Dialogue de sourd avec Ouattara: La situation dégénère à Bouaké

Dialogue de sourd avec Ouattara: La situation dégénère à Bouaké

Les mouvements d’humeurs militaires qui ont démarré depuis ce mardi matin dans les principales casernes d’FRCI du pays se poursuivent malgré les promesses du chef de l’Etat, Alassane Ouattara d’examiner leurs préoccupations. Un président ministre de la défense qui, à travers le message lu par son délégué Koffi Koffi, n’a à aucun moment mentionné les ex-rebelles laissés pour compte, sans statut, à l’origine des manifestations du jour.

Du côté de Bouaké, nous apprenons que les ex combattants qui avaient regagné la vie civile après leur désarmement, ont rejoint les soldats FRCI qui  ont érigé des barrages dans le centre ville jusqu’aux corridors pour prendre des dispositions toute la nuit contre selon eux d’éventuelles attaques. Cet après midi, aux alentours de 17HTU, des hommes encagoulés et armés, sortis du 3ème bataillon, ont rejoints les manifestants devant la préfecture avant de se regrouper non loin de la cathédrale où la tension était palpable. Ces derniers ont été accueillis sous des liesses d’applaudissement.

Aux alentours de de 20h30 TU nous apprenons que le commissariat de Socoura, non loin du lycée français, a été pillé et en partie incendié, idem pour celui du quartier Koko, alors qu’un peu plus tôt sur les antennes de la RTI, Hamed Bakayoko venait dire que le président Ouattara avait répondu favorablement aux attentes des manifestants et que tout était sous contrôle.

Alors qu’on nous rapporte sur place que le véhicule du commissaire de police et des véhicules de particulier ont été volés, la gendarmerie est quant à elle barricadée. Les gendarmes ont érigé périmètre de sécurité comme s’ils se sentaient désormais menacés par des manifestants qui après s’en être pris aux commissariats s’en prendraient à leur camp.

Certaines sources sur place indiquent déjà que le camp de Guillaume Soro serait à l’origine de ce mouvement.

D’autres sources indiquent également que l’argent demandé par les ex rebelles aurait été versé par Ouattara en 2011aux anciens cadres politique de la rébellion. L’argent qui aurait été remis par l’ancien DAF de la primature, désormais DG de la Lonaci, ne serait jamais arrivé à destination des éléments.

Ceux qui attendent désormais une prime de 5 millions de Fcfa et qui passe à l’action ce soir, ont fait plus tôt une déclaration à la RTI de Bouaké pour faire connaitre leurs revendications et répondre ainsi à Paul Koffi Koffi avant d’annoncer une rencontre avec le préfet de Région pour cette nuit. La déclaration n’a pas été diffusée par l’unique média télévisé du pays dont le siège d’émission est à Abidjan.

Selon un des manifestants rencontrés sur place par koaci.com, ils maintiendront les manifestations jusqu’à obtenir gain de cause.

« Nous avons bloqué tous les corridors ici à Bouaké et toutes les grandes artères de la ville. Cela fait 10 ans que notre situation perdure. Le communiqué du président de la République, lu par le ministre de la défense ne nous concerne pas. Nous ne nous reconnaissons dans les décisions prises par le président. Nous ne sommes pas reconnus par l’Etat et on nous parle d’arriérés de soldes et une question de maisons baillées. Cela ressemble à la foutaise. Nous voulons nos 5 millions de FCFA promis depuis une dizaine d’années. C’est tout, à part ça nous n’aspirons à rien », a indiqué un militaire sous le sceau de l’anonymat.

Certaines informations mentionnent qu’en cas de non résolution rapide des situations financières et sociales des ex combattants, laissés pour compte depuis près de 10 ans, ces derniers iront jusqu’à s’en prendre aux banques de Bouaké et des autres villes.

A Daloa au centre-ouest la situation n’a pas évoluée, même si les coups de feu entendus dans l’après-midi ont cessé comme confirmé par un habitant sur place. Situation similaire également à Korhogo.

A Abobo toujours barricadée ce mardi soir, deux civils qui s’adonnaient à des actes de vandalismes en pillant des magasins ont trouvé la mort, comme confirmé par une source sécuritaire.

Dans une déclaration transmise à koaci.com, le RDR, parti du président Ouattara, demande “à tous les soldats de se ressaisir et de choisir la seule et unique voie que constitue le dialogue et la concertation” comme selon les propos relevés. “Le Président de la République, son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA,homme de dialogue et de recherche de consensus vient de prendre des mesures concrètes pour donner une suite favorable à leurs revendications clairement exposées.Le temps est donc à la concertation et à la négociation. Il n’existe pas d’autres voies ni issues si nous voulons éviter à notre pays le désordre qui l’a mis au bancdes accusés des nations non démocrates” poursuit le communiqué.

Avant d’être situé sur la suite du mouvement, reste à savoir si le camp Ouattara prendra en compte la situation des ex rebelles, devenus pour certains FRCI, qui pour la plupart ont servi pour son arrivée au pouvoir.

Donatien Kautcha, Abidjan

Source: Koaci.com

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