Duékoué toujours au centre du faux et d’injustice criarde

Duékoué toujours au centre du faux et d’injustice criarde

Vingt-six millions de francs c.f.a., c’est le montant de la somme qui fait courir l’actuel Sous-Préfet de la localité de Guéhiébly, dans le déjà trop sinistré département de Duékoué, à l’ouest de la Côte d’Ivoire.

En effet, près de Bahé-Sébo, village de la sous-préfecture de Guéhiébly, les actes d’expropriation, de déni et/ou de lotissement sur la base du faux ou de l’arbitraire font rage depuis l’an 2002, c’est-à-dire depuis que la rébellion, avec l’appui de l’armée française, s’y est installée. Il n’y a pas longtemps (un an, par-là), le précédent Sous-Préfet de Guéhiébly, malgré toutes les vives protestations des autochtones Wê, avait voulu procéder au lotissement de Michelkro, un site historique et sacré pour ces villageois. Sa combine avait échoué. Mais voici que son successeur, contre tout et contre tous, veut à son tour créer un conflit foncier, dans une zone qui, à l’instar de la Côte d’Ivoire toute entière, regorge de milliers d’autres conflits fonciers que tous ces juristes de la Cour Pénale Internationale, ces savants politiques de l’Union européenne, décideurs attitrés de l’O.N.U, Banque mondiale et F.M.I. feignent d’ignorer.

Voici donc qu’en complice du déchirement de son propre pays, un Sous-Préfet, avide d’argent, veut s’enrichir, plutôt que de faire de l’administration, ce pourquoi il est là. Ce commandant veut à tous les coups empocher vingt-six millions, malgré le nombre élevé d’allogènes Baoulé et d’étrangers Burkinabé qui, s’ajoutant aux autochtones Wê qui protestent, s’opposent à ce funeste projet qui va vite devenir un autre terreau fertile pour des conflits ou affrontements à venir. Ces étrangers-là déclarent qu’ils sont là pour leur prospérité certes, mais pas dans le non-respect de la volonté de leurs tuteurs Wê qui refusent d’être expropriés pour le lotissement puis la création d’un village d’étrangers, perdu en pleine forêt.

A partir de ça, que veut donc monsieur le Sous-Préfet de Guéhiébly ? Vingt-six millions aujourd’hui pour des conflits à n’en plus finir demain ? Or il n’ya pas que ça : la zone concernée rappelle de tristes souvenirs aux autochtones Wê de Bahé-Sébo. En effet, de 2002 à 2012, plusieurs dizaines de nos compatriotes y ont été lâchement assassinés par le chef rebelle Siaka ‘’Dozo’’ et ses tueurs. Cette zone est donc une zone qui fourmille de charniers et pour les autochtones Wê, céder au chantage du Sous-Préfet et d’étrangers experts en expropriation, c’est trahir la mémoire de tous-ceux qui sont tombés sous la rébellion.

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, le 06/01/’18.

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