Divergences entre les autorités ivoiriennes et la CPI sur le transfèrement de l’ex-Première dame

Divergences entre les autorités ivoiriennes et la CPI sur le transfèrement de l’ex-Première dame

Un bras de fer semble se dessiner entre la Côte d’Ivoire et la Cour pénale internationale (CPI) concernant le transfèrement de l’ex-Première dame du pays Simone Gbagbo devant les instances de l’institution judiciaire internationale.

Dans une déclaration rendue publique le 11 décembre, les juges de la CPI ont rejeté les arguments de l’Etat ivoirien et réitéré leur volonté de juger Simone Gbagbo, soupçonnée de divers crimes liés à la crise post-électorale de 2010-2011.

La Cour pénale internationale avait au préalable émis un mandat d’arrêt contre l’ancienne Première dame.

Les documents exigés par l’instance judiciaire pour prouver l’existence d’une procédure judiciaire en Côte d’Ivoire visant Mme Gbagbo ne semblaient pas avoir totalement convaincu le bureau du procureur.

LA CPI REVIENT A LA CHARGE

Les juges de la CPI ayant conclu que la Côte d’Ivoire n’a pas prouvé sa capacité à mener à bien un procès contre l’ex-Première dame sont revenus à la charge en “réclamant” à nouveau celle-ci.

Le 30 septembre 2013, la Côte d’Ivoire a soulevé une exception d’irrecevabilité, en invoquant des procédures qui auraient lieu pour la même personne et pour les mêmes faits au niveau national.

Les autorités ivoiriennes ont souhaité par la suite mener toutes les procédures contre Simone Gbagbo sur le territoire ivoirien.

Elles ont même annoncé l’ouverture imminente du procès de l’ancienne Première dame et d’autres co-accusés pour des faits liés à la crise post-électorale.

Dans une déclaration rendue publique le 11 décembre, les juges de la CPI ont rejeté les arguments de l’Etat ivoirien et réitéré encore une fois leur volonté de juger Simone Gbagbo.

Concernant ces nouvelles “injonctions” de la CPI requérant le transfèrement de Mme Gbagbo, le porte-parole du gouvernement ivoirien Bruno Koné à indiqué lors d’un récent conseil des ministres que la Côte d’Ivoire allait se donner un temps de réflexion et invité la juridiction internationale à respecter aussi ses principes.

LE GOUVERNEMENT NE VEUT PAS D’UN BRAS DE FER

“Le gouvernement ivoirien va se donner le temps d’analyser”, a déclaré M. Koné.

“Nous continuons d’avoir la même position. Il n’est pas question d’un bras de fer entre l’Etat ivoirien et la CPI. La Côte d’Ivoire est respectueuse des engagements qu’elle prend. En même temps elle a des principes qu’elle souhaite voir respectés”, a-t-il noté.

Tenant compte de cette position de la CPI, l’organisation internationale Human Rights Watch a invité les autorités ivoiriennes à procéder rapidement au transfèrement de l’ex-Première Dame à La Haye.

“Transférer Simone Gbagbo à La Haye permettrait de démontrer la détermination du gouvernement ivoirien à faire en sorte que la justice soit rendue aux victimes des forces pro-Gbagbo”, a estimé Param-Preet Singh, juriste senior au programme Justice internationale de Human Rights Watch dans une déclaration sur le site de l’organisation.

Par la même occasion, Human Rights Watch invite la CPI à étendre le champ de son action afin d’inclure les membres du camp Ouattara pour mettre fin au statu quo en matière de justice en Côte d’Ivoire.

L’épouse de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui était détenue à Odienné (nord) depuis 2011, a été transférée à Abidjan depuis le 1er décembre dernier pour le début des assises de son procès.

Source : Xinhua

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