Election d’Alassane Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire: C’est reparti pour 5 ans de galère !

Election d’Alassane Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire: C’est reparti pour 5 ans de galère !

Si un peuple doit être malheureux en ce moment, c’est bien le peuple ivoirien. Alassane Dramane Ouattara, le sanguinaire de la Lagune Ebrié, que la France de Nicolas Sarkozy a imposé à ce peuple en 2011 à coups de bombes, vient de s’octroyer cinq nouvelles années par le bais d’une mascarade électorale. Ce qui s’est passé le 25 octobre 2015 en Côte d’Ivoire, n’est pas une présidentielle. Et cette date devrait être marquée dans le calendrier ivoirien comme date de deuil national. Parce que jour-là, le père de la rébellion des Forces nouvelles, le concepteur du « rattrapage ethnique », l’homme sous qui les droits de l’Homme ont été tant violés en Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara s’est maintenu au pouvoir avec un score provisoire de 83,66 % du suffrage.

Pourquoi est-il parvenu à ce résultat soviétique qu’il considère d’ailleurs comme définitif ? C’est parce qu’en l’absence de l’opposition dont il a refusé les revendications relatives aux conditions mêmes de cette présidentielle, Ouattara s’est fait accompagner par des pantins, sans envergure, mais en quête de publicité. L’opposition s’est persuadée qu’il a mis en place un système de fraude tel qu’en allant aux élections dans ces conditions, elle ne ferait que légitimer sa mascarade. Elle s’est donc abstenue.

Les cinq années qu’il vient de passer à la tête de la Côte d’Ivoire sont émaillées de répression de l’opposition, notamment l’opposition pro-Gbagbo. Les libertés ont bien reculé sous sa dictature. Les réunions des partis politiques de l’opposition sont interdites, réprimées dans le sang. Les prisons ont été multipliées et sont bondées de partisans de Laurent Gbagbo, l’ancien Président de la République déporté à la prison de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, fin novembre 2011. Ainsi Simone Gbagbo, Moïse Lida Kouassi, Assoa Adou, Hubert Oulaye, Sébastien Dano Djédjé, Koua Justin, Dahi Nestor, etc. croupissent en prison. Les locaux de Direction de la surveillance du territoire (DST) sont devenus sous le régime Ouattara, un centre de graves tortures.

L’insécurité avec les chasseurs traditionnels Dozos et les FRCI, c’est-à-dire la rébellion devenue Forces républicaines de Côte d’Ivoire, et avec les militants armés du RDR est le lot quotidien des Ivoiriens. C’est dans cet esprit qu’il y a eu le 20 juillet 2012, le massacre des refugiés internes du camp de Nahibly à Duékoué (Ouest de la Côte d’Ivoire) avec plus de 200 morts et disparus. Un drame resté impuni jusqu’à ce jour.

Ouattara a divisé le PDCI, en faisait faire à son président Henri Konan Bédié, l’Appel de Daoudo. Un appel faisant de lui le candidat du PDCI dont un congrès avait pourtant demandé qu’il ait un candidat propre, membre du parti en 2015. Ouattara a divisé le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo en faisant de son président Pascal Affi N’Guessan, son allié. Affi qui n’a pas craint de trainer ses propres camarades devant la justice des vainqueurs. Une justice qui lui a donné la légalité du parti alors qu’il en est exclu. Une justice qui interdit donc aux fondateurs de ce parti d’utiliser son nom, à part Affi. Le Mouvement des Forces d’Avenir (MFA) d’Anaki Kobéna a été frappé par la division suscitée par le pouvoir qui lui a flanqué Moutayé et ses amis. Le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) dirigé par Daniel Aka Ahizi n’est pas épargné. Il a eu son Séka Séka trouble-fête. Et l’enfer des partis politiques continue.

La croissance économique dont se targue Alassane Dramane Ouattara, c’est de donner les marchés des grands travaux à des entreprises étrangères, qui emploient des étrangers. Si bien que l’argent mobilisé par ces activités circule dans les poches des non nationaux qui le transfèrent chez eux, au pays. Ainsi les Ivoiriens et les entreprises nationales s’appauvrissent de plus en plus.

Les prix des denrées de première nécessité ne font que flamber depuis que l’économiste hors-pair qu’il prétend être, dirige le pays. Ses rapports avec la loi ne sont jamais améliorés. Pis, de l’inéligible qu’il était, il s’est fait éligible sans modification de la Constitution, par ses amis anciens rebelles qu’il a placés au Conseil constitutionnel.

On comprend donc qu’à peine déclaré provisoirement élu par la Commission électorale indépendante (CEI) de son ami Youssouf Bakayoko, sans attendre la confirmation par le Conseil constitutionnel et sa prestation se serment, Ouattara donne des interviews ici et là, parle de son prochain gouvernement, et tire des plans sur la comète. Il prend le « provisoire » de la CEI pour le « définitif » du Conseil constitutionnel.

Avec Ouattara, la presse est surveillée de près. Raphaël Lakpé, le président du Conseil national de la presse (CNP) n’hésite pas à convoquer les responsables des rédactions pour de moindres mots qui ne plairaient pas à Ouattara. De même, les suspensions des journaux sont fréquentes.

Avec donc l’élection de Damane Ouattara ce 25 octobre 2015, face à un peuple transi de peur d’être encore une fois mitraillé ou bombardé, c’est reparti pour 5 ans de galère pour les Ivoiriens!

Suzanne Gahé, pour Eburnienews.net

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