêt classée», indique le document dont copie nous est parvenue.

Les paysans n’entendent néanmoins pas les choses de cette oreille et sont prêts à en découdre avec les forces de l’ordre. Ces dernières ont déjà commencé à faire la reconnaissance des lieux, avant la date limite du début l’opération.

« Nous vivons ici, il y a plus de 40 ans. Nous ne savions pas que c’était une forêt classée. Lorsque cela nous a été révélé, du temps de M. Dénis Bra Kanon, alors ministre de l’agriculture et des Eaux et Forêts, le président Houphouët qui nous a reçu, nous a demandé de conserver les parcelles déjà exploitées, mais de ne plus procéder à de nouveaux défrichements. C’est ce que nous avons respecté depuis le règne d’Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara en passant par les pouvoirs d’Henri Konan Bédié, Gueï Robert et Laurent Gbagbo. L’année dernière, nous avons été surpris de voir la Sodefor relancer ce débat. A l’occasion d’une rencontre avec les autorités locales, puisque nous étions sous la pression, nous avons demandé un sursis le temps de trouver un autre site où aller vivre. Mais jusqu’à ce jour, nous n’avons pas obtenu gain de cause », a fait observer le chef central des Baoulés, avant que le président des jeunes n’ajoute: « Mourir est mieux que quitter, parce que nous avons toute notre existence ici. Nous n’avons pas d’autre lieu de résidence à part ces villages. Nous préférons mourir que de quitter et c’est ce qui va se passer », a prévenu ce dernier.

En attendant le samedi 30 prochain, c’est un dialogue de sourd qui existerait entre l’UGF et les occupants du site.

Toujours les mêmes sources, le pire est à craindre si rien n’est fait d’ici la date indiquée.

Nous y reviendrons…

Donatien Kautcha

Source: Koaci.com

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