Devoir de mémoire: Ce que Mathias Doué a été en réalité (1/5)

Devoir de mémoire: Ce que Mathias Doué a été en réalité (1/5)

Le retour du général Mathias Doué rend Abidjan nerveux

« La peur s’est emparée des populations », a expliqué samedi soir le ministre de la sécurité ivoirien Martin Bléou, dans une intervention précipitée à la télévision. Quelques instants plus tôt, des feux d’artifice tirés depuis deux rives de la lagune avaient créé un début de panique dans plusieurs quartiers d’Abidjan.

Des commerces ont fermé en hâte, tandis que des groupes de jeunes commençaient à dresser des barrages sur les routes. « Compte tenu de la situation tendue et des informations qui nous parviennent au quotidien laissant entendre qu’une attaque était imminente, bien des personnes et nous-mêmes avons été amenés à penser que c’était là l’attaque qui avait commencé », a reconnu Martin Bléou. À ses côtés se tenait le général Philippe Mangou, chef d’état-major depuis le limogeage du général Mathias Doué en novembre 2004, après l’échec de l’offensive contre la rébellion qui tient le nord du pays depuis septembre 2002.

Aux abonnés absents depuis huit mois, le général Doué est aujourd’hui la cause principale de ce regain de tension très appuyé. Se prévalant d’un « soutien déjà établi » au sein de l’armée, il a estimé, lors d’un entretien diffusé dans la nuit de vendredi à samedi par Radio France Internationale (RFI), que le temps était venu de « se débarrasser d’un individu (le président Gbagbo) et d’un système », ce qui constitue selon lui la « condition unique au retour de la paix en Côte d’Ivoire ». « Si la communauté internationale ne veut pas s’engager à le faire partir en douceur, moi je vais le faire par tous les moyens », a-t-il prévenu, affirmant, sans préciser où il se trouvait, qu’il arriverait d’ici « quelques jours » en Côte d’Ivoire.

« Dans l’état actuel de la situation en Côte d’Ivoire », avec un processus de paix au point mort et les rebelles refusant toujours pour leur part de désarmer, « les élections ne constituent pas une voie de sortie » tant que ne sera pas achevée, au « préalable », « la réconciliation nationale », a ajouté l’ancien chef d’état-major. Une élection présidentielle, qui doit être suivie de législatives et de municipales, est prévue le 30 octobre prochain, au terme du mandat en cours de Laurent Gbagbo. Mais tant que le pays sera divisé, son organisation tient de la gageure.

Le général Doué, dans une déclaration écrite à ses « frères d’armes » publiée dans la presse ivoirienne en fin de semaine dernière, avait estimé : « De toute évidence, le camp présidentiel veut une guerre, dont les objectifs ne visent pas la réunification et la réconciliation des populations, mais plutôt son propre maintien au pouvoir. »

Diffusée par le même canal que les appels à la dissidence du lieutenant-colonel Jules Yao-Yao, ancien porte-parole de l’armée limogé en juin après avoir contredit la thèse officielle au sujet de massacres de civils dans l’ouest, cette lettre ouverte et les déclarations qui l’ont suivie laissent penser à un « plan média » soigneusement préparé. Avec une inconnue : annonce-t-on un coup d’État avant de passer aux actes ?

STÉPHANE AUVRAY

______

Konan Bédié rentre en Côte d’Ivoire mercredi

L’opposant et ancien président ivoirien Henri Konan Bédié sera de retour à Abidjan ce mercredi, a annoncé samedi à l’Agence France-Presse Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Devenu chef de l’État en 1993, Henri Konan Bédié avait été renversé le 24 décembre 1999 par un coup d’État militaire. Il vivait depuis lors en exil à Paris. Il est candidat du PDCI à l’élection présidentielle prévue le 30 octobre.

AUVRAY Stéphane

Source: la-croix.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*