Devoir de mémoire: Ce que Mathias Doué a été en réalité (2/5)

Devoir de mémoire: Ce que Mathias Doué a été en réalité (2/5)

Mathias Doué défie Laurent Gbagbo

Huit mois après avoir été limogé de son poste de chef d’Etat-major de l’armée ivoirienne, le général Mathias Doué a décidé de sortir de son mutisme. Dans un entretien accordé à RFI, cet homme pourtant très discret ne mâche pas ses mots. Il entend obtenir le départ du président Laurent Gbagbo «par tous les moyens», si la communauté internationale ne prend pas les devants. Le départ de Gbagbo permettrait de faire «l’économie d’une guerre civile», explique le général Doué pour qui il s’agit de «la condition unique au retour de la paix en Côte d’Ivoire». Quelles sont les raisons qui ont poussé le Général Doué à parler ? Eléments de réponse.

Depuis le début de la crise, on ne compte plus le nombre de fois où Abidjan s’est agitée à l’idée d’une prise du pouvoir par l’ancien chef d’Etat-major Mathias Doué. Alors plusieurs éléments viennent expliquer sa décision de rompre le silence. Celui qu’on surnomme sur place «le Chinois» a tout d’abord été meurtri par les conditions de son limogeage après l’échec en novembre dernier de la tentative de reconquête du nord du pays. Ensuite, Mathias Doué a été ulcéré par le camp présidentiel responsable, selon lui, de la dérive de la Côte d’Ivoire. Enfin il a été choqué par le tabassage d’officiers supérieurs après un dîner à l’ambassade de France.

Gbagbo menacé

Ceux qui le connaissent le disent à la fois surpris par la virulence de ses propos et sûrs que le général a fait le tour de ses soutiens avant d’annoncer son retour. Un retour en force puisqu’il affirme qu’il laisse quelques jours à la communauté internationale pour convaincre Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, sinon, dit-il, il s’en chargera lui-même avec ceux qui lui sont toujours fidèles dans l’institution militaire.

En ont-ils les moyens ? Il est encore impossible de le dire mais la réponse ne devrait pas tarder à être connue. Le général Doué annonce qu’il sera de retour en Côte d’Ivoire dans les prochains jours. Une chose est sûre, il existe actuellement un fort malaise au sein de l’armée ivoirienne. De nombreux officiers supportent de plus en plus mal la tribalisation de l’institution, les promotions octroyées aux militaires les plus proches du palais présidentiel, le rôle accru des milices et l’existence de commandos de la nuit qui sèment la mort dans le sud du pays.

Par Cyril Bensimon

Source: RFI

 

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