Destruction Gobelet: Ouattara fait 75.000 nouveaux “sans domicile fixe”. Les infortunés ont crié «Gbagbo kafissa» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Destruction Gobelet: Ouattara fait 75.000 nouveaux "sans domicile fixe". Les infortunés ont crié «Gbagbo kafissa»
Destruction Gobelet: Ouattara fait 75.000 nouveaux “sans domicile fixe”. Les infortunés ont crié «Gbagbo kafissa»

Destruction Gobelet: Ouattara fait 75.000 nouveaux “sans domicile fixe”. Les infortunés ont crié «Gbagbo kafissa»

Réveilles par les bulldozers du régime, les habitants de cet immense quartier précaire d’Attoban ont assisté, impuissants, au rasage de leurs maisons. Entre des policiers remontés et des engins à la force monstrueuse, la plupart se sont rappelé au bon souvenir de Gbagbo «kafissa» et humain.

Hier, il n’y eut pas une seule ambassade pour condamner la destruction de Gobelé, cet immense quartier précaire ou se sont réfugieés 25.000 personnes, selon la mairie de Cocody qui cite le récensement de 1998, 75.000 familles selon la Banque mondiale. Tout s’est donc passé exactement comme l’avait prédit le ministre de la construction et de l’urbanisme. Signe d’ailleurs du consensus qui s’est forgé contre ces malheureux, aucune organisation des droits de l’homme, internationale notamment, n’a daigné lever la plus petite protestation.

Dans la ouattarandie ou tout commence généralement par Ouattara, on a sans doute oublié 2002, ou la plus petite tentative de nettoyage des zones autour des camps militaires d’Abidjan, violemment attaqués par qui on sait désormais, avait été interpreté comme la preuve de l’ivoirité de Gbagbo et de son régime. En pourtant en 2002, les renseignements ivoiriens avaient clairement montré que ceux qui ont attaqué le camp militaire d’Agban, notamment, avaient séjourné dans des maisons en baraque, autour du camp, et dans les différents quartiers précaires. Hier, il n’y eut pourtant pas d’Ambassade, pas d’institutions de droits de l’homme et pas d’humanistes pour contrer la folie des bulldozers du ministre Sanogo qui ont tout détruit.

Comme la plupart des habitants de ce quartier, Diomandé Mory, environ 70 ans, vivait la depuis 19974. «Au moment ou nous arrivions, se souvient-il, tout Angré était une brousse. On ne parlait pas de quartier précaire en ce moment-là». Mais hier, il est sorti brutalement de son rêve. Il n’a d’ailleurs rien pu sauver parce que les premières destructions ont commencé chez eux. Alors forcément pour lui, la nuit va être longue. Et par ces temps de pluies diluviennes, sa vie risque un peu plus de devenir un cauchemar pour longtemps. Diomandé Mory est tapissier et ne peut se prendre un loyer, même à Abobo, faute d’argent. Or ce regime-là n’aime pas entendre les gens gemir.

Alors, pour réduire la pauvreté, Ouattara a trouvé sa stratégie : éloigner les 75.000 pauvres avec brutalité. En conflit ouvert avec ces «forcenés» depuis de longues années, les riverains aux villas cossues sont sans doute les principaux bénéficiaires de cette chasse inhumaine. La plupart d’entre eux se sont toujours plaint des agressions et des vols a répétition venant de leur voisinage immédiat. Donc depuis hier, le malheur des habitants de Gobelé fait le bonheur des riches propriétaires qui ont sans doute trouvé dans l’arrivée de Ouattara un soutien de poids.

Pourtant, comme dans la dialectique du maître et de l’esclave, c’est à Gobelé que le riche voisinage trouve son principal viatique et s’approvisionne. C’est également là que la plupart des filles ou femmes de menage trompent leurs fatigues, en essayant de trouver le sommeil avant de repartir très tôt, le lendemain. Mais comme à ses habitudes, le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs. Car comment toutes ces bonnes, filles de menage, boys de maison et tout le petit personnel que les riches aiment avoir sous leurs ordres vont-ils se rendre à leur lieu de travail, à l’heure ?

Il y eut au moins Biabou pour tromper l’apparence des déguerpissements, là aussi violents, sous Bédié. Mais avec Ouattara, c’est comme si tout le monde devait obéir, tout juste. En tout cas, certains parmi les populations de Gobelé ont tente de s’opposer à la force des «déguerpisseurs» en érigeant des barricades.

Mais très vite, la police déployée en grand nombre sur les lieux a eu raison de leur détermination. Celles-ci se sont alors contentées de rappeler à leur souvenir le président Gbagbo. «Gbagbo était mieux», pouvait-on lire sur des pancartes ramassées à la sauvette, entre les gravats et les bruits hallucinants des bulldozers.

L’ancien régime avait en effet entretenu le dialogue avec les pauvres de Gobeée, dans le respect de l’intérêt des riches voisins. Ainsi pour rassurer les propriétaires frustrés, l’ancien maire de Cocody y avait érige un commissariat doté de moyen de locomotion. Mais visiblement, Ouattara a trouvé une autre solution. La seule qu’il sert d’ailleurs depuis qu’il a été installé au pouvoir. A savoir la force et la brutalité.

Source: Aujourd’hui

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