Deux semaines après la chute de Compaoré: Voici pourquoi l’armée ivoirienne se braque contre Alassane Ouattara

Deux semaines après la chute de Compaoré: Voici pourquoi l’armée ivoirienne se braque contre Alassane Ouattara

Effet de contagion ou simple frémissement ? Difficile de l’affirmer. Les Forces Républicaine de Côte d’ivoire (FRCI), un cocktail d’anciens rebelles et d’anciens soldats des forces de défense et de sécurité qui forment la nouvelle armée de Côte d’ivoire ont violemment manifesté mardi pour de l’argent. Seulement deux semaines après l’insurrection populaire qui provoqué la chute de Blaise Compaoré.

Il y a des visiteurs qui donnent certainement de la poisse, pourrait-on en rire sur les bords de la Lagune Ebrié. Il a fallu que Blaise Compaoré, le dictateur déchu du Burkina Faso, pose son baluchon en Côte d’ivoire pour que l’armée ivoirienne qui paraissait soumise à Ouattara se révolte. Un mouvement d’humeur que les autorités ivoiriennes voyaient venir et qu’elles pensaient contenir. Mais cette fois, elles ont été surprises par l’ampleur du mouvement car il s’est étendu sur l’ensemble du territoire. De quoi rappeler de beaux souvenirs aux concepteurs de coups fourrés et rébellion. Pour une première fois depuis l’ascension d’Allassane Ouattara à la magistrature suprême, l’armée dans son ensemble revendique dans le désordre le plus total de l’argent, l’amélioration de conditions de vie et de revalorisation de grade. Ce genre de revendication en désordre rappelle toujours un mauvais pressage. Le gouvernement ivoirien, paniqué par ce vent d’humeur, a accepté dans une célérité déconcertante de satisfaire les grognons en armes. Ainsi des arriérés de soldes de prés de 400 soldats seront régularisées, les arriérés des frais de déplacement des militaires seront régularisés ainsi que le pécule lié au bail des maisons.

Il n’en fallait pas plus pour mettre en branle de milliers d’anciens rebelles toujours sans statuts réels, sans matricules. Eux aussi réclament désormais leur insertion réelle dans l’armée. Pis, ces anciens combattants exigent chacun la somme de 5 millions de Fcfa que leur aurait promis les tenants actuels du pouvoir. Le régime de Ouattara est confronté à une dangereuse réalité des armées africaines dont les revendications crée l’appétit du pouvoir. Pour ce qui est de la Côte d’ivoire, toutes les casernes du pays sont en ébullition et ce n’est que le début du cercle vicieux qui conduit á l’affaiblissement puis á la chute.

L’effet Compaoré

Tous les spécialistes du continent ont parié sur un effet de contagion de la récente révolution du peuple Burkinabé en omettant soigneusement de citer la Côte d’ivoire. Ils ont plutôt parié sur les régimes qui tenaient á modifier les constituions pour demeurer au pouvoir. On a cité le Congo.Brazzaville, le Congo.Kinshasa, le Burundi, le Rwanda, tutti quanti. L’on avait omis, c’est selon , d’évoquer que la côte d’ivoire, malgré le calme apparente, est dans une situation volatile. Le courage du peuple Burkinabé qui a ‘’déboulonné’’ Compaoré donne des idées sur les bords de la Lagune Ebrié. Les securocrates du régime ont vite fait d’arrêter le bouillant David Samba, le président de la Coalition des indignés de Côte d’ivoire qui projetait des manifestations de protestations. Ce fut le faux cheval ! Il fallait plutôt écouter dans les casernes et les camps de fortunes de Frci.

Blaise, le parrain, le protecteur, celui qui était capable d’envoyer plusieurs régiments mater une insurrection armée en Côte d’ivoire, est lui-même reclus dans une belle villa à Yamoussoukro. Qui pour sauver le régime de Ouattara dans ce cas d’espèce ? Il est de notoriété que Allassane Ouattara a gagné la guerre contre Laurent Gbagbo grâce á une coalition de plusieurs groupes armées sous commandement de plusieurs autres chefs de guerre. Ouattara arrive donc au pouvoir en 2011 sans une armée á lui. Comptant sur le Burkina de Blaise, les forces françaises et les casques bleus de l’Onu. Dans sa logique de se bâtir une armée qui lui obéit, il éloigne de la grande muette les chefs de guerre qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, sur qui planent même des mandats d’arrêt de la cour pénale internationale. Les anciens chefs de guerre communément appelés Com-Zone ont été éloignés de leurs troupes, envoyés en formation dans des pays lointains. Tirent-ils les ficelles de ce mouvement d’humeur qui ne fait que commencer ? Qui donc pour aider Ouattara en cas de pépin ? pas question de compter sur l’armée burkinabé préoccupée á se réorganiser en plaçant de nouveaux hommes, encore moins l’armée française sous François Hollande, qui a lâché trois chefs d’états ( Bozizé, Amadou Toumani Touré et Blaise Compaoré). Que réclameront demain les Dozos, le plus grands danger contre la sécurité nationale.

Kondo Christ David

Source: Le Bandama.com

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