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Echec du RGPH:Au-delà du mot d’ordre de boycott du FPI, l’échec est dû à la précipitation, suffisance et immaturité des hommes de Ouattara

Echec du RGPH:Au-delà du mot d’ordre de boycott du FPI, l’échec est dû à la précipitation, suffisance et immaturité des hommes de Ouattara

Le gouvernement n’a pas voulu faire les choses à moitié pour sa grande opération de dénombrement de la population vivant en Côte d’Ivoire. Il a déployé une imposante et immense banderole. Adossée à la mythique cathédrale d’Abidjan-Plateau, faisant face au très fréquenté Café de Rome et longeant le plus que passant boulevard lagunaire, celle-ci véhicule toujours un message frappant : «Recensement général de la population et de l’habitat: du 31 mars au 30 avril 2014».

L’erreur, c’est une arnaque technique.

D’un, le 10 mars et prenant la presse nationale et internationale à témoin, Albert Mabri Toikeusse, ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement, affirmait que le présent dénombrement de la population se fera «essentiellement en 21 jours» et ses résultats, disponibles «avant la fin du mois de mai». Etant donné que, se vantait Ibrahima Ba, directeur général de l’Institut national de la statistique (INS), la collecte des informations se ferait électroniquement.

De deux, dans tous les pays de l’Afrique de l’ouest qui ont réalisé leur quatrième recensement,les périodes de dénombrement, de plus en plus courtes, excèdent
rarement quinze jours. Cela pour pallier l’effet de double compte du fait de l’étalement dans le temps. Le Burkina Faso a battu le record, en 2006, en réalisant son recensement en onze jours. Le Pays des hommes intègres est suivi du Togo et de la Mauritanie (14 jours, respectivement en 2010 et 2013), le Mali et le Niger (15 jours, respectivement en 2009 et 2012) et le Bénin et le Sénégal (21 jours en 2013).

La Côte d’Ivoire, qui prépare son émergence en 2020, est ce 22 mai 2014, à son 67è jour (plus de deux mois) sans qu’on sache quand son opération va prendre fin, même si, le 29 avril, Toikeusse a donné un délai supplémentaire d’un mois au dénombrement. Sérikpa Gnadja, directeur de la Division communication et sensibilisation du RGPH 2014, avertissait pourtant lors d’une réunion du comité de veille, que la durée de cette opération «ne doit pas dépasser un mois» selon les normes internationales.Un résultat patent et indiscutable.L’erreur, c’est une forfaiture.

L’opération a été lancée officiellement, non le 31 mars, mais le 17 mars avec l’enrôlement d’Alassane Dramane Ouattara.Dans tous les pays, c’est la simultanéité dans le dénombrement sur l’ensemble du territoire, c’est-àdire que tous les habitants du pays (hautes personnalités, autorités, citoyens lambda), sans discrimination,sont recensés sur la même période. En Côte d’Ivoire, il a fallu attendre des semaines après le grand recensement des «grands types» pour commencer le dénombrement des «en bas de en bas», par vagues successives, zone par zone. Je signale que ce 22 mai, lendemain de la tentative d’immolation de notre «Mohamed Bouazizi national», aucune équipe ne s’est encore rendue chez moi pour savoir si j’applique ou pas le mot d’ordre du FPI. Mais nous avons notre temps…

L’erreur, c’est la mauvaise foi.

Notre laborieux recensement actuel intervient seize ans après celui de 1998. Pourtant, l’administration Gbagbo avait pris toutes les dispositions pour organiser le 4è RGPH en novembre 2008 pour respecter les recommandations d’un recensement décennal des Nations-Unies. Elle a été obligée de renoncer. Celle qui lui a succédé a rejeté tous les acquis obtenus par l’ancienne direction de l’INS dans la réalisation du RGPH 2008 pour effacer toute trace de Gbagbo et de son équipe à l’effet d’imprimer sa marque. Elle a alors conjugué précipitation, suffisance et immaturité en optant pour une méthodologie irréalisable qui, selon des experts,est inconnue dans le processus des préparations des recensements : la «cartographie censitaire accélérée». Au détriment de la cartographie censitaire classique (préalable aux travaux de dénombrement tant dans sa phase de recensement pilote que dans la phase nationale de dénombrement) qu’un démographe commis par le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA), André Mayouya, a conseillée en 2011, en vain, et qu’un rapport final d’atelier a formellement recommandée en 2012, au gouvernement,là aussi en vain. Le résultat est là sous nos yeux, patent et indiscutable.

L’erreur, c’est la défaite technique et …politique.

Par son entêtement, le gouvernement autiste a mordu la poussière. D’un, dans la conduite du RGPH 2014 qui s’étend contre toute logique et toute crédibilité dans la durée,c’est un cuisant échec dont le ministre de tutelle et son DG de l’INS devraient en tirer toutes les conséquences après avoir englouti douze milliards de nos francs dans une opération-bidon.

De deux, le pouvoir, dans ses petits souliers, prend la mesure de la situation. Le FPI, déclaré battu à la présidentielle et éjecté du pouvoir par la force, dispose manifestement, comme on le dit dans le langage des affaires, de la minorité de blocage qui paralyse le fonctionnement de l’Etat. Deux mots d’ordre de boycott (législatives 2011 et RGPH 2014), deux succès francs. Et la banderole du RGPH 2014, qui continue de flotter au vent le long du boulevard lagunaire malgré sa caducité,nargue, tous les jours, l’Etat et signaler que ce pouvoir est en réalité un tigre en papier.

Source: Aujourd’hui

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